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Quels labels verts pour quels produits?

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Les fournitures constituent souvent une première étape de mise en place d'une politique d'achats durables dans les entreprises. L'offre produits écolos est encore incomplète, mais elle s'étoffe au travers de catalogues «Verts» lancés depuis l'an dernier. A charge pour les acheteurs de se repérer entre les labels, dont deux seulement sont officiels.

Le code des marchés publics de 2006 a innové en imposant la prise en compte de critères de développement durable lors de la détermination des besoins (article 5). Afin de faciliter la passation des marchés, les éco-labels officiels sont cités comme des outils de référence pour sélectionner des biens ou services durables (article 6). Les éco-labels respectent ainsi des critères préétablis d'usage et de qualité écologique, qui tiennent compte du cycle de vie et de l'impact environnemental des produits. Ils sont établis par les pouvoirs publics, en concertation avec les parties intéressées telles que les distributeurs et industriels, les associations de consommateurs et de protection de l'environnement. Ces éco-labels officiels sont au nombre de deux: l'éco-label français (NF-Environnement) et l'éco-label européen, tous deux délivrés par Afnor Certification. Une foule d'autres labels existent néanmoins, que les acheteurs rencontreront dans leur sourcing produits (voir le tableau ci-contre).

La problématique posée par les labels - trop nombreux ou absents, officiels ou non - se retrouve notamment dans les fournitures de bureau, qui sont l'une des familles où l'intégration des critères de développement durable semble la plus simple. «Ces dépenses sont communes à toutes les collectivités et entreprises. Il est donc possible d'identifier les meilleures pratiques en matière de développement durable. Déplus, la masse d'achats est souvent suffisamment importante pour créer un effet de volume vis-à-vis des fournisseurs», explique Guy Courtois, directeur du cabinet de conseil en achats durables Factea Durable. Toutefois, dans la pratique, la prise en compte de critères écologiques rencontre plusieurs écueils. Par exemple, pour l'achat de papier, les labels de développement durable sont légion et recouvrent des réalités différentes. A contrario, pour les produits d'écriture et de correction (stylos, marqueurs, ruban adhésif...), il n'existe pas de labels globaux. Chaque fabricant développe donc ses propres gammes de produits dits durables, conçus à partir de matériaux recyclés, disponibles en modèle rechargeable, n'intégrant pas, ou peu, de PVC, etc. Pour remédier à ce problème, l'Association des industriels de la papeterie et du bureau (AIPB), principal syndicat professionnel du secteur, s'est rapproché de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise d'énergie (Ademe) il y a quelques mois pour plancher sur le sujet. Mais leur concertation n'a pas encore abouti. Pour compliquer le tout, la notion de label se mêle parfois aux indications - fournies par les industriels - touchant au mode de production des fournitures ou à des aspects purement pratiques (biodégradable, rechargeable, etc.).

Guy Courtois, Factea Durable

«L'achat de fournitures vertes est une pratique commune à beaucoup de collectivités.»

Des catalogues de fournitures vertes

De leur côté, les fournituristes attaquent de front le marché, en bâtissant des offres commerciales «vertes». Seule limite: certains segments, comme les produits d'écriture ou les produits de rangement, sont pauvres en références. Depuis l'an dernier, Office Depot propose ainsi le «Livre vert du bureau», un catalogue de 1000 produits intégrant les aspects de développement durable. «Sur nos 9 000 références, nous avons regroupé dans chaque famille de fournitures celles qui intègrent des éléments de développement durable», explique Jacky Brondin, directeur commercial. Cinq critères, non cumulatifs, ont été pris en compte dans la sélection: les produits verts certifiés, ceux issus de forêts gérées durablement, ceux limitant la production de déchets, ceux réduisant la consommation d'énergie (label Energy Star) et ceux dont la fabrication limite l'utilisation de produits chimiques. «Pour faciliter les achats verts, nous avons décrit les critères de sélection des produits, défini les termes écologiques et accompagné les explications des pictogrammes qui identifient les atouts écologiques», poursuit le responsable. D'abord testé aux Etats-Unis, ce support a rapidement trouvé des débouchés. Il a été lancé en France en octobre 2006. «Nous souhaitons pousser la démarche plus loin, indique Jacky Brondin. Nous prônons la commande électronique et la facture dématérialisée. Le zéro papier est la suite logique d'une démarche de respect de l'environnement.» Dans le secteur public, le paiement électronique par carte d'achat permet déjà par exemple de s'inscrire dans cette démarche.

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Florent MAILLET