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Une rentrée placée sous le signe de l'ultrabook

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Aussi puissants que leurs aînés mais plus affinés, les ordinateurs portables de cette rentrée devraient séduire les acheteurs désireux de renouveler leurs parcs informatiques. Petit tour d'horizon de ce nouveau segment de terminaux mobiles, poids plume.

Ultramince, ultraléger, offrant des performances dignes de celle d'un ordinateur de bureau, le PC portable de la rentrée 2011 fait figure de poids plume. Poussés par les géants du processeur Intel et AMD, les constructeurs informatiques partent à l'assaut du segment de l'ultraportable, largement détenu par Apple depuis la sortie du du MacBook Air (en 2008). En témoignent les nouveautés présentées au 51e salon IFA à Berlin. Que ce soit le Portégé Z3830 de Toshiba l'Aspire S3 d'Acer ou encore l'Inspiron 14z signé Dell, tous ces ultrabooks présentent des dimensions affinées et standardisées. Un écran de 13,3 pouces, une épaisseur de moins de 2 cm, un poids inférieur à un 1,5 kg et des composants matériels de dernière génération comme les processeurs Intel i3 à i7 ou encore des cartes SSD en remplacement des disques durs lourds constituent désormais les caractéristiques techniques des portables dernier cri. Mais reste à savoir si le jeu en vaut la chandelle. En effet, le segment des ordinateurs portables opère une belle croissance en France. Selon les résultats de la dernière étude Gartner, le marché hexagonal du PC professionnel fait état d'une progression de 9 % au deuxième semestre 2011 en glissement annuel, soutenue par les ventes de PC mobiles professionnels qui ont augmenté 19 % sur cette même période. Par conséquent est-il vraiment opportun de s'engouffrer sur la niche des ultraportables?

Un coût encore trop élevé

En théorie, l'ultraportable pourrait trouver rapidement preneur dans les entreprises, d'autant plus que les fabricants informatiques ont bien l'intention d'inonder le marché avec ces nouveaux modèles ultralégers. Argument plus tangible - et moins subjectif - le dernier cycle de renouvellement des parcs informatiques pour la majorité des entreprises remonte déjà à 2007, d'après les analystes de IDC et Gartner. Sachant que la durée de vie moyenne d'un PC portable varie entre trois à quatre ans, les entreprises devraient achever le renouvellement de leur parc de PC, y compris les PC portables cette année. Reste que le segment des ultraportables est encore bien récent: son émergence ne date que de deux ans. « Or les entreprises sont très attentives à la maturité des matériels car les incertitudes économiques dont elles souffrent depuis 2008 les obligent à conserver longtemps leur parc informatique. Elles pourraient alors douter de la crédibilité et de la fiabilité de ce segment de portables», explique Simon Philibert de Pierre Audouin Consultant. Autre entrave à l'achat de ces PC mobiles: le prix. Ce critère constitue un facteur essentiel dans le coût du renouvellement d'un parc de PC. « Cette nouvelle génération de portables ultraminces qualifiée d'ultrabooks par les fabricants, a vu son prix divisé par trois, explique Bruno Lakehal, analyste chez Gartner, passant de 2 500 euros HT à 800 euros HT pour un modèle d'entrée de gamme. Mais à ce prix, il s'avère encore trop important comparé aux autres PC portables standard dont la valeur d'achat ne dépasse pas les 600 euros. » Rien n'est donc encore gagné.

Simon Philibert, Pierre Audouin Consultant

« Les incertitudes économiques dont souffrent les sociétés depuis 2008 les obligent à conserver longtemps leur parc informatique. »

Un outil réservé aux top managers

Le recours à un ultraportable ne s'avère donc légitime que pour une cible de clients internes bien délimitée. « Il ne s'agit pas de renouveler la totalité de son parc de PC mobiles au profit d'ultraportables, estime Simon Philibert. Si, d'après mes observations, les terminaux mobiles représentent entre un tiers et un dixième des parcs informatiques français, c'est avant tout l'usage de l'utilisateur qui définit le besoin d'un modèle spécifique. » Certes, la frontière de plus en plus mince entre vie privée et vie professionnelle conduit certains collaborateurs à recourir sans cesse à leur outil de travail. Selon l'enquête réaliséeEnquête publiée le 27 juillet 2011 et réalisée auprès de 5 069 collaborateurs européens, notamment en France, en Angleterre, en Allemagne et en Espagne inscrits sur le site du cabinet de recrutement Experteer. par le cabinet de recrutement Experteer, 37 % des répondants déclarent emporter leur ordinateur portable de bureau pendant leurs vacances. 48 % des sondés souhaitent même être prévenus de ce qui se passe dans leur entreprise pendant leur absence. « Mais il faut reconnaître qu'au prix de vente actuel, les ultraportables devraient rester la chasse gardée du haut management de l'entreprise, nuance Bruno Lakehal. La démocratisation de ces modèles n'est pas pour demain. Sans oublier la multiplication des outils de navigation sur internet comme le smartphone et la tablette qui permettent de rester connecté à l'entreprise. »

Un produit d'appel vers la tablette

Si certains acheteurs craignent que l'ultraportable ne soit qu'un produit d'appel inutile, bousculé par l'arrivée tonitruante de la tablette et la virtualisation des systèmes d'exploitation sur ces devices, qu'ils se rassurent. Il faudra encore attendre quelque temps avant de voir ce nouvel outil mobile imposé aux collaborateurs nomades. Son usage reste encore mal maîtrisé, réservé à des secteurs d'activités extrêmement ciblés comme celui de la santé ou bien encore des industries lourdes, voir limité à des applications encore trop axées sur les besoins du grand public. En attendant, l'ultraportable peut se révéler pertinent pour les clients internes déjà bien familiarisés avec le PC portable mais à la recherche d'un produit poids plume. Parce qu'il ne s'agit ni plus ni moins que d'un portable...