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[Avis d'expert] La croissance du marché de l'affacturage dépassera les 10% d'ici la fin de l'année

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[Avis d'expert] La croissance du marché de l'affacturage dépassera les 10% d'ici la fin de l'année
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153 milliards d'euros: c'est le CA cumulé "acheté" au 1er semestre 2018 par l'ensemble des sociétés d'affacturage françaises, ce qui porte la progression du marché à près de 10%. Ce mode de gestion des créances clients et de leur financement est de plus en plus plébiscité par les entreprises.

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Depuis l'été 2017, le monde de l'affacturage connaît un essor significatif. Au 3e trimestre 2017, le marché avait enregistré une croissance de 7,2%, allant même jusqu'à atteindre 13,4% au 4e trimestre, selon les données de l'ASF (l'Association française des sociétés financières). Après un léger tassement au 1er trimestre 2018, cette croissance repart de plus belle au 2ème trimestre avec 10,9% de croissance et un volume de 80 milliards d'euros.

Deux tendances de fond, à l'origine de cette croissance

D'une part, le succès de l'affacturage repose sur une reprise de l'activité économique, qui s'est notamment affirmée tout au long de l'année 2017. Or, ces périodes se traduisent pour les entreprises par des besoins de liquidités. Celles-ci peuvent servir à reconstituer les stocks, investir, recruter, exporter, conquérir de nouveaux marchés ou tout simplement répondre à une demande qui s'accélère et génère des besoins de trésorerie qu'il faut satisfaire rapidement.

D'autre part et de façon a priori contre-intuitive, cette reprise d'activité est de nature à mettre certaines entreprises en difficulté, illustration du fameux "effet d'épuisement". Lorsque la course s'accélère et qu'un coureur est déjà au bout de ses efforts, il est à craindre qu'il ne termine pas cette course. Cette situation peut se transposer à un grand nombre d'entreprises qui ont affronté la crise économique depuis de trop nombreuses années et sont désormais désarmées, essoufflées, pour profiter du regain de dynamisme économique. Au demeurant, les statistiques concernant les défaillances sont pourtant encourageantes avec un recul de 7,2% en un an à mars 2018 (source Banque de France) : excepté que cette tendance globale masque la recrudescence des procédures collectives parmi les ETI et les grandes entreprises et plus généralement un recours accru aux procédures amiables en dehors de cette comptabilisation des défaillances.

Nouvelle accélération de l'activité pan-européenne

L'activité internationale totalise 41,5 milliards d'euros à la fin du premier trimestre 2018, affichant une croissance de 11,9%. A noter, une forte progression de l'activité pan-européenne qui totalise 28,7 milliards d'euros, soit +17% face au même trimestre de l'année passée.

Quelles perspectives pour 2019 ?

Face à ce constat, il y a fort à parier que la croissance du marché de l'affacturage dépasse les 10% d'ici la fin de l'année et progresse d'autant en 2019.

Les indicateurs d'opinion sur l'état des trésoreries d'entreprises pointent toujours du doigt des situations globalement "difficiles" malgré l'orientation positive de la conjoncture. Rares sont encore les secteurs où la majorité des entreprises qualifient leur situation de trésorerie "d'aisée". Même les anticipations des ETI et des grandes entreprises, comme le souligne la dernière enquête de l'Association Française des Trésoriers d'Entreprises, témoignent du retour de quelques tensions.

Ces facteurs devraient donc permettre au marché de l'affacturage de poursuivre son développement. Les derniers chiffres de la Banque de France (décembre 2017) confirment que l'affacturage, avec 30 milliards d'euros d'encours financés, fait la course en tête devant le découvert (28 milliards d'euros) et la cession Dailly et l'escompte (13,5 milliards d'euros) parmi les sources de financement des entreprises.

Enfin, comme tous les métiers du financement, le marché est porté par des évolutions technologiques (digitalisation, dématérialisation des factures, blockchain...) déployées par un nombre croissant d'intervenants du marché qui, fait notable, ne se résume pas seulement aux Fintech, les acteurs historiques capitalisant sur leurs expertises et le soutien de leurs actionnaires pour être aux avant-postes des tendances qui dessinent ce que sera l'affacturage demain.

Par Philippe Mutin, directeur général délégué de Factofrance.

Sources : ASF (Association Françaises des Sociétés Financières), Banque de France, AFTE (Association française des trésoriers d'entreprise)

Philippe Mutin, Factofrance

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