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Les acheteurs redoutent encore le cloud

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Alors que l'informatique et la téléphone continuent de peser lourd dans le budget des entreprises, très peu d'entre elles passent au cloud. motifs invoqués : un ROI difficile à évaluer et des inquiétudes persistantes concernant la sécurité des données.

Les acheteurs redoutent encore le cloud

Si les achats IT constituent un poids lourd parmi les dépenses indirectes -25% des sondés déclarant gérer de tels coûts, selon notre enquête sur la fonction achats, réalisée en partenariat avec le cabinet Demos(1)-, le matériel informatique capte plus de 50% de cette famille pour près de la moitié des répondants. La téléphonie, pour sa part, pèse entre 25 et 50% dans la famille IT et ce, pour 40% des personnes interrogées. Preuve que de plus en plus de services achats misent sur des solutions d'externalisation clés en main en la matière, les dépenses en infogérance représentent plus de 75% de cette catégorie pour près de 40% du panel.

Cela étant, à peine 10% des directions achats se sont engagées dans un investissement cloud. La raison? "Nombre d'entreprises redoutent de franchir un tel cap, tant les projets de cloud computing s'avèrent complexes et chronophages avec un ROI à la clé pas toujours simple à évaluer", analyse Muriel Guillemot (consultante chez Demos).

"Sans oublier que de tels systèmes sont encore perçus comme risqués pour nombre d'organisations, notamment en termes de protection des données sensibles", poursuit-elle. C'est d'ailleurs pour cela que la sécurité des données constitue un critère d'évaluation de taille en matière de gestion des risques pour plus d'un tiers du panel. Luc Mora, cofondateur de Big Fish, cabinet de recrutement, le confirme: "En informatique, les systèmes existants ont souvent la vie dure, ce qui explique la faible généralisation du cloud. Face aux résistances en interne, la conduite au ­changement est essentielle pour mener à bien un tel projet."

(1) Enquête réalisée en ligne par le cabinet Demos d'août à septembre 2014 auprès de 251 services achats du secteur privé et public. Près de 68% des organisations interrogées ont un effectif total supérieur à 750 salariés. 70% ont un effectif achats de moins de 20 collaborateurs.

Témoignage d'un acheteur : Jean-Jacques Muller, directeur achats groupe, Avantis Engineering



Imprimantes, consommables, PC, etc., les achats IT représentent un poids lourd stratégique dans nos dépenses indirectes. Aussi, pour optimiser nos coûts, nous avons dû employer les grands moyens. Par exemple, en standardisant les modèles de nos ordinateurs, en mutualisant l'achat des licences ou encore en négociant des accords "grands comptes" avec les éditeurs de logiciels, nous avons réduit nos dépenses de 15%. Sur le poste téléphonie, nous avons profité du changement de notre opérateur pour homogénéiser nos appareils, en favorisant uniquement des Windows Phone. De quoi réaliser des économies de l'ordre de 25%, tout en profitant d'une meilleure qualité de service. Le passage au cloud dans notre entreprise? C'est loin d'être pour demain, tant la confidentialité des données clients s'impose comme un impératif essentiel dans notre secteur d'activité, l'ingénierie mécanique.


Nous vous avons donné rendez-vous chaque jour de cette semaine pour découvrir les enseignements issus de ce baromètre sur la fonction achats mené en partenariat avec Demos. Lundi, nous avons constaté que les acheteurs aiment leur job et que les achats responsables gagnent du terrain. Mardi, nous avons fait le point sur les salaires et l'utilisation des logiciels d'achats. Mercredi, nous nous sommes intéressés à la gestion des risques et à l'innovation et jeudi, à l'importance du cost killing.