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En 2016, la réduction des coûts redevient d'actualité

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En 2016, la réduction des coûts revient en force et la guerre des talents fait rage dans les directions achats. Explications de Magali Testard, associée responsable conseil en achats et supply chain chez Deloitte, à propos de l'étude annuelle mondiale de Deloitte sur la fonction achat.

En 2016, la réduction des coûts redevient d'actualité

En 2016, on observe un retour en force de la réduction des coûts...

Magali Testard, Associée responsable conseil en achats et supply chain chez Deloitte : C'est un fait! Malgré le fait que les directeurs achats soient toujours enclins à participer à la croissance de l'entreprise, la réduction des coûts redevient un sujet d'actualité pour 74% des sondés*. Or, l'an dernier, la réduction des coûts n'était citée qu'à 69% après la réduction des risques. Les raisons? Un contexte économique plus tendu, l'incertitude des marchés ou encore la volatilité de ces derniers. La faiblesse des indicateurs économiques mondiaux et les niveaux accrus d'incertitude géopolitique sont deux des thèmes majeurs de cette année.

Après la réduction des coûts, le cash flow est cité comme une priorité à 45%. La maîtrise des risques grimpe à 45% contre 33% l'an dernier. Une maîtrise des risques également liée à la volatilité des marchés et des matières premières pour toutes les industries et notamment celles liées au grand public.

Seuls 40% des directeurs achats ont une stratégie digitale. Comment les directeurs achats appréhendent-ils la technologie?

Magali Testard : il est vrai que seulement 40% des directeurs achats qui ont une stratégie digitale dans leur métier, c'est peu. D'un autre côté, les dépenses liées aux technologies sont en hausse. Et les directeurs achats songent à investir dans les outils digitaux. Ainsi, près de 70% veulent investir dans un portail, 45% dans le cloud, 42% dans la technologie mobile et 16% dans les réseaux sociaux (contre seulement 6% l'année dernière).

Dans le domaine de la technologie, les grands gagnants sont les SI achats. En résumé, les directeurs achats se sont équipés cette année. Et 17% des CPO pensent investir dans ce type de logiciel (contre 16% en 2014). Dans le détail, les décideurs achats comptent investir dans les 12 prochains mois à hauteur de 38% pour les spend analysis, 37% dans la gestion des contrats, 29% pour les SRM ou 30% dans le e-sourcing.

Ces statistiques suggèrent un passage au numérique, mais il devra impérativement être précédé d'une stratégie numérique claire, dont 60% des responsables disent ne pas disposer. Attention cependant au risque d'une arme à double tranchant - le numérique peut relancer comme remplacer le rôle de l'approvisionnement. C'est aux directeurs des achats de définir la stratégie et de conduire le changement, ou alors ils risquent d'être laissés pour compte.

Côté RH, on observe une guerre des talents. Quels profils d'acheteurs sont les plus recherchés?

Magali Testard : Aujourd'hui le constat est flagrant, 62% des directeurs achats estiment qu'ils n'ont pas les "talents" nécessaires en interne. Or, 30% des acheteurs dépensent moins de 1% de leur budget dans la formation. Ils pâtissent des budgets coupés. Un chiffre qui n'est que de 39% en Amérique du Nord et de 65% dans les pays émergents (zone Apac).

Leur défi majeur est de recruter des talents dans les 12 derniers mois. Les directeurs achats sont de plus en plus à la recherche de profils mixtes avec des acheteurs maîtrisant le quotidien de l'acte d'achat mais aussi le sourcing de l'innovation, le digital, etc... Ils veulent la perle rare! Or en France, il existe des actions à mettre en place avec les pôles de compétitivité sur ce sujet RH.

Ce manque de talents provoque une poussée de l'externalisation comme moyen de combler le fossé de compétences. Cette tendance est notamment particulièrement répandue dans les grandes organisations, où l'on prévoit 40% d'externalisation en plus sur certains éléments des directions achats.

*"The Deloitte Global CPO Survey 2016 / Procurement: at a digital tipping point". (5e étude annuelle internationale avec un panel de 324 décideurs achats sur 33 pays).





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