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Tableaux interactifs: véritables outils ou simples gadgets?

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Beaucoup de grandes entreprises utilisent désormais dans leurs salles de réunions des équipements high-tech. Dernier exemple en date: des tableaux interactifs permettant de récupérer ce qui est écrit lors des réunions.

Pour un équipement standard, il faut compter 1500 euros HT. Quant aux modèles haut de gamme, leur prix avoisine les 2 500 euros HT.

@ SMART

Pour un équipement standard, il faut compter 1500 euros HT. Quant aux modèles haut de gamme, leur prix avoisine les 2 500 euros HT.

Depuis quelques mois, les salles de réunions de la RATP sont progressivement équipées de tableaux d'un genre nouveau, reléguant au placard les bons vieux paperboards. Leur principale originalité: tout ce qui est écrit est capté, puis enregistré sous forme d'image sur un ordinateur, ce qui permet ensuite aux participants de récupérer ces informations. «L'utilisation de ce type de tableau se révèle particulièrement intéressante lors d'une séance de brainstorming», note Patrice Bernard, gérant de la société Comil, qui est l importateur exclusif des modèles Walk and Talk fabriqués par Polyvision. Grâce à un vidéoprojecteur spécifique, il est également possible de projeter des présentations, de les annoter directement sur la surface du tableau avec un stylet ou bien des feutres avant de les récupérer tels quels. «Tout le monde voit ainsi ce qui a été sur ligné, modifié ou commenté sur le document d'origine», poursuit Patrice Bernard, dont la RATP est aujourd'hui l'un des clients les plus importants, à l'instar de Dassault, Henkel, Mazars ou encore Syngenta.

Tous droits venus des Etats-Unis, ces tableaux dits interactifs se développent de plus en plus dans les entreprises même si, historiquement, ils ont d'abord séduit les établissements scolaires portés sur les nouvelles technologies. «Les entreprises représentent encore un marché de niche par rapport à l'éducation, reconnaît Patrice Bernard. Mais le potentiel est important.» Les principaux fabricants du marché (Polyvision, Hitachi, Interwrite Learning, Mimio, Promethean, Smart, Wilkhahn, etc.) visent également les organismes de formation, ainsi que les hôtels souhaitant proposer des salles de réunion high-tech pour leur clientèle affaires. «Ces tableaux apportent un service supplémentaire aux entreprises lors de l'organisation d'un séminaire interne», indique Patrick Lelorieux, p-dg de Smart Europe.

Patrick Lelorieux, Smart Europe

«Tous les échanges entre les participants peuvent être récupérés et réutilisés une fois la réunion terminée.»

zoom

Les différentes technologies utilisées


Les tableaux interactifs peuvent être classés en plusieurs familles selon la technologie utilisée.
- Les surfaces tactiles. La plupart des tableaux commercialisés en France possèdent une surface tactile. Le principe: tout appui sur cette surface est détecté, puis numérisé. Ainsi, il est possible d'utiliser un simple feutre effaçable à sec - comme pour les tableaux blancs traditionnels - mais aussi un stylet voire la main, ce qui oblige les utilisateurs à rester vigilants et, par exemple, à ne pas s'appuyer sur le tableau. Bien que tactile, la surface de ces tableaux est solide: elle ne craint pas les chocs.
- Les surfaces électromagnétiques. Le tableau est doté d'un détecteur électromagnétique. L'utilisation d'un stylet spécifique est alors obligatoire. Et mieux vaut prévoir des stylets de remplacement en cas de perte ou de vol. Dans le cas contraire, le tableau devient inutilisable. Le principal avantage de cette technologie est son extrême précision. En revanche, les surfaces électromagnétiques sont réputées fragiles.
- Les surfaces optiques. Ces tableaux reposent sur diverses technologies (laser, infrarouge, etc.). Certains modèles reposent, de leur côté, sur l'utilisation d'une caméra. Selon les professionnels, la précision des surfaces optiques est très aléatoire. A noter que la technologie infrarouge nécessite l'utilisation d'un stylet spécifique. D'autres modèles permettent de détecter les appuis d'un feutre, voire de la main.
- Les surfaces à ondes. Deux technologies sont utilisées: l'onde radio et les ultrasons. Dans ce dernier cas, il est nécessaire de disposer d'un stylet spécifique dont la précision est réputée inférieure aux autres technologies. Le principal avantage de ces équipements est leur faible encombrement. En effet, un simple boîtier est fixé sur le dessus du tableau, ce qui permet un déplacement facile d'une salle de réunion à une autre. Dans les établissements scolaires, l'utilisation de cette technologie basée sur les ondes suscite une petite polémique.

La facilité d'utilisation, un critère essentiel

Ce genre d'outil entend faciliter la vie des cadres. «Avec un tableau interactif, il n'est presque plus nécessaire de prendre des notes», avance Thierry Cossavella, gérant de la société Athéna Global Services qui distribue les tableaux de la marque Mimio. Les utilisateurs peuvent également se déplacer librement lors d'une réunion et ne risquent pas de porter leur ombre en passant devant le vidéoprojecteur qui, dans le cadre d'un tableau interactif, est plus ou moins collé au mur en fonction de la technologie utilisée (lire l'encadré zoom ci-contre). De même, ils ne sont pas éblouis par la lampe du vidéoprojecteur au moment de prendre la parole devant l'assistance. Enfin, grâce à la numérisation, il est possible d'imprimer ultérieurement ce qui est écrit sur le tableau et ce, sur une simple feuille A4. Certains modèles sont d'ailleurs directement équipés d'une imprimante, même s'ils ont tendance à disparaître dans les catalogues des distributeurs. Seule difficulté: maîtriser le logiciel traitant les données enregistrées sur l'ordinateur, par exemple si un utilisateur souhaite extraire dans un compte rendu un graphique dessiné à la main sur le tableau. L'interfaçage avec un logiciel de reconnaissance de caractères, pour déchiffrer l'écriture manuscrite, peut également compliquer la tâche.

Thierry Cossavella, Athéna Global Services

«Avec un tableau interactif, il n'est presque plus nécessaire de prendre des notes.»

Un investissement conséquent

La facilité d utilisation est donc un critère d achat essentiel. «Les collaborateurs d'une entreprise, mais également les visiteurs, doivent être capables de prendre immédiatement en main ce type d'équipement», souligne Patrick Lelorieux (Smart Europe). Ainsi, il est préférable qu'un tableau interactif puisse être utilisé avec les feutres effaçables à sec, traditionnellement employés sur les tableaux blancs classiques. Or, certains équipements nécessitent l'utilisation d'un stylet spécifique.

Reste que, quel que soit le type de modèle choisi, l'investissement est considérable. Pour un équipement standard, il faut compter 1 500 euros HT et le prix des modèles haut de gamme avoisine les 2 500 euros HT. Si certains tableaux sont fixés au mur, d'autres modèles peuvent être déplacés d'une salle de réunion à une autre. Dans ce cas, il faut s'équiper d'un piétement, généralement vendu en option, à partir de 300 euros HT. En outre, il faut compter 15 euros HT pour un stylet. A titre de comparaison, le chevalet d'un paperboard coûte 50 euros HT et les recharges papier moins de 10 euros HT. Toutefois, la plupart des tableaux interactifs sont garantis cinq ans, ce qui est notoire par rapport aux technologies utilisées et à la relative fragilité de ces équipements bureautiques. n