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Mutualisation intelligente

Publié le par

Charles Cohen, chef de rubrique

Charles Cohen, chef de rubrique

«Catastrophique pour les PME!» La CGPME n'a pas mâché ses mots lorsqu'elle a qualifié en début d'année, dans un communiqué de presse, la politique achats de l'Etat. Le principal reproche fait à cette dernière? Privilégier la «massification», et ce pour atteindre un objectif de taille: 1 milliard d'euros d'économies d'ici à 2012. Si une telle stratégie sonne, il faut le reconnaître, un peu barbare, elle reste largement monnaie courante dans le monde des achats. Pourtant, même au Parlement, des voix s'élèvent ça et là contre cette pratique. A l'instar de Tierry Repentin, sénateur de Savoie, qui a rappelé avant l'été, dans une question écrite au gouvernement, que «la massification conduisait à l'éviction des PME régionales des marchés publics, sans tenir compte de la qualité de leurs prestations ou de l'intérêt d'un service de proximité». Des paroles qui en disent long sur l'ampleur des craintes suscitées actuellement par la réforme générale de la politique achats de l'Etat (élargissement des missions confiées à l'Ugap, création du Service des achats de l'Etat, etc.).

Que ces critiques soient fondées ou non, une chose est sûre: elles méritent aujourd'hui d'être entendues. D'ailleurs, on peut saluer l'initiative des organisateurs du dernier salon Ugap Expo, consistant à faire débattre les acheteurs publics autour de l'épineuse question de la massif cation. Une occasion pour eux de s'être montrés rassurants en faisant la promotion d'une mutualisation dite «intelligente». Même volonté d'apaisement du côté de Bercy, qui se réfère aux obli gations légales de l'Ugap comme du SAE en matière d'allotis sement des marchés pour garantir l'accès le plus large possible des PME à la commande publique. Des positions qui, certes, ne calmeront pas du jour au lendemain la grogne des détracteurs de la massifcation. Mais elle a le mérite de rendre plus cohérente la politique du gouver nement en la matière. Celle consistant à fustiger les pratiques de cost killing des acheteurs du privé tout en employant des moyens plus consensuels pour maîtriser les propres dépenses de l'Etat.

La politique du gouvernement consiste à fustiger les pratiques de cost killing des acheteurs du privé tout en employant des moyens plus consensuels pour maîtriser les propres dépenses de l'Etat.