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[Portrait d'un jeune acheteur] "Un métier riche humainement et intellectuellement'

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A 29 ans, Thibaud Moisdon a déjà un joli parcours dans les achats. Apprenti durant toutes ses études, il a pu découvrir le métier d'acheteur au sein de différentes entreprises privées avant de rejoindre le public avec Reims métropole. Itinéraire d'un acheteur déjà passionné:

[Portrait d'un jeune acheteur] 'Un métier riche humainement et intellectuellement'

En ce premier juillet, nous créons une nouvelle rubrique dédiée aux jeunes acheteurs. Deux fois par mois, nous vous proposerons un portrait.

Quel a été votre parcours universitaire et professionnel ?

J'ai obtenu un BTS management des unités commerciales et un bachelor Achats puis j'ai effectué un Master 2 dans les achats internationaux à l'école de commerce et de management de Bordeaux. J'ai choisi d'être en apprentissage durant mes études afin de découvrir de nombreuses entreprises et différents métiers. J'ai ainsi été acheteur dans les domaines de la propriété intellectuelle et de la R & D au sein de DCNS (groupe Thalès), puis analyste marché pour les achats pour Orange en tant qu'apprenti. À la fin de mes études, j'ai travaillé pour Eiffage et, depuis trois ans, je suis dans les achats publics en travaillant pour Reims métropole.

Pourquoi vous êtes-vous spécialisé dans les achats ?

C'est un parfait hasard ! À l'origine, je m'étais orienté dans le commerce et le business, mais lors de mon BTS, j'ai eu l'occasion d'échanger avec l'un de mes professeurs de management et il m'a expliqué que le métier d'acheteur est amené à se développer. Et contrairement à la filière marketing, les achats offrent de nombreux débouchés. J'ai écouté son conseil et me suis spécialisé dans cette voie.

Qu'aimez-vous dans ce métier d'acheteur ?

C'est un métier extrêmement riche dans le sens humain, mais aussi d'un point de vue intellectuel. Sur mon poste, j'ai l'occasion de travailler sur de nombreux dossiers en amont de toutes décisions. Vous apprenez énormément au contact des fournisseurs, de prescripteurs, de juristes, des acteurs clés de vos projets. Et il ne faut pas oublier que les économies réalisées en amont par la fonction achats sont des éléments comptables pour une entreprise ou une collectivité.

Quels sont les défis que vous avez à relever sur votre poste ?

Le premier défi est d'être crédible car je n'ai que 29 ans. Au quotidien, je collabore avec des personnes qui ont 10, 15 ou 20 ans d'expérience, je dois apporter une vraie valeur ajoutée sans pour autant avoir l'ensemble des connaissances au début d'un projet. L'acheteur doit avoir un rôle d'accompagnateur dans l'assistance des projets. Cela demande d'être à l'écoute et de beaucoup questionner afin de pouvoir répondre aux besoins du prescripteur.

La réalité du métier est-elle différente de ce que vous avez appris à l'école ?

Oui, notamment dans la relation humaine. Dans les grandes écoles, nous sommes considérés comme "les meilleurs" et nous finissons par croire que sans nous rien ne pourrait être possible. Mais dans la réalité, le métier d'acheteur est une fonction support, d'accompagnement dans un projet. Il est possible de faire de l'achat sans acheteur alors qu'il est impossible de faire un projet sans prescripteur. C'est une nuance que je n'avais pas réalisée. Nous sommes au service d'une fonction globale.

Y a-t-il une personne dans les achats que vous admirez ?

J'ai eu la chance d'avoir un directeur achats à Eiffage, Marc Vilarassa (NDLR : aujourd'hui general manager - directeur général France et Pologne de Grupo Ros Casares) qui été un mentor pour moi. Il m'a fait comprendre l'enjeu et l'importance du relationnel dans la fonction achats. Mais également de pouvoir monter en compétences dans des grands projets et de confirmer mon choix pour ce métier notamment pour les grands projets techniques et compliqués.

Si vous n'aviez pas été acheteur, quel métier auriez-vous aimé faire ?

Cela aurait été dans le commerce mais en tant que chef de projet pour le côté business et développement d'une structure.

Vous êtes actuellement dans le secteur public, êtes-vous tenté par le privé ?

Absolument. Travailler dans le secteur public était un choix car je voulais connaître les deux secteurs le plus tôt dans ma carrière afin d'avoir une vision totale et une compréhension globale de la chaîne de valeurs et savoir quelles étaient les conséquences des actions des uns sur les autres.

Comment envisagez-vous votre avenir professionnel dans 20 ans ?

J'aimerais être un responsable achats confirmé dans une grande structure privée ou publique et avoir ce rôle d'accompagnateur et de manager.

Son credo

Un bon acheteur doit être humble et être à l'écoute des personnes. Il faut également faire preuve d'empathie et ne pas avoir peur de poser des questions.