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Ugap Expo: la massification des achats en débat

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Regrouper ses achats est-il la seule solution pour réaliser des économies? Les acheteurs publics, invités à débattre lors de la première édition à Paris du salon Ugap Expo, le 22 septembre dernier, répondent par la négative.

@ ABACA PRESS / CAROLINE DOUTRE

«Pour réaliser des économies, la massification des achats est la première idée à laquelle on pense. Ce levier, qui n'est pas sans risque, n'est pourtant pas le seul », déclarait Valérie Terrisse, la directrice achats de l'Ugap, le 22 septembre dernier lors de la conférence inaugurale du salon Ugap Expo, portant sur les gains à l'achat dans les organisations publiques. Ses mots se voulaient rassurants, alors que de nombreux fournisseurs fustigent à l'heure actuelle les stratégies, basées sur la massification des achats, de certaines structures publiques. « Comprendre les besoins des prescripteurs et la réalité des marchés fournisseurs, utiliser au mieux les procédures comme les accords-cadres qui permettent d'affiner sa demande, analyser les comportements d'achats parfois saisonniers (etc.), sont d'autres leviers efficaces pour réaliser des économies », poursuit la directrice achats.

Gérard Gibot, le directeur adjoint au secrétaire général pour l'administration du ministère de la Défense, fait le même type d'analyse. « Il ne faut pas oublier que la recherche de gains ne doit pas se faire au détriment de la qualité. Dès lors, si vous voulez réaliser des économies, il est préférable de travailler sur le besoin », indique-t-il. Et de prendre pour exemple l'achat de fournitures de bureau, le ministère de la Défense ayant réalisé plus de 30 % d'économies sur ce segment. « Les différents pouvoirs adjudicateurs du ministère ont travaillé en commun sur la constitution d'un catalogue de fournitures référencées, reprend Gérard Gibot. C'est pourquoi, plutôt que d'utiliser le terme de massification, je préfère parler de mutualisation intelligente qui nous a permis, par exemple, d'améliorer la qualité des livraisons. » Invité à prendre part au débat, Christian Pierret, le maire de Saint- Diédes-Vosges, s'est montré quant à lui très pragmatique. « Sans recourir à une centrale d'achat publique telle que l'Ugap, une commune comme la nôtre peut difficilement massifier des achats et réaliser des économies », rappelle-t-il. Dès lors, sa priorité est de « répondre aux besoins, à budget constant et ce malgré l'inflation, en achetant des produits ou des services de qualité, et surtout en respectant les délais demandés ».

Les PME ne sont pas nécessairement exclues

Représentant des fournisseurs lors de cette table ronde, Bernard Cambier, directeur commercial France de Renault, ne s'est, de son côté, pas déclaré opposé aux stratégies de massification des donneurs d'ordres: « En s' engageant sur un certain volume, cela permet à un fournisseur de prendre des parts de marché et de planifer sa production au plus près des besoins exprimés par son client », estime-t-il.

Les PME seraient-elles alors les seules victimes de ces politiques? Ce n'est pas l'avis de Valérie Terrisse (Ugap), qui rappelle que les petites entreprises représentent 70 % des fournisseurs référencés par la centrale d'achat public. Même chose pour la Défense où la moitié des actes d'achats sont passés auprès de PME, même si ces dernières ne représentent que 10 % du volume d'achats du ministère. « Les petites entreprises sont également capables de répondre à des besoins très spécifiques et ne sont donc nullement exclues des marchés publics », conclut Gérard Gibot.

Valérie Terrisse, Ugap

«La massification des achats n'est pas le seul levier pour réaliser des économies.»

Mot clés : économie |

Sébastien de Boisfleury