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Blockchain : vers une nouvelle révolution dans les outils e-achats ?

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Les nouvelles technologies n'en finissent pas de faire évoluer les directions des achats et leurs solutions. La blockchain pourrait bien être la nouveauté à venir dans les organisations, dès 2017.

Blockchain : vers une nouvelle révolution dans les outils e-achats ?

Et si la prochaine révolution au sein des organisations s'appelait " Blockchain " ? Du côté des directions achats de Schneider Electric, d'Axa et de bien d'autres groupes, on ne perdrait pas une miette de l'actualité sur ce sujet prometteur, à en croire les confidences des observateurs. Les éditeurs de solutions e-achats ne se sont pour l'instant pas encore positionnés sur ce nouveau terrain d'opportunités. " Mais les choses vont vite changé ", assure Bertrand Gabriel, directeur associé de Acxias, cabinet de conseil spécialisé dans l'accompagnement de projets e-achats.

Sécurisation

Ivalua, SAP Ariba, ou encore Synertrade ne vont sans doute pas tarder à faire parler d'eux sur la question, à l'image de Determine qui a indiqué récemment qu'il étudiait depuis quelques années déjà le sujet, aux côtés de clients du secteur financier. Les considérations d'architectures et de choix de technologies étaient jusque là au coeur des échanges. Deux applications intéresseraient prioritairement l'éditeur : la sécurisation des transactions acheteurs-fournisseurs, et notamment les commandes envoyées, d'une part, et la sécurisation des contrats d'autre part.

La particularité de la blockchain est que les transactions effectuées sont enregistrées dans des blocs d'informations connectés entre eux et formant une chaîne stockée par tous les participants du réseau. Aucune organisation centrale ne régit son fonctionnement. Ces ensembles d'informations sont en fait validés par des moyens cryptographiques et une logique d'approbation des données par consensus entre les différentes parties prenantes.

" La particularité de la blockchain est de pouvoir s'affranchir des intermédiaires de confiance, de faciliter la fiabilité des transactions, quelles qu'elles soient entre deux partenaires sans nécessité d'un tiers pour garantir la conformité et la validité des échanges. Dans le processus Achats et P2P, on observe que les intervenants tiers sont présents dans de nombreux cas sur la chaîne. La blockchain peut alors avoir un avantage dans des échanges et permettre une validation des transactions plus directe entre les parties prenantes ", souligne Bertrand Gabriel. La capacité de garantir la conformité des échanges sans recourir à une autorité supérieure, ainsi que l'absence d'infrastructure dédiée, car la puissance de calcul nécessaire est apportée par les machines des participants et optimisée par des algorithmes, constituent des atouts prometteurs.

Des relations fournisseurs à la contractualisation

Une blockchain forme une base de données qui recueille l'historique des communications et échanges entre ses utilisateurs. En raison de la répartition des informations en de multiples points disséminés, elle se présente comme infalsifiable. La sécurisation des transactions est assurée par une preuve d'existence des documents, mais aussi par un système d'horodatage. Elle représente également une source d'économies, puisque les échanges sont plus rapides et moins chers.

Toute porte à croire que la blockchain peut répondre aux besoins de vérification qui s'imposent dans les Achats. " Il n'est pas toujours évident pour les acheteurs d'obtenir des informations fiables de la part des fournisseurs, en terme de chiffre d'affaires, de rentabilité par exemple, alors que la solidité financière est tout de même un critère important dans ce type de relations. Toute la carte d'identité des fournisseurs pourrait être échangée de manière relativement standard par ce nouveau moyen ", estime Bertrand Gabriel.

La contractualisation est un autre champ d'application de la blockchain. On parle beaucoup aujourd'hui de la dématérialisation, de signatures électroniques. Ces dernières sont garanties par des tiers de confiance, par des organismes qui certifient que le processus est bien conforme à la véracité des échanges, que les signataires sont authentifiés. " Là encore, il y a la possibilité de s'affranchir de ces intermédiaires de confiance. La transaction peut être certifiée par la communauté, même si toute la difficulté est de définir dans le domaine P2P quelles sont les limites de cette communauté ", poursuit-il, estimant par ailleurs que le potentiel de la blockchain ne fait aucun doute. " Des start-ups se sont lancées. Les banques investissent beaucoup en R&D sur ces sujets car elles représentent les premiers acteurs concernés. N'oublions pas que c'est la blockchain qui a permis à la monnaie Bitcoin de se faire connaître et d'assurer de nombreux échanges, de façon sécuriser, sans faire intervenir le moindre acteur bancaire. "