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Se faire évaluer par ses propres fournisseurs

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Les acheteurs ont pris l'habitude de «noter» leurs fournisseurs. En revanche, les acheteurs qui demandent à leurs fournisseurs de les évaluer, c'est plus rare. Et pourtant, cette pratique permet de recueillir des informations pertinentes pour améliorer la relation avec les prestataires... A condition de tenir compte du résultat.

@ Digital Vision/Getty images

La théorie

 

A l'instar des évaluations professionnelles où l'on demande aux chefs de service de porter un oeil critique sur leurs collaborateurs, certaines directions générales s'intéressent à la nature des relations entre les différents services de l'entreprise et leurs interlocuteurs. Une pratique encore peu répandue dans l'univers des achats, alors que les acheteurs sont les premiers à évaluer la performance de leurs fournisseurs. Dans la pratique pourtant, les résultats se révèlent souvent très utiles.

L'évaluation du service achats par les fournisseurs de l'entreprise porte un nom de code: «le 180». Celui-ci se déroule généralement une fois par an. Comme il est quasiment impossible de sonder tous les prestataires de l'entreprise, une sélection s'impose. L'erreur est de ne s'intéresser qu'aux fournisseurs stratégiques, ceux de la classe «A». Le service achats aura tout intérêt à faire participer les prestataires de la classe «B» et de la classe «C», en particulier ceux avec lesquels les transactions sont nombreuses. Par ailleurs, il est préférable que l'évaluation reste anonyme. Les fournisseurs se sentiront plus rassurés et leurs réponses n'en seront que plus pertinentes. Pour ce faire, l'entreprise peut recourir à un prestataire extérieur. Au final, et cela se confirme souvent, cette pratique renforce les partenariats existants et la confiance qu'ont les fournisseurs en leurs clients.

La pratique

 

Il n'existe pas de questionnaire type. Les premières questions peuvent porter sur des généralités autour de l'image de l'entreprise. Un autre volet de questions s'intéressera à la qualité de la relation entre les services achats, approvisionnements ou comptabilité, et les fournisseurs. Mais les questions les plus pertinentes porteront sur l'avenir. Il est important de voir comment les fournisseurs perçoivent leur client dans les 2, 5, 10 années avenir.

Par exemple, dans ce grand groupe français, les relations entre les fournisseurs et les acheteurs étaient qualifiées de tendues. Pour débloquer la situation et contre toute attente, la direction générale a décidé d'interroger les prestataires. En deux jours, un questionnaire en ligne a donc été élaboré sur Internet. Les fournisseurs ont été avertis par courrier, puis relancés par téléphone et par mail. Le taux de réponses a été de 90% et les enseignements très pertinents. L'entreprise s'est ainsi rendu compte qu'un certain nombre de pratiques posaient de sérieux problèmes aux fournisseurs, ce qu'elle n'imaginait pas. Difficultés relationnelles avec les comptables, extrême variabilité des prévisions de commande, absence de vision à long terme, etc. ont été mises sur le tapis. L'organisation d'une grande manifestation, qui réunissait acheteurs et fournisseurs, a permis au directeur général et au directeur achats de présenter un plan d'actions. Les relations avec les fournisseurs en ont été grandement améliorées.

En collaboration avec Xavier Robaux, du cabinet Erics Associés Erics Associés intervient comme conseil en achats. Ses 7 consultants réalisent des missions opérationnelles, des actions de formation ou des missions de conseil en organisation des achats et systèmes associés. Erics Associés réalise aussi des recrutements d'acheteurs. .

Les points-clés

L'erreur est de ne s'intéresser qu'aux fournisseurs stratégiques, ceux de la classe «A».


Le questionnaire doit rester anonyme, les réponses n'en seront que plus pertinentes.


Les questions sur l'avenir de l'entreprise vu par les fournisseurs apportent souvent les réponses les plus intéressantes.

Mot clés :

Xavier Robaux