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Nettoyage: comment laver plus vert que blanc

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Les prestations de nettoyage n'échappent pas à la vague verte. L'utilisation de produits plus respectueux de l'environnement est une condition sine qua non d'un entretien écologique. Mais un donneur d'ordres peut aller beaucoup plus loin.

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A l'échéance de son contrat, en septembre dernier, avec son prestataire multiservice sur le site de Fontenay-aux-Roses (Hautsde-Seine), le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) décide d'intégrer des critères liés au développement durable dans son appel d'offres. Ainsi, l'utilisation de produits éco-labellisés pour le nettoyage des locaux est devenue une clause obligatoire, tout comme la collecte sélective des déchets, leur pesée à l'embarquement et le suivi de leur valorisation. «L'objectif était de s'inscrire dans la politique développement durable du CEA, explique Christian Dubois, responsable des services généraux. Nous avons aussi précisé que le personnel devait être formé et sensibilisé aux questions liées à l'environnement. »

@ Samsic

Passer à une obligation de résultat

Cet exemple n'est pas un cas isolé. De plus en plus d'entreprises intègrent des critères de développement durable dans leurs marchés de nettoyage. «L'important, dans la mise en place d'un achat durable, est d'abord de passer d'une logique de moyens à une logique de résultats», rappelle Géraldine Dichamp, consultante au sein du cabinet de conseil Factea Durable. L'un des premiers leviers d'action se situe en amont de l'élaboration du cahier des charges, lors de la détermination des besoins permettant de calibrer différents points, et notamment le niveau de qualité attendue pour ce type de prestations. Lors de l'appel d'offres, le donneur d'ordres peut regarder les techniques de nettoyage proposées. Par exemple, un nettoyage à la vapeur peut être indiqué si les sols le permettent. «Il convient surtout de limiter le nombre de références de produits de nettoyage. L'objectif est non seulement d'acheter moins, mais surtout de mieux acheter», reprend Géraldine Dichamp. En tout état de cause, le recours à des produits plus respectueux de l'environnement, bénéficiant d'un éco-label, s'impose désormais dans les appels d'offres comme un critère incontournable. «Attention, l'écolabel ne fait pas tout, surtout si le personnel de nettoyage n'est pas suffisamment formé à l'utilisation de ces produits», prévient la consultante.

Géraldine Dichamp,Factea Durable

«L'important, dans la mise en place d'un achat durable, est de passer d'une logique de moyens à une logique de résultats»

Privilégier des prestataires certifiés

Il est aussi possible de demander un système de management environnemental de type ISO 14001 ou Emas, son équivalent européen. «La certification est une bonne indication quant à l'engagement du prestataire dans une démarche de développement durable, même si elle ne garantit pas un niveau absolu de prise en compte de l'environnement», indique Géraldine Dichamp. Ainsi, deux entreprises peuvent être certifiées mais leur niveau de management environnemental ne sera pas forcément équivalent. Certaines mesures sont parfois méconnues: par exemple, une société qui organise un transport collectif pour aider ses agents à se rendre sur les sites va contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Si la plupart des prestataires affirment aujourd'hui être en mesure d'intégrer des critères liés au développement durable, certains en ont fait une spécialité, comme BioClean Sud, une société marseillaise créée il y a moins de deux ans. « La rentabilité et le développement durable ne sont pas antinomiques», affirme son fondateur, Michaël Egret, pour qui le développement durable ne se résume pas à «la seule utilisation de produits verts». En effet, pour ce jeune entrepreneur, tous les leviers du développement durable doivent être activés. Ainsi, la société travaille en partenariat avec des structures d'insertion de personnes bénéficiant du revenu de solidarité active (RSA) ou des travailleurs handicapés. Elle met aussi un point d'honneur à former et bien rémunérer son personnel. «Nous ne les parachutons pas sur les sites de nos clients sans les avoir auparavant accompagnés en leur expliquant pourquoi et comment utiliser les produits verts. » En fin d'année et au printemps, ses salariés perçoivent une prime: « C'est une manière de leur montrer que nous sommes conscients des efforts fournis, dans des conditions parfois difficiles, et de les en récompenser. »

Michaël Egret,BioClean Sud

«La rentabilité et le développement durable ne sont pas antinomiques.»