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Renault optimise son budget événementiel

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Pour mieux rationaliser ses dépenses événementielles, Renault a employé les grands moyens. Son objectif: mieux encadrer ses agences partenaires en s'immisçant davantage dans le processus de sélection de leurs propres sous-traitants. Décryptage.

 

Pascal Kempf, groupe Renault

«Notre intervention est aujourd'hui relativement bien acceptée, dès lors qu'elle est intégrée en amont du projet. »

Au-delà des salons, des essais voitures pour la presse et des incentives pour récompenser ses forces de ventes, l'autre axe de communication événementielle de Renault s'appuie sur les conventions. « Nous organisons chaque année une multitude d'événements de toutes tailles pour nos clients internes», explique Pascal Kempf, responsable des achats événementiel sau sein du groupe. Une part non négligeable dans les dépenses de communication, que le constructeur a pu optimiser via la mise en place, l'année dernière, de nouveaux process achats. Ainsi, pour l'organisation de certaines conventions, si le groupe privilégie traditionnellement les mises en concurrence ponctuelles, il veille également à mieux encadrer ses prestataires lors du montage des opérations. Exemple probant: « Alors que les agences avaient auparavant les mains libres pour sélectionner leurs propres sous-traitants, tels que les traiteurs, les éclairagistes, etc., elles doivent désormais intégrer dans leurs appels d'offres des prestataires référencés par nos services », indique Pascal Kempf. Des sous-traitants spécialisés dans la production, qui collaborent déjà avec Renault, mais dans le cadre d'autres prestations, comme le montage de ses stands pour les salons. « Toutefois, la crise économique a réduit notre présence sur ce type de manifestations, rappelle le responsable achats événementiels du groupe. Aussi, pour proposer à nos sous-traitants d'autres opportunités de business, nous leur ofrons la possibilité d'intégrer les appels d'ofres réalisés par l'agence pour organiser nos conventions. » Ces derniers sont pilotés de A à Z par l'agence du constructeur (qui ne souhaite pas la nommer, NDLR). « Nous n'intervenons absolument pas dans la sélection du prestataire final. Une seule logique prévaut: que le meilleur gagne! », insiste Pascal Kempf.

Un seul objectif: acheter au bon prix

Toutefois, Renault n'hésite pas à «imposer» certains de ses sous-traitants, dans le cadre de prestations spécifiques comme l'audio/vidéo. « Dans ce cas, nous prenons en charge la totalité du processus de sourcing L'objectif étant de signer des contrats-cadres avec les fournisseurs sélectionnés, afin de mieux négocier les tarif avec eux. Une manière de réduire la marge sur prestation de notre agence lors de la tarification de ces frais techniques. » Le constructeur se veut plus directif, mais il laisse à son agence la tâche de manager ces sous-traitants tout au long de l'exécution du contrat. « Un travail pour lequel elle est rémunérée à sa juste valeur, car l'objectif n'est pas de nous priver de l'ensemble de son expertise en matière d'organisation d'événements, mais bien de contrôler certaines dépenses », souligne Pascal Kempf.

Une maîtrise efficace des dépenses événementielles, qui atteste de la maturité des achats de Renault sur ce type de familles. « Notre intervention est aujourd'hui relativement bien acceptée, dès lors qu'elle est intégrée en amont du projet », analyse le responsable achats. Toutes ces initiatives sont le fruit d'un travail mené en partenariat entre le responsable achats et le client interne. « Nous avons su bâtir ensemble un dialogue constant et fructueux, s'enthousiasme Pascal Kempf. Et ce dans un seul objectif: acheter au bon prix, et pas seulement à moindre coût. »