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Vers des incentives responsables

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Recourir à un traiteur bio, opter pour du mobilier éco-conçu... Certains acheteurs donnent désormais une touche verte aux séminaires. Et pour faciliter la mise en oeuvre d'une telle démarche, la filière événementielle n'hésite pas à s'organiser.

@ CANDYBOX IMAGES / FOTOLIA

Et si les événements d'entreprise rimaient désormais avec éco-responsabilité? C'est la question qu'on est en droit de se poser, tant le marché de l'événementiel emploie les grands moyens pour booster les initiatives en matière de séminaires et d'incentives écolo. En témoigne le lancement, en avril 2011, de la version flambant neuve du site Eco-evenements.org, fruit du travail mené depuis près de cinq ans par tous les acteurs du secteur (l'Anaé, l'Association des agences de communication événementielle, sans oublier France Congrès, Synpase, Traiteurs de France... ), dans le cadre du collectif Eco-événement créé en 2006. Véritable condensé de toute l'actualité du marché de l'événementiel en matière de développement durable, cette plateforme propose un panel d'outils pour aider la mise en oeuvre d'événements éco-conçus: éco-guides par fiche métier, agenda des manifestations écoresponsables, glossaire pratique, etc. « Autant d'outils qui permettent aux acheteurs de d é terminer des critères pertinents d'évaluation des offres et ce, en établissant une grille d'analyse adaptée du cahier des charges propre à un bon ajustement du besoin et une identification des ajouts de valeur dans les prestations éco-responsables, explique Sylvie Deschatres, consultante en achats de prestations intellectuelles. La connaissance de tels outils, généralement présentés par rubrique, renforce, face aux directions du marketing et de la communication, la légitimité de l'acheteur », complète cette dernière, qui souligne qu'il est désormais de la responsabilité d'un organisateur d'événements (prescripteur et acheteur) de sensibiliser les participants, fournisseurs, sous-traitants des rangs 1, 2, 3 ... à leurs propres préoccupations de durabilité.

Stéphane Lecca, Publicis Event

« Certaines agences justifient le caractère éco-responsable de leur manifestation par l'ajout de quelques touches écolo. Mais cela nécessite la mise en place d'un plan d'action très structuré.»

Diffuser les valeurs du développement durable

On l'aura compris, cette plateforme unique en son genre atteste largement du caractère stratégique du développement durable pour la filière événementielle. « Loin de dater d'hier, notre engagement en la matière continue à porter ses fruits », se réjouit Sandrine Christon, déléguée générale de l'Anaé, en rappelant que l'événementiel se prête d'autant plus au déploiement de manifestations «vertes» qu'il constitue, par là même, un formidable levier de diffusion en interne comme en externe des valeurs propres au développement durable. Et toutes les occasions semblent désormais se prêter à la mise en place d'opérations événementielles éco-conçues: des conventions fournisseurs aux lancements de produits en grande pompe, sans oublier les séminaires de motivation des équipes. Du moins, à en croire nombre d'agences du secteur, qui constatent toutes une hausse notable de ce type de manifestations. « En effet, une vraie prise de conscience s'opère depuis les dernières années parmi les entreprises, toujours plus nombreuses à solliciter notre offre d'éco-conception», indique Dan-Antoine Blanc-Shapira, fondateur de l'agence Sensation, une des premières agences labellisées Prestadd privilégiant une démarche éco-respectueuse pour tous ses clients, y compris ceux n'en ayant pas fait la demande explicite. « Cette démarche passe par une mise à plat de l'ensemble des postes et process dont le recours à du papier recyclé ou certifié FSC ou PEFC, la dématérialisation, le choix d'imprimeurs labellisés Imprim'vert, l'usage d'ampoules basse consommation, etc., tout en tant transparent pour le client et en ne nuisant en aucune façon à la créativité des concepts ou au budget de l'événement», détaille ce dernier.

Sandrine Christon, Anaé

«Organiser une manifestation «verte» constitue un formidable levier de diffusion de valeurs propres au développement durable. »

Gare au «greenwashing»!

Toutefois, nombre d'agences refusent de considérer le développement durable comme un critère discriminant lors des consultations. A l'instar de Publicis Events qui est loin de ressentir la même «fièvre» verte. «L'éco-conception ne suffit pas à remporter un appel d'offres, loin s'en faut», estime Stéphane Lecca, directeur général de l'agence. Avant d'ajouter: «Malgré l'investissement sincère de certaines d'agences pour favoriser l'éco-conception de leurs événements, force est de constater que le résultat final s'apparente bien souvent plus à du greenwashing qu'à une démarche globale et approfondie de développement durable. » Et c'est bien là que le bât blesse: la difficulté de distinguer les véritables événements durables de ceux qui n'en portent que le nom. «Certaines agences justifient le caractère éco-responsable de leur manifestation par l'ajout çà et là de quelques touches écolo comme l'achat de vin bio ou la dématérialisation des cartons d'invitation, regrette le patron de l'agence Publicis Events. Pourtant, un tel événement nécessite en amont la mise en place d'un plan d'action bien plus structuré. » Et qui suppose notamment l'étude de tous les paramètres nécessaires au montage d'une telle opération, de l'affichage, à la consommation énergétique sans oublier la gestion des déchets. Un parcours du combattant qui peut vite tourner au casse-tête. Aussi, pour optimiser cette tâche, le site Eco-evenements.org met gratuitement à disposition des clients comme des fournisseurs des outils d'autodiagnostic environnemental. De quoi aider, peut-être, à refonder le métier de A à Z, bien au-delà du simple bilan carbone ou des démarches de compensation des émissions de CO2.

David Fenouil, acheteur communication, SNCF

David Fenouil, acheteur communication, SNCF

Témoignage. «Nous passons au crible la politique développement durable de nos agences»

Mobilier recyclable, moquettes réutilisables, gestion optimisée des déchets, autant d'initiatives en faveur de l'environnement qui donnent le ton des opérations événementielles organisées par la SNCF. Exemple probant: «Lors de notre convention achats organisée en novembre dernier, nous avons privilégié les services d'un traiteur bio et le recours à des entreprises d'insertion pour la fabrication de nos goodies», confie David Fenouil, acheteur communication au sein du groupe.
Une stratégie qui s'inscrit dans une politique plus globale d'optimisation de la famille événementielle via la signature d'accords-cadres intégrant des critères RSE. «Plus encore, lors du renouvellement du dernier contrat-cadre, nous avons décidé de passer au crible la politique «développement durable» globale de nos agences: mise en place d'indicateurs mesurant leur impact sur l 'environnement, existence d'un système de management intégré, prise en compte des fournisseurs de rang 1 dans la définition de ladite politique, etc. », détaille David Fenouil.
Un moyen pour la SNCF de distinguer les vrais prestataires écolo des «adeptes» du greenwashing. «D'ailleurs, parmi les 100 candidats à l'appel d'offres, nombre d'entre eux ont récolté une note mitigée», confie l'acheteur en rappelant que le volet «coût» constituait un point tout aussi primordial de l'évaluation. «Si, au départ, nous appréhendions de payer plus cher de tels services, désormais, les agences se sont mises au diapason de nos exigences en proposant des prestations plus compétitives. »


SNCF


ACTIVITE
Transport ferroviaire


CHIFFRE D'AFFAIRES 2011
32 645 milliards d'euros


VOLUME ACHATS 2011
12 035 milliards d'euros


EFFECTIF
245 090 salariés


EFFECTIF ACHATS
1 138 collaborateurs