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Quand écologie rime avec économie

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La mise en place de la taxe sur les véhicules de société (TVS) en 2006 et du bonus-malus fin 2007 a chamboulé la donne des flottes d'entreprise en mettant en avant le taux d'émission de CO2 des voitures particulières. Les entreprises orientent donc principalement leur choix en fonction de ce critère, même s il n est pas le seul.

En 2006, la TVS, indexée sur les émissions de CO2, est venue rem- placer le critère de la puissance fiscale. à l'époque, il s'agissait d'un premier coup de tonnerre pour les entreprises utilisant des voitures particulières. Bientôt suivi par un deuxième bouleversement: le Grenelle de l'environnement, fin 2007, et la création d'un bonus-malus, lui aussi basé sur les émissions de CO2. Pour le moment, seules les voitures de société deux-places, avec TVA récupérable, et les utilitaires ne sont toujours pas concernés par ces mesures ayant pour objectif de limiter les émissions de gaz à effet de serre.

@ FOTOLIA/LD

La chasse au CO2 est ouverte

Ainsi, les sociétés ont changé leur comportement d'achat et de location par rapport à leur parc auto. Le critère du CO2 est devenu primordial. «Les entreprises possédant de grandes flottes ont été les premières à intégrer la nouvelle donne fiscale, car, avec un parc automobile important, les conséquences financières sont immédiates et notables. Puis, peu à peu, les PME ont, elles aussi, fait évoluer leur comportement d'achat», affirme Xavier Bénard, manager chez le loueur longue durée Aon France. Chez Arval, par exemple, 90% de la flotte louée aux entreprises se situe en dessous des 140 grammes de CO2/km. «En 2006, nous n'affichions qu'un taux de 75%, rappelle Jean-Loup Savigny, directeur commercial du groupe. Notre objectif, aujourd'hui, est d'atteindre rapidement 95%.» Mais pour Jérôme Munck, directeur commercial de Parcours, un loueur indépendant, «la principale évolution réside dans la prise en compte du coût global de détention du véhicule, le désormais fameux TCO, pour Total Cost of Ownership, plutôt que des seules émissions de CO2». En effet, le TCO permet de prendre en considération tous les coûts directs et indirects liés à l'utilisation des voitures. De quoi améliorer ses comptes, mais aussi le bilan carbone de l'entreprise. «Aujourd'hui, le calcul du TCO va jusqu'à intégrer le comportement du conducteur afin de déterminer précisément l'impact environnemental. Pourtant, malgré les incitations fiscales favorables aux véhicules «propres», les voitures diesel restent plébiscitées par les entreprises, qui sont souvent de grosses consommatrices de kilomètres», explique Eric Trelet, directeur commercial d'ALD Automotive, loueur longue durée.

Calculer le coût de détention d'un véhicule

En indexant le calcul de la TVS sur les émissions de CO2, l'administration a fait un premier pas dans le sens de la lutte contre le réchauffement climatique. Le Grenelle de l'environnement, avec la mise en place du système de bonus-malus, a renforcé la prépondérance de cet élément dans les prises de décisions des sociétés. Désormais, le niveau d'émission de CO2 est devenu le principal critère de choix des véhicules dans les entreprises. Toutefois, pour avoir une vision juste du coût de leur parc automobile, ces dernières doivent estimer les dépenses liées à son utilisation, en plus du seul prix d'achat ou de location. Ainsi, entre deux modèles ayant des taux de CO2 proches, il convient de se pencher sur la consommation de carburant, poste important du point de vue budgétaire, mais aussi sur les coûts d'entretien. Enfin, la prise en compte du prix à la revente peut se révéler déterminante. De ce point de vue, il s'agit d'évaluer l'attrait du modèle et de sa marque sur le marché de l'occasion.