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Mobilier scolaire: le classique gagne encore

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Sur ce marché qui se distingue par une grande stabilité, les fabricants commencent à explorer de nouvelles pistes d'innovation, comme le plastique pour les matériaux et la mobilité pour les fonctionnalités.

 

«L'univers du mobilier scolaire n'est pas celui de la mode. Il s'agit d'un marché très conservateur, avec des produits qui ont peu évolué ces dernières années. » Pascal Babonneau, chef de groupe marketing produits mobilier et équipement général de l'Ugap, résume en une phrase un marché qui pèse chaque année 100 MEuros, et qui se distingue par sa grande stabilité, que ce soit en termes de produits, de prix et d'acteurs. Une dizaine de PME comme Simire, Delagrave, DPC Collectivités ou Lafa Collectivités se sont, en effet, positionnées pour fournir les villes, les conseils généraux et régionaux qui ont régulièrement besoin de renouveler le mobilier des établissements scolaires sous leur responsabilité.

«Les attentes des acheteurs restent très classiques, confirme Nicolas Decroix, responsable marketing de Simire, une entreprise basée à Mâcon qui emploie 200 salariés et produit chaque jour 2 500 chaises et 1 800 tables. La table monoplace 70x50 et la chaise qui l'accompagne représentent toujours la majorité de nos ventes. Or, sur ces deux produits stars du marché, les matériaux ont très peu évolué puisqu'ils sont toujours fabriqués en bois ou dérivés de bois comme les contreplaqués, les mélaminés, ou les agglomérés revêtus de stratifiés. Le piétement reste, lui, en métal, un matériau qui a l'avantage de représenter le meilleur rapport qualité prix. »

Même stabilité dans le mobilier de rangement. Peu d'innovation en effet à signaler depuis l'apparition de l'armoire métallique il y a quelques années, et qui a aujourd'hui conquis une petite part du marché. Les armoires, les meubles à cases pour les élèves, et les meubles courriers pour les professeurs restent encore aujourd'hui pour la plupart fabriqués en bois ou mélaminés. Finalement, la seule véritable innovation est à chercher du côté des armoires audio/vidéo. « Il y a trois ou quatre ans, ces armoires étaient prévues pour abriter des écrans cathodiques et de gros magnétoscopes, souligne Nicolas Decroix. Aujourd'hui, elles sont conçues pour accueillir des écrans plats et des périphériques devenus beaucoup plus petits. On voit également apparaître du mobilier spécifique et sécurisé pour ranger dans des tiroirs des ordinateurs portables et des tablettes. »

De nouveaux besoins liés à l'informatique et à l'utilisation d'Internet

Le développement de l'informatique et de l'Internet dans les établissements scolaires a eu aussi pour corollaire de faire évoluer les tableaux. «Sans aller jusqu'à pronostiquer la fin du «tableau noir», les tableaux numériques ont fait, ces dernières années, une belle percée dans l'univers scolaire car ils permettent de rendre les cours plus vivants et interactifs, et de dématérialiser beaucoup de supports», observe Pascal Babonneau. Si les produits n'ont que très peu évolué en termes de matériaux et de design, les produits commercialisés ont dû se plier à la norme NF Education qui impose aux fabricants de respecter un cahier des charges très strict en matière de sécurité, de robustesse et de fonctionnalité. «Cette norme est d'ailleurs devenue un argument très important dans les critères de sélection des acheteurs publics», constate Jean Delagrave, p-dg de Delagrave, une société spécialisée dans le mobilier scolaire fondée par son arrière- arrière-grand-père en 1865. Autre préoccupation de plus en plus importante, selon Jean Delagrave, la prise en compte du critère écologique. «Il y a 15 ans, cet élément n'était pas du tout présent dans les appels d'offres. Aujourd'hui, c'est systématique, et ce critère peut représenter de 5 à 20 % de la note finale. » Les acheteurs privilégient, en effet, de plus en plus les bois et dérivés de bois affichant le label PEFC qui leur garantit des matériaux issus de forêts gérées durablement. «Chez nous, confie Nicolas Decroix, tous les panneaux que nous achetons sont à faible émission de formaldéhyde. Quant à nos peintures et vernis de bois, ils sont complètement exempts de composites organiques volatils (COV). »

Le plastique se place

Dans le même ordre d'idées, les acheteurs commencent à accorder une importance croissante au recyclage des matériaux. Une exigence qui pourrait faire évoluer le marché, selon Jean Delagrave. «Le bois se recyclant moins bien en fin de vie que les matières plastiques, je pense qu'à l'avenir, on devrait assister au développement du plastique qui a l'avantage de très bien se recycler et d'être très léger. Nous avons d'ailleurs intégré pour la première fois cette année à notre catalogue une chaise scolaire avec des garnitures en plastique. Et je constate qu'elle rencontre un certain succès, en partie grâce à son prix qui est très économique, ce procédé de fabrication nous ayant permis de baisser notre prix de revient. » Pour Nicolas Decroix, le prix n'est d'ailleurs pas le seul argument qui milite en faveur du plastique. «Par le biais de l'injection, le plastique nous permet aussi de proposer des formes plus innovantes qui viennent enrichir le design des produits que l'on retrouvera alors dans la catégorie mobilier haut de gamme. »

Pascal Babonneau, Ugap

Pascal Babonneau, Ugap

Dernière évolution attendue par les professionnels: le mobilier scolaire sera probablement demain plus mobile. «Aujourd'hui, dans les salles de classe, les élèves font toujours face à leur professeur en rang d'oignons, deux par deux, souligne Nicolas Decroix. Or, on commence à voir apparaître dans certains pays et dans des classes expérimentales un mobilier qui permet de transformer la classe en fonction des matières enseignées ou des activités à réaliser. Nous venons d'ailleurs de lancer pour la première fois cette année dans notre catalogue dédié aux maternelles une gamme de petites tables modulaires sur roulettes qui permettent de passer rapidement d'une activité à une autre. On commence également à voir apparaître des petites cloisons sur roulettes qui permettent, elles, de partager rapidement une classe avec, d'un côté, des élèves occupés par des activités manuelles et, de l'autre, un atelier de lecture. » Une tendance qui, pour se confirmer, devra être validée par les politiques d'éducation...

Adrienne Simon-Krzakala, directrice des constructions au conseil général de Moselle

Adrienne Simon-Krzakala, directrice des constructions au conseil général de Moselle

Témoignage

«Un soin particulier a été porté au centre de documentation et d'information, vitrine de l'établissement»


Pour équiper en mobilier le collège de Vigy, le conseil général de Moselle a eu recours pour la première fois à la convention de partenariat signé avec l'Ugap sur le mobilier. «Cette convention nous permet de bénéficier dune plus grande souplesse sur le plan technique, mais aussi de réaliser entre 10 et 20 % d'économies par rapport aux remises de prix qui nous étaient auparavant accordées par l'Ùgap en fonction du montant des commandes, se félicite Adrienne Simon-Krzakala, directrice des constructions au conseil général de Moselle. En contrepartie, nous nous sommes engagés à réaliser 5MEuros d'achats de mobilier sur quatre ans, mais rien qu'avec le scolaire, nous devrions tenir nos engagements.»
C'est à partir des plans d'architectes meublés que se sont déroulés les premiers échanges avec l'Ugap. «Après avoir défini nos besoins, une première réunion de concertation s'est tenue avec l'Ugap, le cabinet d'architecture et la maîtrise d'ouvrage, raconte la directrice. Dans la foulée, l'Ugap nous a proposé des plans d'aménagements qui ont été soumis et validés par toutes les parties prenantes.»
Dans les salles banalisées, les chaises et les bureaux retenus sont en plateau de hêtre naturel stratifié, avec un piétement métallique gris. «Un soin particulier a été porté au centre de documentation et d'information, vitrine de l'établissement, précise Adrienne Simon-Krzakala. Des présentoirs ont été intégrés afin de rendre plus convivial l'accès aux périodiques, et des espaces de consultation ont été aménagés pour les élèves avec chauffeuses, tables de lecture et chariots à livre.»

Conseil général de Moselle

ACTIVITE Collectivité territoriale
BUDGET 2011 1 093 585 000 Euros
VOLUME ACHATS 2011 NC
EFFECTIF TOTAL 3 164 salariés
EFFECTIF ACHATS NC

Mot clés : produit |

Yves Rivoal