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STEPHANE LEMAIRE, COFONDATEUR DE L'AGENCE 3EME ACTE « Le handicap n'exclut pas la performance »

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La société 3ème Acte est une agence de communication reconnue entreprise adaptée. Entretien avec Stéphane Lemaire, un des fondateurs de cette société atypique dans le paysage des agences de communication.

Qui est 3ème Acte?

Stéphane Lemaire: 3ème Acte est une agence de communication reconnue entreprise adaptée. Elle est née de la volonté de ses deux associés fondateurs, André Mercier et moi-même. Nous avons décidé d'en modifier les paramètres pour en faire la première agence de communication offrant aux personnes en situation de handicap une chance, ou une seconde chance, professionnelle. Cette démarche repose sur la conviction que performances d'entreprise, démarche sociale et handicap peuvent se combiner pour produire un vrai gain qualitatif.

Stéphane Lemaire, 3ème Acte

« En intégrant le statut d'entreprise adaptée dans l'univers de la communication, nous nous sommes trouvés confrontés à de nombreux a priori. »

Quels obstacles se dressent devant les entreprises comme la vôtre (référencement, politique achats durables à la traîne, etc.) et peuvent ralentir sa croissance?

En intégrant le statut d'entreprise adaptée dans une nouvelle dimension métier, celle de la communication, nous nous trouvons confrontés aux a priori classiques liés à la perception du «handicap». Un présupposé de moindre qualité ou de spécialisation sur des sujets uniquement liés à l'univers du handicap. Ce sont des préjugés collectifs inconscients, qui amènent les observateurs à assimiler toute action professionnelle menée avec une entreprise adaptée à une action d'aide ou d'entraide.

La notion de business, de marge et de profit en lien avec une personne handicapée semble dénuée de sens, alors qu'une personne handicapée aime autant dépenser que n'importe quelle autre!

L'idée que les choses sont faites «à peu près» est également stigmatisante. Une personne handicapée qui travaille est souvent associée à la pénibilité ou à l'imperfection d'une tâche. Il est parfois difficile pour nos clients d'imaginer qu'une entreprise adaptée, comme la nôtre, puisse proposer des offres et des services performants dépassant leurs propres seuils de compétences... Il nous reste encore un long mais passionnant travail à accomplir!

Pouvez-vous nous parler d'un contrat récemment décroché auprès d'un grand compte?

Un grand groupe producteur et distributeur d'énergie était confronté à un problème de sécurité et de prévention des risques. Nous avons créé un concept permettant à ce client de diffuser son message auprès de ses salariés sous une forme non conventionnelle. Il nous a demandé de concevoir un objet pérenne pour communiquer sur un sujet sensible et nous avons conçu un produit éphémère, décalé, accompagné d'un dispositif de distribution. L'objet était porteur d'un message positif et totalement adapté à la cible à qui il était destiné. Résultat: un objectif atteint à 100 %! Dans un dossier de ce type, 3ème Acte est intervenue sur l'ensemble du programme, de la conception à l'installation du dispositif sur site du dispositif.

Quelle vision avez-vous des acheteurs? L'accès aux marchés publics est-il plus aisé?

Ces dernières années, nous avons effectivement vu les entreprises se structurer autour de leurs services achats. Un bien ou un mal? Oui et non. Ce qui est certain, c'est qu'un marché ne répondant qu'à une logique «d'acheteur» pure amène souvent un appauvrissement: les capacités de réponse et d'adaptation aux contraintes du terrain opérationnel, à l'instant où se «joue» le projet, deviennent alors très difficiles à envisager, voire quasiment impossibles... Il semble aujourd'hui un peu plus facile d'entrer en relation avec les services achats d'organisations publiques, mais, en fin de consultation, la contractualisation n'est pas plus évidente d'un secteur à l'autre.

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Emmanuelle Serrano