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Olivier Djezvedjian (groupe Rocher) : "L'acheteur devient un gestionnaire de projets"

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Olivier Djezvedjian (groupe Rocher) : 'L'acheteur devient un gestionnaire de projets'

Ce projet a-t-il permis à la direction des achats d'être davantage reconnue ?

Difficile de vous répondre... mais ce que je peux vous dire c'est que mon thermomètre d'indicateurs c'est de savoir si mes collaborateurs ont plaisir à faire leur travail ! Aujourd'hui j'ai le sentiment qu'ils en prennent plus qu'auparavant car ils sont intégrés de plus en plus tôt dans la chaîne de production.

Quelle est votre maturité en termes de gestion des risques fournisseurs ?

Le risque fournisseur est l'un des trois piliers de la mission des achats telle que nous l'avons déclinée au sein du groupe. Si l'on regarde le premier risque pour nous, à savoir le risque d'approvisionnement et la maîtrise de la supply chain, notre clé d'entrée ne peut pas être par chiffre d'affaires d'achat car nous avons des matières premières qui ne représentent que quelques dizaines de milliers d'euros d'achat par an mais dont l'impact est colossal pour notre chiffre d'affaires global. Nous essayons donc de déterminer, pour chacun de nos fournisseurs, quel est notre alignement stratégique vis-à-vis d'eux et quel est leur motivation pour nous accompagner. Ce travail ne peut être mené que si nous avons une bonne connaissance de notre tissu fournisseurs. La meilleure prévention, c'est la connaissance.

Pour nos matières premières végétales, au coeur de nos produits, nous avons créé 250 filières spécifiques qui ont trois ambitions : la sécurisation des approvisionnements, la protection de la biodiversité et la communication autour de ces projets qui s'inscrivent dans une démarche de développement durable, notamment auprès des populations locales. Sans oublier que notre principale filière de sourcing végétale reste à la Gacilly, village natal de Monsieur Yves Rocher, où nous cultivons sept espèces de plantes sur 55 hectares : Camomille matricaire et romaine, Calendula, Bleuet, Mauve, Arnica et la Ficoïde Glaciale qui rentre dans la composition de notre dernier anti-âge Sérum Végétal.

Avez-vous mis en place une cartographie pour les risques achats ?

Nous réalisons des cartographies par segment. Nous avons par exemple élaboré une cartographie pour la sous-traitance où nous regardons de près les éléments financiers. La deuxième clé d'entrée est notre proportion de chiffre d'affaires réalisé avec les fournisseurs. Nous ne nous interdisons pas la dépendance à condition qu'elle soit gérée et maîtrisée. On ne peut pas se laisser surprendre. Quand on regarde la structure industrielle de nos fournisseurs, on s'aperçoit que l'on peut parfois représenter entre 40 et 60 % de l'activité d'une usine. Dans ce cas, nous avons des enjeux de co-développement (lean manufacturing), d'éco-conception ou de développement durable et de maîtrise de la dépense CO2 dans l'acheminement des produits.

Ce travail de gestion du risque fournisseurs a été exacerbé avec la crise de 2008-2009 qui nous a fait prendre conscience de la fragilité de ces relations avec notamment des faillites de fournisseurs de rang 1 et 2. Nous avons aussi appris à mieux accompagner nos fournisseurs, à la fois dans le passage de la crise mais aussi quand l'activité est repartie. Ces moments difficiles nous ont permis de bâtir un véritable capital confiance et social.

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