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Panneaux de signalisation: des achats bien réfléchis!

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Etat, départements, communes... tous les acteurs publics achètent par millier - ou à l'unité - des panneaux de signalisation. Si, pour optimiser ce budget diverses procédures s'imposent, les acheteurs doivent toutefois respecter certains critères.

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S'il y a bien une catégorie de dépenses qui illustre parfaitement la singularité du métier d'acheteur public, c'est sans aucun doute celle des panneaux de signalisation. Stop, sens interdit, cédez le passage, etc., autant de symboles incontournables du Code de la route, achetés en quantité par les services de commande publique des quatre coins de la France. Ainsi, le seul Lacroix Signalisation - un des acteurs majeurs du marché avec Signature ou encore Signaux Girod - a vendu quelque 600 000 panneaux de signalisation en 2009! Ces produits intéressent aussi bien les communes et les conseils généraux que l'Etat. Ce dernier conserve la gestion des routes principales (20 000 kilomètres de nationales et d'autoroutes non concédées) et les départements prennent à leur charge l'entretien et l'exploitation de pas moins de 380 000 kilomètres d'axes routiers, selon le ministère du Développement durable.

Des contrats au coup par coup

Depuis la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et aux responsabilités locales, la gestion de certaines routes nationales a été transférée aux départements. Résultat: ces derniers achètent de plus en plus de panneaux de signalisation. «Plus de la moitié des marchés que nous signons émanent des conseils généraux qui lancent des appels d'offres couvrant des besoins assez importants. Généralement, ils rédigent des contrats d'un an, reconductibles trois fois», détaille Landry Chiron, responsable marketing et communication de Lacroix Signalisation. Pour Camif Collectivités, distributeur de panneaux de signalisation, les petites communes représentent son plus «gros» client. Et pour cause: responsables d'environ 600000 kilomètres de routes, les municipalités comptent le plus grand nombre d'acheteurs de ce type en France. «Les communes achètent rarement des panneaux en grosse quantité car peu de nouveaux axes routiers, nécessitant d'être balisés de A à Z, sont mis en chantier dans l'Hexagone, explique Sophie Tibaud, chef de produits aménagement extérieur de Camif Collectivités. Elles sont davantage chargées d'entretenir leurs routes communales, en commandant à l'unité pour remplacer les produits tagués ou endommagés. » Ainsi, pour de tels besoins ponctuels, les collectivités locales privilégient généralement l'achat direct. Elles optent alors pour des Mapa, marchés à procédure adaptée, réservés aux volumes d'achats inférieurs à 4 000 euros. «Autrement dit, elles signent des contrats au coup par coup, ce qui leur évite de lancer un véritable appel d'offres», confirme Landry Chiron (Lacroix Signalisation).

Mutualisations en tous genres

Pour optimiser leur budget global, les communes n'hésitent pas à mutualiser leurs dépenses en surfant sur les groupements de commandes. «Depuis trois, quatre ans, on assiste à une véritable montée en puissance de cette pratique via la généralisation des communautés d'agglomération, poursuit Landry Chiron (Lacroix Signalisation). Les communes troquent donc volontiers leurs traditionnels Mapa pour le formalisme des appels d'offres. Avec pour objectif principal de jouer sur l'effet volume et bénéficier de produits moins chers. »

Outre le groupement de commandes, les communes peuvent aussi miser sur une autre solution propre à favoriser la mutualisation des dépenses: s'appuyer sur l'Ugap, la centrale d'achat public, qui propose dans son catalogue des panneaux mobiles de signalisation d'urgence (flèches lumineuses de rabattement, supports à message variable, etc.). «Notre objectif est d'acheter ces produits en gros volumes afin de couvrir les besoins du plus grand nombre de collectivités. En privilégiant nos services, celles-ci bénéficient de remises bien plus intéressantes que si elles achetaient ces produits individuellement», confie Jean-Marc Borne, responsable des achats véhicules au sein de la centrale d'achat. Précisons que l'Ugap ne se positionne toutefois pas sur la vente de panneaux fixes.

Des critères d'achat multiples

Si les acheteurs publics dégainent tous azimuts pour optimiser leurs dépenses, c'est aussi parce qu'ils ne disposent pas d'une bonne visibilité du coût unitaire par panneau. « Certes, les tarifs publics d'un stop ou d'un cédez le passage sont affichés dans notre catalogue. Mais ceux-ci varient selon différents critères», complète Sophie Tibaud (Camif Collectivités). En premier lieu, la taille du symbole. « Conformément aux contraintes législatives actuelles, un panneau rond doit être de 850 mm de diamètre en ville contre 1250 mm sur l'autoroute. Ce paramètre se répercute bien entendu sur le prix final», indique notre interlocutrice. Autre élément non négligeable: le niveau de rétroréflexion des surfaces. « Toujours selon la législation, les panneaux de signalisation doivent disposer d'un film rétroréfléchissant afin d'être (bien) vus la nuit: le coût final variera selon les caractéristiques techniques de ce film», précise Sophie Tibaud. Ainsi, Camif Collectivités vend ses panneaux de stationnement à l'unité de 151 à 242 euros HT, selon le niveau de réfléchissement (tarifs 2010). Dimensions, typographie, niveaux de rétroréflexion, etc., si ces caractéristiques s'avèrent essentielles, c'est parce qu'elles constituent les critères de base de la certification NF du produit. Et en France, seuls les panneaux de ce type peuvent être installés sur la voie publique. «Si une collectivité achète un stop non réglementaire et qu'un accident a lieu à proximité, elle pourra être tenue pour responsable du sinistre», avertit Landry Chiron (Lacroix Signalisation), tout en rappelant que beaucoup de communes françaises sont encore dotées de panneaux dont l'indice de rétroréflexion n'est plus conforme aux exigences légales. « Cela constitue un risque pour les collectivités comme pour les usagers. C'est pourquoi certaines d'entre elles s'engagent désormais dans une démarche d'audits de leurs parcs, tous les deux ou trois ans environ, afin de remplacer les panneaux les plus défectueux», renchérit le responsable de Lacroix Signalisation.

Outre le niveau de rétroréflexion, cette certification garantit également la résistance et la robustesse des produits. Si la majorité des fournisseurs propose des panneaux en acier galvanisé, certains innovent. «Cette année, nous avons lancé des produits en résine de synthèse. Aussi coûteux que les panneaux classiques, ils sont toutefois plus simples à installer, le support pouvant se visser directement sur le poteau, sans rajout d'éléments», témoigne Sophie Tibaud (Camif Collectivités). Au-delà de l'achat du produit, la commune doit aussi prendre en considération son installation, son entretien, etc. Généralement déléguées au fabricant via son réseau de sous-traitants, ces prestations doivent néanmoins susciter la vigilance de la collectivité lors du choix de l'article. Selon les offres, elles seront ou non incluses dans le prix facial du panneau.

Landry Chiron, Lacroix Signalisation

Les communes misent de plus en plus sur les groupements de commandes pour optimiser leur budget panneaux de signalisation. »

Mot clés : produit |

Charles Cohen