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Votez pour le Décideur Achats de l'année 2010

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A VOUS DE CHOISIR

Pour la 2e fois, Décision Achats invite ses lecteurs à élire le meilleur Décideur Achats de l'année.

La rédaction a sélectionné dix décideurs achats qui ont marqué l'actualité récente de la fonction. A vous de voter et de désigner votre tiercé gagnant.

Interview : ISABELLE PHUNG, ELUE DECIDEUR ACHATS DE L'ANNEE EN 2009 - « Un honneur pour moi et toute l'entreprise »

Vainqueur l'an dernier de la première Election des Décideurs Achats de l'année, Isabelle Phung a marqué les esprits. Une victoire qui ne doit rien au hasard pour cette femme dont le franc-parler ne laisse pas indifférent.

Quels souvenirs gardez-vous des Trophées Décision Achats, organisés au Palais Brongniart, au cours desquels vous avez reçu le prix de Décideur Achats 2009 ?

Isabelle Phung : J'ai été submergée par l'émotion. Moi qui pensais que seul mon esprit de compétition était impliqué, je dois admettre que j'ai été sincèrement émue. Etre honorée par ses pairs devant ses proches et son équipe, porter haut les couleurs de son entreprise et de sa corporation, cela a été un moment très fort. Je n'ai globalement peu, voire pas du tout, de souvenirs de la soirée. J'étais concentrée sur mon objectif : gagner. Et désarmée de n'être que spectatrice. Ce n'est que lorsque mon nom a été prononcé que j'ai compris que j'étais élue, alors que mon entourage l'avait déjà déduit. Après, tout est allé très vite. Monter sur scène, recevoir mon trophée, balbutier quelques mots... Bref, peu de souvenirs précis, si ce n'est celui d'un moment heureux.

Ce titre a-t-il eu des répercussions au sein de votre entreprise, le groupe Heppner ?

Ce prix a fait beaucoup de bien à toute la société, à une période, en avril 2009, où les premiers effets de la crise se faisaient déjà lourdement sentir. Tout le monde était fier et l'a un peu pris pour lui, de mon président à mes collaborateurs directs, en passant par les clients internes et nos fournisseurs stratégiques. Il est évident qu'un tel trophée ne récompense pas qu'une personne mais aussi, et surtout, une équipe. Nous en avons profité pour communiquer dans notre journal interne et en externe. Au final, cet événement s'est révélé fédérateur dans un contexte très difficile pour l'entreprise.

Nos lecteurs ont récompensé votre action à la direction achats du groupe Heppner depuis sa création, en 2006. Pensez-vous que la crise favorise votre travail dans une période aussi difficile ?

Si seulement ! Non, au contraire, je pense que le travail des acheteurs n'a jamais été aussi difficile qu'aujourd'hui. Une entreprise doit toujours développer son activité, améliorer la qualité de ses prestations, et ce avec moins de moyens. Par ailleurs, les risques fournisseurs sont exacerbés. Les clients internes sont tendus et parfois méfiants. De plus, je trouve qu'il appartient également aux directions achats de montrer l'exemple à l'heure où la plupart des autres directions sont touchées par des restructurations.

C'est-à-dire ?

Nous avons le devoir d'être exemplaires. D'aller à la fois toujours plus loin dans la compression des coûts et la pertinence des outils mis à la disposition de notre entreprise. Mais nous devons également le faire de manière beaucoup plus directe, en travaillant sur l'amélioration de la productivité de nos propres activités. Pour cela, il faut savoir alléger ses équipes. Etre les premiers à appliquer les règles de sobriété que la situation impose.

L'an dernier, vous perceviez la crise comme un moyen d'innover et de se montrer plus créatif. Avez-vous évolué sur ce point ?

Non, mais je dois reconnaître qu'il faut savoir gérer les priorités. Aujourd'hui, on nous demande de définir le juste besoin et d'acheter ce qui est nécessaire. Pour innover, il faut être capable de se tourner vers l'avenir. Or, nous n'avons aucune visibilité. Dans ce contexte, nous sommes plutôt à la recherche d'économies rapides. De plus, avant de mettre en place de nouvelles actions, encore faut-il vérifier que tout ce que vous avez créé fonctionne et que les objectifs annoncés, notamment en termes d'économies, sont au rendez-vous. Par exemple, nous avons complètement revu et simplifié nos processus pour l'achat d'intérim. Mais si, au final, la facturation se révèle toujours aussi lourde, nous n'aurons rien gagné. Encore une fois, nous devons regarder plus loin que notre champ de vision naturel et notre zone de confort. Il faut nous préoccuper de toutes les améliorations possibles au niveau des process, aussi minimes soient-elles. Au-delà des prix et des conditions directes d'achat, nous devons nous préoccuper du cycle de vie du besoin.

Etes-vous tout de même intervenue sur de nouvelles familles d'achats ?

Oui, nous avons, par exemple, étudié tous nos principaux contrats d'énergie (électricité, gaz, eau, etc.). Et surtout, nous avons été impliqués dans la réduction de notre flotte de camions, avec toutes ses conséquences sur l'organisation de l'entreprise. L'année 2009 a donc été très difficile pour tout le monde. Mais c'est aussi ce qui fait l'intérêt de notre métier : être au coeur des problématiques de l'entreprise.

Quelle est, selon vous, la principale qualité que doit posséder un décideur achats ?

J'aime bien le nom que vous avez donné à votre élection. Etre un décideur, c'est savoir décider. Faire adhérer, communiquer, promouvoir la fonction achats en interne... C'est bien un temps. Mais il arrive un moment où l'on se rend compte que la frilosité et la résistance au changement vont avoir raison de vos gisements de gains et de votre force de conviction. Et c'est à ce moment-là où il faut savoir non seulement assumer ses décisions, mais aussi les promouvoir, voire les imposer. Bref, une telle qualité n'est pas propre aux décideurs achats mais à tous les décideurs, quelle que soit leur fonction.

Avez-vous un message à transmettre aux dix décideurs en course pour le titre en 2010 ?

Je les envie et les plains tout à la fois. L'attente des résultats est vraiment stressante ! Que le meilleur gagne.

Propos recueillis par Sébastien de Boisnemy

Groupe Heppner

ACTIVITE Transport international et logistique
CHIFFRE D'AFFAIRES 2008 530 millions d'euros
EFFECTIF 3 800 collaborateurs
VOLUME D'ACHATS 75 millions d'euros (hors investissements)
EFFECTIF ACHATS 5 collaborateurs

@ MARC JEHL

Biographie

Isabelle Phung, 44 ans, est directrice achats et infrastructures du groupe Heppner depuis 2006. Elle était auparavant à la tête des achats de la société Facom. Isabelle Phung est diplômée du DESS marketing et gestion de la fonction achats de l'université de Paris-Dauphine.

Jean-Luc Baras, Eiffage - Il restructure les achats

Développement d'expertises par famille d'achats, charte éthique... Le groupe Eiffage professionnalise ses achats. Jean-Luc Baras, son directeur achats, entend poursuivre ce développement pour élargir encore son spectre d'intervention.

Les achats d'Eiffage n'en finissent pas de monter en puissance. Placée sous la responsabilité de Jean-Luc Baras, l'équipe de 150 personnes est en pleine professionnalisation. « Nous couvrons déjà bien le terrain. Mais d'ici peu, nous devrions réaliser plus de 50 % des achats du groupe, note Jean-Luc Baras. Notre objectif à moyen terme est d'élargir notre spectre d'intervention. » Et d'ajouter que « cette prise en main du processus est nécessaire pour bien contrôler les dépenses, la décomposition des coûts, la gestion des risque et le déploiement des achats durables ». La difficulté étant ici accentuée par une culture achats différente d'une branche à l'autre du groupe. Au niveau de l'organisation, cette professionnalisation passe notamment par des chantiers axés sur le développement d'expertises par famille d'achats. Et par la mise en place d'un langage commun. Dans ce cadre, plusieurs formations interbranches ont été dispensées en 2009 et un intranet a été lancé. Baptisé «Agora», il se veut « une plateforme d'échanges entre les différents acheteurs du groupe, quelle que soit leur branche. Chacun peut y trouver des informations sur les fournisseurs, les contrats cadres en vigueur, etc. », explique Jean-Luc Baras. Pour fluidifier et optimiser le processus achats et mesurer les dépenses, différents outils de contrôle ont également été déployés.

L'autre chantier de la direction est incarné par la rédaction d'une charte éthique, dévoilée début 2009. Selon le responsable, « il s'agit d'une charte de bonne conduite destinée à guider les acheteurs ». Son but : définir les règles à respecter afin d'éviter les conflits d'intérêts entre acheteur et fournisseur. « La qualité d'un service achats dépend du professionnalisme de chacun des acheteurs, estime Jean-Luc Baras. En outre, l'acheteur véhicule l'image du groupe. » Ainsi, les comportements à éviter ont été précisément notifiés. Les cadeaux remis à titre personnel par un fournisseur, par exemple, sont proscrits. Dans le cadre de la professionnalisation de la fonction, Jean-Luc Barras s'est également penché sur la formation et la gestion de carrière de ses acheteurs. « Il est important de s'attacher au développement des ressources. La force de la fonction en découle », assure le directeur achats.

Par Romain Rivière

Biographie

Jean-Luc Baras, diplômé de l'Enit et du MAI Bordeaux, a débuté chez Schneider comme acheteur. Il a rejoint Arcelor en tant que Group Category Manager. Entre 1996 et 2003, il a successivement occupé les postes de directeur achats, directeur industriel et responsable achats Europe chez Myriad et Corus Group. Depuis 2004, il cumule les fonctions de directeur achats de Forclum et d'Eiffage Construction, et celle de coordonnateur des achats du groupe Eiffage.

Eiffage

ACTIVITE Construction
CHIFFRE D'AFFAIRES 2008 13,2 milliards d'euros
EFFECTIF 71 000 salariés
VOLUME D'ACHATS 6,5 milliards d'euros
EFFECTIF ACHATS 150 collaborateurs

Jacques Bazet, Nature & Découvertes - Il milite pour des relations fournisseurs responsables

Des audits sur site à la mise en place d'un extranet, Jacques Bazet, directeur achats de Nature & Découvertes, emploie les grands moyens pour structurer sa relation avec les fournisseurs. Avec, en toile de fond, un objectif clair : favoriser la performance environnementale et sociale de chaque prestataire.

« Depuis que je supervise les achats de Nature & Découvertes, mon objectif est de mettre en place des outils pour formaliser la relation avec nos fournisseurs», explique Jacques Bazet, directeur achats de cette enseigne spécialisée dans les produits environnementaux. Reflet du coeur de métier de la marque, cette stratégie vise à sensibiliser ses prestataires aux enjeux du développement durable.

Après la rédaction d'une charte partenariale, la direction achats a organisé des audits pointus sur les sites de ses prestataires. « Nous avons fait appel à une spécialiste indépendante pour analyser, durant une journée, les conditions de travail chez chaque fournisseur, précise Jacques Bazet. En interviewant les salariés, nous pouvons vérifier leurs conditions de rémunération et nous assurer de leurs perspectives d'évolution. ». Une approche humaine qui permet au groupe d'évaluer la performance sociale de ses fournisseurs et de les orienter, le cas échéant, vers des actions correctives. Même démarche côté écologie : « Nous avons mené des actions de sensibilisation pour inciter nos fournisseurs à utiliser du bois FSC, à réduire la taille de leurs packagings. » Des initiatives qui s'inscrivent plus dans une démarche d'accompagnement que dans une logique de contrôle. « Nous refusons de mener des audits sanctions. Nous ne voulons pas punir les fournisseurs les moins écologiques, mais bien instaurer une démarche partenariale avec des pistes d'amélioration. » Autre action menée par le groupe : la récente mise en place d'un extranet. « Ce système nous aide à mieux communiquer sur notre politique et à la faire partager à nos partenaires. » Il permet également d'en savoir plus sur les forces et les faiblesses de chaque fournisseur. « Via l'extranet, le prestataire peut fournir quantité d'informations sur sa politique qualité, ses engagements sociaux et environnementaux, ses certifications, les caractéristiques de ses produits tout au long de leur cycle de vie, etc. » Assisté par un cabinet extérieur (Utopies), Nature & Découvertes profite de ce réseau pour évaluer ses fournisseurs et ses produits, via divers critères de notation associés à un système de pondération. Un outil opérationnel et réussi qui pourrait inspirer d'autres directeurs achats.

Par Charles Cohen

Biographie

Titulaire d'un DEA de finance et d'un master en marketing du luxe, Jacques Bazet, 43 ans, intègre Nature & Découvertes en 1993. Après avoir dirigé un magasin, il rejoint le service achats du groupe et gère plusieurs familles d'achats (livres, équipements de randonnée...). En 2002, il est nommé directeur adjoint des achats, puis promu, en 2003, directeur du département.

Nature & Découvertes

ACTIVITE Société de distribution de produits à caractère environnemental
CHIFFRE D'AFFAIRES 2008 180 millions d'euros
EFFECTIF 1 000 salariés
EFFECTIF ACHATS 17 collaborateurs
NOMBRE DE FOURNISSEURS 450

Jean Bouverot, ministère de la Défense - Il fédère ses équipes sur tous les fronts

Alors qu'elles devaient réaliser 5 millions d'euros d'économies en 2009, les équipes achats du ministère de la Défense ont largement dépassé cet objectif sous la houlette de Jean Bouverot, chef de la mission achats et responsable ministériel des achats.

En avance sur sa feuille de route. Alors que la révision générale des politiques publiques (RGPP) prévoyait 5 millions d'euros d'économies en 2009, le ministère de la Défense a plus que triplé cet objectif. Un départ canon qui devrait se confirmer dans les prochaines années, avec déjà 310 millions d'euros d'économies identifiées sur quelques familles d'achats : impression, téléphonie, affranchissement, etc. L'objectif fixé par la RGPP, soit 400 millions d'euros d'économies à l'horizon 2014-2015, devrait être atteint à qualité équivalente et en conformité avec les travaux menés par le Service des achats de l'Etat.

Cette réussite, Jean Bouverot, chef de la mission achats, l'attribue à l'implication des acheteurs du ministère répartis dans plus de 450 entités. « Lors de ma nomination, j 'ai souhaité m'appuyer sur les forces de chaque structure et identifier les bons acheteurs par segment plutôt que d'imposer la création d'un opérateur centralisé d'achats. Mon action aurait été immédiatement plus visible, mais l'efficacité recherchée moindre », explique celui qui est chargé de coordonner toute la politique achats hors armement du ministère. Sous l'impulsion de Jean Bouverot, l'organisation achats est devenue une fusée à trois étages. Un comité des achats donne les grandes directives du ministère par famille d'achats. Puis un groupe de pilotage, avec des représentants des principales entités adjudicatrices, identifie les initiatives à mettre en oeuvre. Enfin, des groupes de travail constitués d'acheteurs et de prescripteurs définissent les besoins et négocient avec les fournisseurs pour l'ensemble des entités du ministère intéressées. « En standardisant et en mutualisant nos achats, nous avons réalisé entre 15 et 20 % d'économies sur les achats de PC ou les fournitures de bureau», illustre Jean Bouverot qui joue la carte de la solidarité ministérielle : «20 % des économies réalisées au-delà de l'objectif RGPP sont réattribuées aux entités adjudicatrices afin qu'elles puissent améliorer les conditions de travail de leurs collaborateurs en achetant, par exemple, des équipements».

Au-delà des économies réalisées, Jean Bouverot a surtout souhaité accompagner les différentes entités du ministère dans la professionnalisation de leurs achats. Pour ce faire, « une matrice de maturité» a été définie où chaque structure peut s'étalonner par rapport à 11 axes de professionnalisation. « L'objectif n'était pas d'établir un classement, mais de comprendre comment une entité parvenait à un certain niveau de maturité dans un domaine et surtout comment les autres pouvaient s'en inspirer. » Un travail d'équipe cher à Jean Bouverot.

Par Sébastien de Boisfleury

@ ARNAUD OLSZAK

Biographie

Jean Bouverot, 42 ans, est le chef de la mission achats du ministère de la Défense depuis 2008. Diplômé de l'ESC Saint-Etienne et titulaire d'un MBA de l'EM Lyon, il intègre la SNCF en 1991 où il conduit le projet de réforme des achats "Talent" et occupe un certain nombre de postes à responsabilité dans les achats, dont la direction des achats généraux de 2005 à 2007.

Ministère de la Défense

BUDGET 2009 32 milliards d'euros
EFFECTIF 450 000 collaborateur
VOLUME D'ACHATS 20 17 milliards d'euros
VOLUME D'ACHATS HORS ARMEMENT 4 milliards d'euros
EFFECTIF ACHATS 3 000 collaborateurs

claire Dacier, Air Liquide - Elle mobilise chaque service pour réduire les coûts

Responsable des achats indirects d'Air Liquide, Claire Dacier a mis en place une organisation propre à relever les ambitieux objectifs d'efficacité de son groupe. Un exemple emblématique en 2009 : la réduction de moitié du budget voyages.

Conquérir de nouveaux marchés et accroître son efficacité, telles sont les principales stratégies que s'est fixées Air Liquide. Pour les suivre, le spécialiste des gaz industriels a lancé «Alma», un programme visant à réduire ses coûts de 600 MEuros sur trois ans. « Crise oblige, le groupe a tablé sur des économies de 300 MEuros pour 2009. Nous en avons profité pour structurer notre direction des achats indirects selon un principe élémentaire : globaliser en tenant compte du niveau de maturité des achats dans l'entreprise », explique Claire Dacier, responsable des achats indirects d'Air Liquide. Et d'ajouter : « Instaurer un travail d'équipe en refusant toute décision unilatérale, telle est la clé de notre succès. Surtout dans un groupe où la culture d'entreprise est fondée sur une décentralisation forte. » Première étape d'une démarche d'optimisation graduée : la rationalisation du poste voyages. « Nous avons établi une politique plus restrictive : tarif 100 % éco, réservation des billets 15 jours à l'avance, recours au low cost, etc. Nous avons ainsi réduit de moitié notre budget cette année. » Par ailleurs, le groupe a lancé en 2009 des appels d'offres mondiaux pour réduire son panel de prestataires. « Nous sommes passés d'une collaboration avec une multitude d'agences à un travail avec seulement deux fournisseurs : American Express Voyages d'Affaires et Carlson Wagonlit Travel. Ce qui simplifie les process et favorise une meilleure visibilité sur les dépenses. » L'année 2010 sera, elle, consacrée à la rationalisation des dépenses informatiques. « Nous travaillons avec la DSI afin de bâtir ensemble les lignes stratégiques de ces achats ainsi que les plans d'actions à mener. » La réussite de ces opérations repose sur un prérequis indispensable : favoriser une relation intelligente avec ses fournisseurs. « Il est primordial d'instaurer avec eux un partenariat dans la durée. » Une relation qualitative que l'équipe des achats indirects a également nouée avec ses clients internes. « Dans le cadre de la refonte de la politique voyages, une campagne de communication par mail a été mise en place auprès des voyageurs pour qu'ils comprennent le bien-fondé de notre démarche. Pour donner encore plus de légitimité à notre action, nous y avons également associé les 15 top managers du groupe. » Une initiative qui a permis à Claire Dacier de remplir l'un de ses objectifs : sensibiliser en interne sur le caractère stratégique des achats indirects.

Par Charles Cohen

Biographie

Claire Dacier, 50 ans, est diplômée de l'IAE Paris (Institut d'administration des entreprises). Elle a poursuivi une carrière chez Alstom dans des services très divers (finance, gestion de projets... ) avant d'occuper le poste de directrice achats du secteur T&D puis directrice des achats indirects de l'entreprise. En 2008, elle intègre le groupe Air Liquide en tant que responsable des achats indirects.

Air Liquide

ACTIVITE Production de gaz pour l'industrie, la santé et l'environnement
CHIFFRE D'AFFAIRES 2008 13,1 milliards d'euros
EFFECTIF TOTAL 43 000 salariés
VOLUME D'ACHATS 2008 7 milliards d'euros
VOLUME D'ACHATS HORS PRODUCTION 2008 1,3 milliard d'euros
EFFECTIF ACHATS 500 collaborateurs

Gaël Duyck, pricewaterhousecoopers - Il réorganise les achats en un temps record

En deux ans, Gaël Duyck a créé une organisation achats au sein de PWC. Son équipe traite désormais 80 % des dépenses du cabinet.

En 2007, le cabinet PricewaterhouseCoopers décide de mettre en place une organisation achats pour réduire ses coûts. La société recrute alors Gaël Duyck. Ses missions ? Concevoir cette structure et centraliser l'ensemble des processus achats, en vue de créer des binômes avec les différents métiers de l'entreprise. « Je suis parti d'une feuille quasi blanche », raconte l'intéressé, qui embarque dans l'aventure un collaborateur au profil d'acheteur. Tout est donc à mettre en place, à commencer par les leviers habituels, et notamment la rationalisation du panel fournisseurs. Les résultats ne tardent pas. «Nous avons réduit notre panel de près de 40 %, estime le directeur achats. Pour l'informatique, nous l'avons même divisé par deux. » Rapidement, l'équipe s'étoffe, passant à trois, puis six collaborateurs. Parallèlement, la direction achats naissante s'organise en familles et articule son travail autour de six thématiques : l'informatique (en partenariat étroit avec la DSI), le marketing et la communication, les frais généraux et les voyages, les prestations intellectuelles, les déplacements professionnels et l'immobilier. « Etant nous-mêmes un cabinet de conseil, la maîtrise des achats de prestations intellectuelles s'avérait particulièrement importante à nos yeux », précise Gaël Duyck. Pour optimiser les dépenses de déplacement, l'équipe se dote d'un outil de réservation en ligne destiné à contrôler la politique voyages et surtout l'utilisation des contrats passés avec les prestataires globaux. L'outil, qui conduit l'ensemble des salariés à dépenser efficacement, engendre vite 30 % d'économies. Ainsi, l'équipe achats parvient à montrer en interne sa valeur ajoutée. Elle réussit aussi à responsabiliser les collaborateurs et à faire ses preuves auprès de la direction générale. Pour aller plus loin, Gaël Duyck entame le déploiement d'un outil d'e-procurement. « Un gros chantier, glisse-t-il. Il a fallu se montrer légitime auprès de tous ceux qui achetaient directement, en leur imposant un outil en plus des pratiques achats. Mais nous y sommes parvenus ! » Pour preuve, son équipe de 12 personnes, qui gère désormais 150 millions d'euros d'achats et couvre 80 % des dépenses de l'entreprise, s'attaque maintenant au développement de cet outil en régions.

Par Romain Rivière

Biographie

Gaël Duyck, 32 ans, diplômé du MAI de Bordeaux Ecole de management, a débuté sa carrière en 2001 en tant qu'acheteur leader chez BusinessObjects avant de rejoindre, en 2004, Yves Rocher en qualité de responsable des achats informatiques groupe. Depuis 2007, Gaël Duyck occupe le poste de directeur achats France au sein du cabinet PricewaterhouseCoopers.

Pricewaterhousecoopers

ACTIVITE Audit, conseil et expertise comptable
CHIFFRE D'AFFAIRES 2008 640 millions d'euros
EFFECTIF 3 800 salariés
VOLUME D'ACHATS 2008 150 millions d'euros
EFFECTIF ACHATS 12 collaborateurs

Véronique Leterrier, Marithé et François Girbaud - Elle optimise les dépenses dans l'univers de la mode

Comme toute entreprise, la marque de prêt-à-porter haut de gamme Marithé et François Girbaud souhaite optimiser ses dépenses. Un rôle dévolu, depuis 2007, à Véronique Leterrier, sa directrice des achats et des services généraux. Sa particularité ? Gérer des demandes spécifiques à l'univers de la mode. Par Nathalie Costa

En véritable chef d'orchestre, Véronique Leterrier dirige d'une main de fer dans un gant de velours les achats et les services généraux de la marque de prêt-à-porter haut de gamme Marithé et François Girbaud. « Comme tous les acheteurs, j 'analyse les besoins en suivant les orientations de ma direction générale et en étant à l'écoute des collaborateurs de l'entreprise », précise-t-elle. Sa double casquette lui permet de gérer à la fois les achats et les services généraux de la société, dont le volume d'achats hors production est estimé à 2,9 millions d'euros.

Sécurité, entretien, accueil, voyages, assurances, etc. Depuis sa nomination en septembre 2007, Véronique Leterrier prend en charge des familles d'achats très variées, ce qui l'oblige à exercer une veille permanente sur de nombreux marchés fournisseurs. Vis-à-vis de ces derniers, la directrice des achats et des services généraux s'applique à être très exigeante. « Comme le milieu de la mode vise l'excellence, j'attends de mes fournisseurs qu'ils gardent à l'esprit que nous cherchons en permanence des prestations de qualité », souligne-t-elle. Des fournisseurs qui doivent être par ailleurs capables de répondre à des cahiers des charges parfois spécifiques à l'univers de la mode. « Par exemple, notre prestataire de propreté doit comprendre qu'il ne peut pas utiliser de plumeaux pour nettoyer les vêtements dans nos boutiques », précise Véronique Leterrier. En outre, le fait d'être une marque haut de gamme ne dispense pas l'entreprise d'essayer d'optimiser ses coûts en permanence. « Mes fournisseurs doivent savoir s'adapter pour pouvoir répondre aux modifications que j'introduis dans les cahiers des charges, et ce sans me facturer de surcoût pour ce qui concerne leurs prestations. »

Dans son quotidien, Véronique Leterrier est épaulée par un collaborateur spécialisé dans les prestations multitechniques (climatisation, chauffage, électricité, ascenseur...). Celui-ci intervient à sa demande au niveau du siège social et dans les boutiques de la marque, qu'il s'agisse du show-room parisien ou des établissements situés en France et en Belgique. Il prend également part au processus achats, lors de la rédaction du cahier des charges, lorsque Véronique Leterrier a besoin d'une expertise métier ou d'informations plus techniques.

Biographie

Leterrier, 44 ans, est directrice des achats et des services généraux de la marque de prêt-à-porter Marithé et François Girbaud depuis septembre 2007. Diplômée d'un DUT Tech de Co et d'un DESA en Administration du personnel, cette dernière a notamment été responsable des achats et des services généraux d'Axelium de 2002 à 2007.

Marithé et François Girbaud

ACTIVITE Marque de prêt-à-porter haut de gamme
CHIFFRE D'AFFAIRES 2008 200 millions d'euros
EFFECTIF GLOBAL 500 salariés
VOLUME D'ACHATS HORS PRODUCTION 2008 2,9 millions d'euros
EFFECTIF ACHATS 2 collaborateurs

Géraldine Olivier, Canal + - Elle développe une culture achats à la télévision

A la tête d'un périmètre d'activités très éclectiques, Géraldine Olivier a su développer la culture achats au sein du groupe Canal +. Comment ? En démontrant la valeur ajoutée de ses actions auprès des clients internes.

En charge des achats supérieurs à 100 000 euros sur un an (hors droits sportifs, d'émissions ou cinématographiques), Géraldine Olivier gère chez Canal + un ensemble d'activités très large. «Je traite un éventail de familles d'achats réparties en quatre pôles différents : technique, distribution, production/postproduction et support », détaille-t-elle. Des achats de décodeurs et de matériel de diffusion aux dépenses informatiques ou marketing, en passant par les moyens généraux en production de certaines émissions, le portefeuille achats de Géraldine Olivier est éclectique et peu commun « Si notre direction ne gère pas les achats de production et postproduction des émissions externalisées par Canal +, telles que Le Grand Journal, nous traitons ceux liés aux émissions produites en interne, à l'instar des Guignols, de Groland Magazine, ou de l'essentiel des événements sportifs. »

Dans ce cadre, la direction achats est intervenue sur un appel d'offres pour la location de studios. « Des locaux qui devaient répondre à des normes de sécurité spécifiques puisqu'ils accueillent du public. Concernant les Guignols, le studio devait satisfaire à des exigences en matière d 'espace de stockage et de climatisation afin de préserver les marionnettes. » Un travail original qui souligne le caractère stratégique des achats indirects gérés par Géraldine Olivier. « Bon nombre d'achats considérés traditionnellement comme hors production, tels que l'informatique ou les moyens généraux, ont un impact significatif sur le coeur du business de Canal +. Ainsi, la gestion des déplacements professionnels s'est avérée importante pour le groupe, 200 de nos journalistes étant amenés à voyager pour constituer l'info et commenter les événements sportif de la chaîne », rappelle Géraldine Olivier.

Forte de ces actions, elle met l'accent sur la culture achats qui s'est développée au sein de l'entreprise depuis sa nomination. « Nous n'avons pas cherché à nous imposer. Ce sont nos clients internes qui ont reconnu la valeur ajoutée de notre direction et nous ont fait confiance ». La preuve : « Si, auparavant, chaque direction opérationnelle gérait elle-même ses achats, notre taux de couverture est passé, entre 2005 et 2009, de 35 % à 80 %. » Ce succès récompense le travail en équipe de la direction achats. Signe de la professionnalisation grandissante de cette direction : la mise en place d'une plateforme d'e-sourcing dont le déploiement est prévu en 2010.

Par Charles Cohen

Biographie

Géraldine Olivier, 37 ans, est diplômée de l'ESCP. Avant de rejoindre Canal +, elle a travaillé à la direction achats du groupe PSA Peugeot Citroën de 1996 à 2001 , notamment en tant que responsable des achats systèmes de direction pour les deux marques. Depuis janvier 2006, elle est directeur achats du groupe Canal +.

Canal +

ACTIVITE Audiovisuel
CHIFFRE D'AFFAIRES 2008 4,6 milliards d'euros
EFFECTIF 4 252 salariés
VOLUME D'ACHATS 2008 1 milliard d'euros
EFFECTIF ACHATS 10 collaborateurs
NOMBRE DE FOURNISSEURS 760

Fabrice Picardi, Nexans - Il rend la fonction plus stratégique

La direction des achats indirects de Nexans, restructurée en 2006, gère 900 millions d'euros d'achats. Elle s'est imposée au sein du groupe en travaillant sur la standardisation de ses process et en menant des actions en amont avec ses fournisseurs stratégiques.

Le Groupe Nexans peut être satisfait : sa direction des achats indirects, confiée à Fabrice Picardi en 2006 et qui gère 900 millions d'euros, contribue à hauteur de 65 % aux économies dites de l'entreprise. « Sur les six premiers mois de 2009, nous maîtrisons près de 70 % des achats », se réjouit Fabrice Picardi. « D'ici à 2011, nous devrions atteindre les 80 % et contribuer ainsi davantage aux économies réalisées par l'entreprise. » Une bonne nouvelle pour le directeur des achats indirects, dont l'équipe maîtrisait 30 % des dépenses trois ans plus tôt. Il est donc logique que son service appartienne à la direction des opérations stratégiques de Nexans et qu'elle soit désormais placée sous la direction générale en charge des finances ! « Cela tend à montrer la valeur ajoutée que nous pouvons apporter. » Pour y parvenir, Fabrice Picardi et son équipe ont mené un travail auprès de leurs fournisseurs afin d'optimiser leur pilotage. Une première phase a permis d'approfondir la connaissance des 1 300 fournisseurs stratégiques sur une base de 23 000 et d'augmenter la maîtrise du processus d'achat : cahier des charges, négociation, contrats, déploiement de programmes d'amélioration continue...

Depuis début 2009, le responsable s'attache donc à assurer l'industrialisation et la standardisation de ces process à l'international pour mieux répondre aux attentes des clients internes. L'action menée auprès des fournisseurs est désormais orientée en amont des projets. Les informations délivrées par les achats sont alors source de profits. « Ce pilotage de l'information est primordial, assure Fabrice Picardi. Nos acheteurs sont donc formés pour piloter les projets du début à la fin et non plus comme auparavant, a posteriori. »

Cette mission passe notamment par la rationalisation du panel fournisseurs de Nexans en instaurant avec eux, et surtout avec les 1 300 fournisseurs privilégiés, des partenariats stratégiques basés sur le long terme. Une opération qui s'avère payante dans une période où la réduction de coûts occupe le devant de la scène. « Grâce à nos process, nous ne sommes pas tombés dans les pièges de la crise, à savoir le «cost killing». Nous avons pu bénéficier de nos partenariats durables avec nos fournisseurs. Ils ont su nous apporter des alternatives intéressantes comme celles liées au développement durable, ce qui nous rend d'autant plus compétitifs », explique le directeur des achats indirects.

Par Romain Rivière

Biographie

Diplômé du MAI de Bordeaux en 1994, Fabrice Picardi, 38 ans, a débuté sa carrière dans les achats l'année suivante chez Allied Signal (Honeywell), avant de rejoindre Business Object puis Reckitt Benckiser successivement comme acheteur junior, directeur achats France et directeur achats groupe. Il a rejoint Nexans en 2006 en tant que directeur des achats hors production.

Nexans

ACTIVITE Industrie du câble
CHIFFRE D'AFFAIRES 2008 7,4 milliards d'euros
EFFECTIF 22 000 salariés
VOLUME D'ACHATS HORS PRODUCTION 900 millions d'euros
EFFECTIF ACHATS 55 collaborateurs
NOMBRE DE FOURNISSEURS 23 000

Philippe Poullain, Ville de Lyon - Il met en place des processus certifiés

En plaçant la satisfaction des clients internes au coeur de ses préoccupations, la Ville de Lyon a obtenu, en juin, la certification Iso 9001 pour ses achats. Une dynamique amorcée par Philippe Poullain et basée sur la refonte de l'ensemble du processus achats. Retour sur cette expérience exemplaire dans la sphère publique.

Le 16 octobre 2009, la direction achats de la Ville de Lyon a reçu officiellement la certification Iso 9001 qu'elle avait obtenue en juin dernier. Décrocher cette norme constitue l'aboutissement de la démarche qualité mise en place par la métropole rhônalpine. Son directeur achats Philippe Poullain a en effet fixé une stratégie dans ce sens dès sa prise de fonction, il y a trois ans : « Ne pas travailler pour soi mais rechercher en permanence la satisfaction des directions opérationnelles pour lesquelles nous réalisons des marchés, dans une approche globale axée sur la qualité, les délais, le coût, le développement durable et la sécurité juridique. »

Cette orientation client s'est appuyée sur une refonte de l'ensemble du processus achats, depuis l'expression du besoin jusqu'au suivi de la performance des titulaires des marchés. La direction achats a ainsi décidé de travailler en mode projet sur tous les dossiers qu'elle est amenée à traiter. Ce choix s'est traduit par la mise en place systématique d'un groupe de travail composé d'un chef de projet (acheteur), d'un voire plusieurs clients internes, d'un prescripteur (qui définit le besoin et rédige le cahier des charges pour l'ensemble des directions opérationnelles), d'un qualiticien et d'un rédacteur des marchés publics. Cette organisation a permis d'augmenter l'efficacité de la direction achats de la Ville, qui s'applique notamment à respecter au maximum les plannings définis. « Une fois que le risque de doublon est écarté et que les tâches de chacun sont bien clarifiées, il est alors possible d'augmenter non seulement la productivité individuelle mais aussi la performance collective », ajoute Philippe Poullain.

Désormais, la Ville de Lyon est capable de traiter de plus en plus de dossiers à effectif constant. « Nous avons rempli l'objectif de doubler notre activité en 2009. En 2008, nous avons en effet piloté 50 marchés supérieurs à 206 000 eurosSeuil au-delà duquel s'applique la procédure d'appel d'offres pour les marchés de travaux. contre une centaine cette année. » Mais Philippe Poullain ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Son prochain projet : travailler en collaboration avec la direction des marchés publics sur une prochaine fusion des deux directions. Le but étant de constituer un grand pôle de la commande publique auquel seraient également associés certains services experts, comme l'informatique et les travaux.

Par Nathalie Costa

Biographie

Philippe Poullain, 43 ans, est directeur achats de la Ville de Lyon depuis avril 2006. Diplômé de l'Ecole supérieure de chimie physique électronique de Lyon et titulaire d'un MBA de Reims Management School, il débute chez l'équipementier automobile Trèves comme directeur Supply Chain division textile, puis rejoint le fabricant de revêtements pour sols Gerfl or en tant que directeur achats.

Jean-Christophe Quémard, psa Peugeot Citroën - Il donne la priorité à la relation fournisseurs

Au cours d'une année particulièrement difficile pour le secteur automobile et marquée par un changement de présidence à la tête du groupe PSA Peugeot Citroën, Jean-Christophe Quémard a su tirer son épingle du jeu. Avec un objectif continu : renforcer la relation fournisseurs.

Jean-Christophe Quémard, directeur achats du groupe PSA Peugeot Citroën depuis deux ans, se souviendra longtemps de cette année 2009, marquée par un changement à la tête de l'entreprise et une crise qui a touché tout un secteur d'activité. Pourtant, ces événements n'ont pas changé sa feuille de route : « Faire de la relation avec les fournisseurs un avantage concurrentiel ». Philippe Varin, le nouveau président-directeur général nommé en juin dernier, ne s'y est pas trompé et l'a confirmé dans ses fonctions. En septembre 2009, l'excellence de la relation fournisseurs a été érigée comme un principe majeur et transversal à toute l'entreprise.

Dans un contexte économique difficile, les priorités de Jean-Christophe Quémard ont été de sécuriser les approvisionnements et de soutenir les sous-traitants. Il a donc mis en place une équipe pluridisciplinaire de 40 personnes dédiée au risque fournisseur. Près de 80 dossiers ont été étudiés, représentant 14 % du volume d'achats du constructeur. « Des dossiers sensibles où il faut se montrer proactif souligne le directeur achats. Notre panel fournisseurs a été fortement impacté par la crise, avec 150 sites restructurés dont une trentaine de fermetures représentant près de 20 000 emplois. » Parallèlement, l'entreprise a investi près de 2 milliards d'euros auprès de ses prestataires : réduction des délais de paiement, apport en cash aux entreprises en difficulté...

Au-delà de ces mesures d'urgence, Jean-Christophe Quémard a souhaité instituer « une nouvelle donne » dans les relations fournisseurs, « avec plus de visibilité sur les volumes d'achats et un accompagnement plus soutenu des fournisseurs dans leur recherche de compétitivité. » Au niveau des frais généraux, le plan Cap 2010 a été avancé d'un an. Résultat : plus de 400 millions d'euros d'économies réalisées dès cette année. Sur le plan des ressources humaines, la Purchasing Business School interne, créée en mai 2008 sous la direction de Jean-Christophe Quémard, a donné toute sa mesure en 2009. Plus de 150 acheteurs ont pu être formés et monter en compétence. Avec une ligne de conduite : « S'adapter et répondre au mieux à la crise automobile, aussi bien en interne qu'auprès de nos fournisseurs », conclut le directeur achats.

Par Sébastien de Boisfleury

Biographie

Jean-Christophe Quémard, 49 ans, est le directeur achats de PSA Peugeot Citroën depuis 2008. Entré chez Peugeot en 1986, il a occupé plusieurs postes à la direction des fabrications avant de rejoindre la direction des méthodes et équipements industriels en 1995. En 2000, il est responsable méthodes logistiques à la direction des plateformes et techniques automobiles, puis directeur projet de la Peugeot 308 entre 2003 et 2008.

PSI Peugeot Citroën

ACTIVITE Constructeur automobile
CHIFFRE D'AFFAIRES 2008 54,3 milliards d'euros
EFFECTIF 208 000 salariés
VOLUME D'ACHATS 2008 27 milliards d'euros
EFFECTIF ACHATS 1 200 collaborateurs

Elisez le Décideur Achats de l'année 2010

Dans le cadre des Trophées du Décideur achats 2010, a le plaisir de mettre en jeu :

- une semaine de location en kilométrage illimité d'un véhicule de catégorie D (Citroën C5 ou similaire), H (VW Touran ou similaire) ou N (Grand C4 Picasso automatique ou similaire)

Incluant :

- le rachat partiel de franchise en cas d'accident et de vol

- l'assurance conducteur et passagers

- la surcharge gare et aéroport

Les dix décideurs en lice

1 - Jean-Luc Baras, Eiffage

2 - Jacques Bazet, Nature & Découvertes

3 - Jean Bouverot, ministère de la Défense

4 - Claire Dacier, Air Liquide

5 - Gaël Duyck, PricewaterhouseCoopers

6 - Véronique Leterrier, Marithé et François Girbaud

7 - Géraldine Olivier, Canal +

8 - Fabrice Picardi, Nexans

9 - Philippe Poullain, Ville de Lyon

10 - Jean-Christophe Quémard, psa Peugeot Citroën

Règlement de l'Election du Décideur Achats de l'année 2010

Article 1

Contexte

Décision Achats organise un jeu-concours lié à «l'Election du Décideur Achats de l'année».

Article 2

Principe

Le principe du concours est d'élire, parmi dix décideurs achats sélectionnés par la rédaction, les trois dont l'action, l'innovation et la réussite font figure d'exemple.

Article 3

Durée

Le concours se déroulera du 1er décembre 2009 au 22 février 2010, date limite de réception des bulletins de vote, le cachet de La Poste faisant foi.

Toutefois, si les circonstances l'exigent, Décision Achats se réserve le droit d'interrompre, de modifier, de reporter ou d'annuler cette opération ainsi que les modalités afférentes, sans que sa responsabilité ne puisse être engagée.

Article 4

Modalités de participation

Pour effectuer leur vote, les lecteurs devront utiliser les bulletins de vote figurant dans Décision Achats n°130 daté décembre 2009/janvier 2010. Ils pourront aussi le désigner en ligne depuis le site www.decision-achats.fr/TDA2010. Un seul vote par personne sera admis. Ne peuvent prendre part au vote les collaborateurs des sociétés (mère ou filiale) des personnalités nominées.

Les bulletins devront être retournés avant le 22 février 2010, à :

Editialis - Décision Achats

Election du Décideur Achats de l'année

13, rue Louis Pasteur

92513 Boulogne-Billancourt Cedex

Article 5

Méthodologie

Le classement des trois personnalités se fera de la manière suivante :

- Vote des lecteurs

Les lecteurs pourront voter soit avec le bulletin de vote figurant dans le magazine, soit avec le bulletin de vote en ligne.

- Classement final

Les personnalités se verront attribuer cinq points pour ceux cités en n°1, trois points pour ceux cités en n°2 et un point pour ceux cités en n° 3. Le vainqueur sera celui qui aura obtenu le plus grand nombre de points. En cas d'ex æquo, le vainqueur sera celui qui aura été cité le plus grand nombre de fois en n°1.

Article 6

Remise du prix

Le votant ayant donné le classement final dans l'ordre sera déclaré vainqueur du concours et se verra offrir le prix, au cours de la soirée des «Trophées Décision Achats» qui se tiendra au cours du premier trimestre 2009, à Paris. En cas d'ex æquo, il sera procédé à un tirage au sort.

Article 7

Acceptation

Le fait de participer à la présente opération implique l'acceptation du règlement dans toutes ses conditions et la renonciation à tout recours contre cette opération, ses modalités d'exécution et les organisateurs. Décision Achats se réserve le droit de remplacer le prix par un autre cadeau du même type.