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[Jeune acheteur] "Mon principal défi est de satisfaire le client interne par un bon achat"

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Ntita Ntita-Bashibaya, âgé de 30 ans, a eu un parcours riche et atypique avant de devenir acheteur aux services généraux au sein de l'entreprise IFP Énergies nouvelles. Retour sur son parcours et son quotidien d'acheteur.

[Jeune acheteur] 'Mon principal défi est de satisfaire le client interne par un bon achat'

Quel a été votre parcours universitaire et professionnel ?

Après un bac STT, je souhaitais m'orienter dans le commerce. J'ai donc obtenu un BTS management des unités commerciales, puis une licence professionnelle Distech afin de devenir manager de rayons en grandes surfaces. Je suis alors passé du commerce au management. Par la suite, j'ai effectué un master 1 directeur marketing que j'ai complété par un master spécialisé management de la fonction achats, à l'École de commerce de Grenoble. Dans le cadre de mes différentes spécialisations, j'ai d'abord été manager de rayons en grandes surfaces pour Monoprix en 2010, puis manager des ventes au sein de Kiabi en 2011. En 2012, j'ai été acheteur dans les frais généraux pour Air Liquide, puis de 2013 à 2014 j'ai exercé les mêmes fonctions pour le Groupe Audiens, puis pour Allianz où j'ai également été dans les travaux facilities et durable. Depuis avril 2015, je travaille pour IFP Énergies nouvelles au département achats sur le périmètre services généraux, fournitures et consommables.

Pourquoi vous êtes-vous spécialisé dans les achats ?

J'ai d'abord été intéressé par le marketing. Mais lors de mon master de marketing, j'ai découvert la fonction achats. Cela a été une révélation pour moi, je me suis rendu compte que la fonction était plus complète, plus poussée que dans le marketing. Je retrouve l'aspect stratégique dans les achats que j'aime mais également le côté opérationnel sur le terrain. Tous ces aspects permettent de matérialiser les stratégies en résultats concrets.

Qu'aimez-vous dans ce métier ?

C'est avant tout le contact au quotidien avec les clients internes, les fournisseurs, les prescripteurs, les juristes mais également d'atteindre des objectifs chiffrés et quantifiés. Ce métier d'acheteur me permet de toucher à plusieurs disciplines et d'être au coeur des principaux dossiers et projets de l'entreprise.

Quelles sont vos missions dans votre poste ?

Mes missions sont celles d'un acheteur basique à savoir l'analyse de besoins clients internes, l'optimisation du sourcing auprès des fournisseurs, la rédaction du cahier des charges, le lancement des appels d'offres, l'analyse des résultats et le choix du fournisseur ou prestataire... Nous sommes sur des achats semi-publics donc nous devons respecter certaines procédures pour des appels d'offres formalisés à partir d'un certain seuil de négociation. (207K€ sur la durée du marché pour les achats hors production)

Quels défis avez-vous à relever ?

En terme d'achats, je n'ai pas d'objectif de baisse de savings.

L'optimisation financière est un objectif mais mon principal défi est de satisfaire le client interne par un "bon achat", celui qui correspond au mieux au besoin demandé. Si je devais exprimer des difficultés, elles se situeraient dans les délais de planification, en effet les marchés publics nécessitent des délais spécifiques (consultation, recours, etc.) Il faut également maîtriser l'ensemble des textes, lois et ordonnances qui régissent le code des marchés publics.

La réalité du métier est-elle différente ?

J'avais une autre vision des achats : celle d'un acheteur technique, qui rencontre quotidiennement ses fournisseurs, fait des visites de sites, négocie à l'international. J'ai un quotidien beaucoup plus sédentaire. Hormis la théorie et l'intervention d'intervenants reconnus dans le métier des achats, je pense que les écoles de commerce ne conditionnent pas assez les étudiants à leurs carrières futures au travers des tests de connaissances générales sur le métier. Elles considèrent qu'arriver en 3e cycle sous-entend être au point sur tout or ils existent des personnes comme moi n'ayant aucunes connaissances antérieures sur le métier.

Y a-t-il une personne dont vous admirez le parcours ?

Chez Allianz, j'ai beaucoup appris de mon responsable achats Gurvan Merrien (NDLR : aujourd'hui responsable du département achats digital et mobilité). À l'origine concessionnaire, il a effectué une formation achats avant de travailler dans de grands groupes. Il a gardé sa fibre commerciale tout en développant sa vision d'acheteur. J'étais impressionné par son sens du calcul, son maniement des chiffres.

A choisir, êtes-vous plus intéressé par le secteur public ou privé ?

J'ai découvert le secteur public chez IFP nouvelles et c'est un secteur qui m'intéresse beaucoup, mais à moyen terme je suis plus tenté par le secteur privé car il y a plus un aspect de négociation que j'aime et qui donne le sentiment à l'acheteur de contribuer directement à la performance de l'entreprise. La négociation est l'essence même de l'acheteur, son leitmotiv.