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Ces directeurs achats qui vont se faire massacrer

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La Médiation inter-entreprises et l'association d'entrepreneurs CroissancePlus ont invité les fournisseurs à noter leurs clients dans une enquête baptisée "la parole aux PME". Les résultats devraient être bientôt publiés. Les directions achats redoutent le "Name Dropping".

Ces directeurs achats qui vont se faire massacrer

C'était un secret bien gardé. Et ça va être le clash de l'automne. Comme il y a deux ans, un classement des bonnes et des mauvaises directions achat va être publié par la Médiation et CroissancePlus dans le magazine Challenges. Ça va saigner.

Début juin 2015, une longue liste de fournisseurs a reçu une lettre, signée de la Médiation inter-entreprises et de l'association d'entrepreneurs CroissancePlus, les invitant à noter leurs clients. Ca s'appelait "la parole aux PME". Sur un site web, les fournisseurs devaient nommer leurs principaux clients et les noter sur plusieurs critères. Ces réponses feront la base d'un grand dossier qui va être publié. L'organisation a précisé explicitement vouloir "faire le point sur les mauvaises pratiques qui perdurent ... mais également des bonnes pratiques". Les fusils sont chargés.

Force est de constater que certains problèmes de fonds perdurent bien dans les relations inter-entreprises . Et particulièrement ceux des délais de paiement. Si le sujet fait le consensus dans la théorie, la pratique n'est pas au niveau des déclarations d'intention. La situation va même en se dégradant (cf. article : Les délais de paiements fournisseurs battent de bien mauvais records en 2015) sur le sujet. Tout le monde reconnaît le formidable travail fait par Pierre Pelouzet et Françoise Odolant pour pacifier les relations inter-entreprises sur les dernières années. La charte et le Label sont de formidables outils qu'ils ont mis en place conjointement avec l'association Cdaf.

L'édition 2013 de l'étude avait provoqué de nombreux remous voire des réactions virulentes. Les sociétés mauvaises élèves étaient citées nommément, avec un détail de tout ce qui péchait chez elles. L'étude était largement relayée par la presse économique généraliste. André Sépaniak, directeur achat de la Société Générale, avait fait entendre sa voix. Il s'était ému que dans l'espace de deux mois, la Société Générale soit labellisée par la médiation suite à un audit externe Vigeo (fait sur place avec environ 200 questions) et qu'il soit cloué au pilori par l'article de la même médiation. Parions que l'article de cette année lui sera plus favorable.

Mais qu'est-ce qui dérange vraiment les directions achat ?

Deux points dérangent les entreprises citées : le "Name Dropping" et la méthodologie de l'enquête. Si l'enquête pose la question à nombre très large de fournisseurs, nul ne sait si les fournisseurs répondant correspondent à 0,01% ou à 20% du panel de la direction achat ciblée. De plus, seuls les fournisseurs français sont interrogés, alors que rares sont les directions achat de grande entreprise qui ont une majorité de fournisseurs français. Hé oui, nous sommes dans une économie mondialisée. Bref, certains directeurs achat risquent de se faire massacrer publiquement par des fournisseurs qui ne sont absolument représentatifs de leur panel fournisseur ou de leurs pratiques dans leur ensemble.

Des bruits de couloir laissent entendre que le "super mauvais acheteur de l'année" serait une entreprise des Telecom. A suivre..