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Vendre et acheter des fournitures d'occasion

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Acheter et revendre des fournitures «réformées», c'est-à-dire d'occasion, constitue un levier facile pour limiter ses dépenses et tirer profit de son matériel inutilisé. Ce mode de consommation, répandu chez les particuliers, se diffuse désormais dans certaines collectivités.

@ Fabien A PFFEL /fotolia

Pour réduire leur facture en matière de fournitures ou tirer bénéfice de leur matériel inutilisé, certaines collectivités ont opté pour l'achat ou la vente aux enchères de matériel d'occasion le plus divers (chaises, bureaux, matériel de restauration, tondeuses, projecteurs de cinéma, lampadaires, ordinateurs, marbrerie funéraire, voitures des services municipaux...), appelé "fournitures réformées". L'émergence de ce marché prometteur doit beaucoup à l'évolution du regard des collectivités sur la notion de retour sur investissement, auparavant peu associée à la fin de vie des produits. Outre le bénéfice économique, cette opération profite également à l'environnement puisque, in fine, moins de déchets sont générés.

Plateforme d'échanges spécialisée

La ville de Lyon a été pionnière en la matière. Dès 2005, la capitale des Gaules a créé une filière de vente de matériel d'occasion (projecteurs, tondeuses...), confiant la gestion de son site internet à une société spécialisée (www.agorastore.fr). En deux ans, la ville avait récupéré près de 100 000 euros ! Aujourd'hui, AgoraStore est devenue une plateforme d'échanges spécialisée dans la vente de fournitures réformées aux collectivités par le biais d'enchères. Elle met à disposition un site dédié à chaque collectivité qui en fait la demande, à l'image de la ville de Meudon, qui a créé son espace fin 2008 pour revendre notamment du matériel de restauration collective et même un bus. Pour adhérer au site, les collectivités s'acquittent d'un forfait correspondant à la mise en place du site et à l'assistance nécessaire, et d'un autre forfait correspondant au montant des produits vendus. La mise aux enchères de base correspond à 10 % de la valeur des produits concernés, quelle que soit la qualité du bien. Les transactions présentent donc un intérêt économique pour l'acheteur comme pour le revendeur.

De son côté, la communauté urbaine du Mans a décidé de "déstocker" ses fournitures ou son matériel inutiles en créant un site d'enchères l'an dernier. C'est une société spécialisée (Webenchères), sélectionnée après une consultation, qui a créé et animé ce site, se rémunérant uniquement via une commission sur les ventes. Preuve que cette pratique entre progressivement dans les moeurs.

L'expert

David Moore est directeur du pôle public au sein de Factea Sourcing, un cabinet de conseil en stratégie et en amélioration de la performance, spécialisé notamment dans l'optimisation des achats des entreprises et des collectivités territoriales.

Les clés

- Le réemploi des fournitures réformées est une bonne solution au problème de La gestion et du traitement des déchets - La transformation des biens jugés obsolètes en ressource via une plateforme de marché est profitable pour l'ensemble des parties - Le coût de la mise en place d'un site d'enchères pour vendre ses fournitures est modeste et les prestataires se rémunèrent tout ou partie par une commission sur les ventes réalisées.

Par David Moore, du cabinet Factea Sourcing

Mot clés : Vente |

David Moore