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Organiser ses achats d'intérim

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Dans la famille des ressources humaines, l'intérim est l'un des segments que les directions achats cherchent à rationaliser. Des mesures peuvent être effectivement mises en place sans pour autant s'orienter vers la réduction des coûts pure et dure.

Par Alexandra Augé, responsable du développement de Sérénia

Après deux années difficiles, le marché de l'intérim semble montrer quelques signes de reprise. Jusqu'à présent en position de force pour négocier à leur avantage, il ne reste sans doute que quelques mois aux directions achats pour mettre en place des contrats-cadres privilégiés avec les grandes enseignes du secteur. Car pour de nombreuses entreprises, l'intérim est un besoin récurrent, soit pour faire face à une augmentation temporaire d'activité, soit pour remplacer un salarié absent. Son recours est d'ailleurs très encadré par la loi.

Si, historiquement, l'intérim est géré par les directions des ressources humaines, il s'agit d'une famille bien connue des directions achats les plus matures. Pour mener une négociation efficace, il est nécessaire de décomposer les coûts de la prestation proposée par les agences. Les principales marges de négociation concernent des coefficients dits de gestion, de délégation et de recrutement. Ces derniers tiennent compte des coûts liés à la recherche du ou des intérimaires, selon le besoin exprimé par l'entreprise. Concrètement, ces trois coefficients représentent un pourcentage du salaire de base des intérimaires recherchés. Plus cette recherche est spécialisée, plus ils sont élevés (notamment ceux de recrutement). Charge donc à l'acheteur de négocier les meilleurs coefficients possibles en fonction du profil des intérimaires, de la zone géographique, du volume d'achats annuel global, etc.

Toutefois, cette phase n'est pas la plus difficile, ni la plus importante. Généralement, les économies réalisées sur cette famille d'achats résident davantage dans le suivi et la bonne application des contrats-cadres négociés précédemment. Ce travail est d'autant plus complexe que les systèmes d'information dans les entreprises, ERP en tête, permettent difficilement de consolider toutes les données liées à cette famille d'achats. Les agences d'intérim le savent et en jouent parfois. Réaliser des audits sur la facturation et les rétrocessions de charges sociales est souvent nécessaire.

Un travail complexe

Dans cette optique, il est conseillé de mettre en place des indicateurs de qualité, avec un système de pénalités en cas de manquement, pour mesurer la capacité des agences non seulement à bien respecter les contrats négociés, mais aussi à proposer leurs meilleurs intérimaires pour répondre aux besoins de l'entreprise. Et c'est sans doute ici que se trouve toute la difficulté de l'achat d'intérim. Comme pour toute prestation reposant sur l'humain, l'acheteur ne peut raisonner uniquement en termes de coût, et il lui appartient de renforcer l'attractivité de son entreprise vis-à-vis de ses prestataires. Pour ce faire, il faut mettre en place des plans de progrès partagés ou encore des process (on pense à la dématérialisation) susceptibles de faire réaliser des économies aux deux parties. Ce que l'on appelle couramment une relation gagnant-gagnant.

Les clés

- Il appartient aux acheteurs de renforcer l'attractivité de leur entreprise vis-à-vis de leurs agences d'intérim - Pour optimiser cette famille d'achats, il est nécessaire de décomposer les coûts de la prestation proposée par ces agences - Les principales marges de négociation concernent des coefficients dits de gestion, de délégation et de recrutement.

L'expert

Alexandra Augé est responsable du développement de Sérénia, cabinet de conseil spécialisé dans l'optimisation des achats directs et indirects, et dans l'externalisation des achats et de la recherche d'avoirs.

Mot clés : Famille |

Alexandra Augé