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Les acheteurs s'interrogent sur le cost-killing

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Les acheteurs sont attachés à un métier en pleine mutation qui offre une position stratégique dans l'entreprise. Au coeur de leurs préoccupations, sans surprise, le dipityque coûts-qualité.

Les acheteurs s'interrogent sur le cost-killing

Quel est le portrait-robot des directions achats en 2014? Quid de leurs priorités? Comment évolue leur place en interne? Autant de questions décryptées dans le cadre de notre enquête annuelle exclusive réalisée en partenariat avec le cabinet Demos(1). Pour cette septième édition, pas moins de 250 acheteurs privés comme publics, issus de toutes tailles de structures et de secteurs d'activité -banque, assurances, services...- sont revenus sur l'évolution de leur fonction, en pleine professionnalisation.

Tendance constante, la réduction des coûts reste la priorité numéro un des directions achats. Cette année, elle est citée par un répondant sur deux (51,5%). "Un objectif qui n'a rien d'étonnant, surtout en période de crise, rappelle Patrick Caverivière, formateur chez Demos, mais encore faut-il que cette quête de performance ne dégrade pas la qualité des prestations." Une approche TCO (Total Cost of Ownership) loin d'être ignorée par les personnes interrogées, puisque la recherche d'amélioration de la qualité des produits achetée s'impose comme une seconde priorité pour 17,7% d'entre eux. "Un diptyque coûts-qualité très classique, analyse Luc Mora, consultant associé et cofondateur du cabinet Big Fish, même si la performance des achats passe par d'autres leviers dépassant le cadre de la relation fournisseur. Comme booster la reconnaissance des achats vis-à-vis des clients internes pour mieux intervenir en amont, en participant par exemple à la redéfinition des processus de make or buy."

Or, l'étude révèle qu'accroître la reconnaissance auprès des prescripteurs ou intervenir plus en amont dans la définition des besoins sont loin d'être prioritaires, puisque ces items ne sont cités comme objectifs numéro un que par respectivement 1,7% et 6,9% des répondants (cités en priorité deux et trois, ces objectifs rallient 9% à 12% du panel). Des tendances inquiétantes? "Disons qu'elles démontrent la difficulté, pour les acheteurs, dans un contexte économique tendu, de dégager du temps pour travailler sur les aspects les plus stratégiques de leur fonction", note Muriel Guillemot, consultante chez Demos.

(1) Enquête réalisée en ligne par le cabinet Demos d'août à septembre 2014 auprès de 251 services achats du secteur privé et public. Près de 68% des organisations interrogées ont un effectif total supérieur à 750 salariés. 70% ont un effectif achats de moins de 20 collaborateurs.

Témoignage d'une acheteuse sur sa fonction : Jin Yingjia, System Procurement Manager, Alstom

À 25 ans seulement, j'ai déjà quatre années à mon actif au sein des achats d'Alstom. Au départ, en tant que simple stagiaire, et aujourd'hui comme System Procurement Manager en CDI. J'ai notamment pu développer mes compétences dans le sourcing des low cost countries asiatiques. Diplômée d'un bac +?4 très généraliste en business et administration, j'ai dû compléter mon cursus par un master spécialisé en achats internationaux pour prétendre à un tel poste. Mon métier me plaît particulièrement, car il est la fois stratégique et transversal. Il suppose donc des compétences polyvalentes, techniques comme relationnelles. L'une de mes missions favorites? Trouver des pistes d'amélioration pour aider les fournisseurs à progresser.


Nous vous donnons rendez-vous chaque jour de cette semaine pour découvrir des nouveaux enseignements issus de ce baromètre sur la fonction achats mené en partenariat avec Demos. Lundi, nous avons constaté que les acheteurs aiment leur job et que les achats responsables gagnent du terrain. Mardi, nous avons fait le point sur les salaires et l'utilisation des logiciels d'achats. Mercredi, nous nous sommes intéressés à la gestion des risques et à l'innovation. Demain, nous verrons ce qui se passe du côté du cloud.