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Mice 2013: l'Hexagone a la cote!

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Séjours plus brefs, trajets moins longs... la France est redevenue une destination privilégiée du Mice. En misant avant tout sur l'originalité et l'inventivité, les travel managers peuvent atteindre les objectifs ambitieux qui leur sont fixés, tout en maîtrisant les coûts.

Depuis près de deux ans maintenant, le marché du Mice a sensiblement évolué. D'après une étude menée par le cabinet d'études Coach Omnium (baromètre 2012), les entreprises établies en France ont dépensé en 2011 un volume global estimé à 8,91 milliards d'euros sur le marché des groupes d'affaires, soit une hausse d'1,2 % par rapport à 2010. Toujours selon cette étude, il semblerait que 2012 demeure dans la même veine que le second semestre 2011, avec un manque de visibilité récurrent de la part des entreprises. Ainsi, 20 % des personnes interrogées en 2011 pensaient que leur activité en tourisme d'affaires serait à la baisse en 2012. S'il est encore trop tôt pour dresser le bilan de l'année passée, il semble cependant que certaines évolutions dans la consommation du Mice aient vu le jour, aussi bien sur la durée que sur la localisation ou encore le contenu des séminaires, congrès et incentives. Parmi ces changements majeurs, un regain d'affection pour l'Hexagone et sa richesse touristique!

Marc Rousse, Azoka

«En deux ans, nous sommes passés de 60 % d'opérations organisées vers l'étranger à 60 % d'opérations planifiées en France!»

Le dépaysement n'est pas qu'une affaire de kilomètres...

Pour Marc Rousse, directeur général de l'agence Azoka, spécialisée dans l'organisation de séminaires et de voyages d'entreprises, la tendance au retour vers la France est forte: «En deux ans, nous sommes passés de 60 % d'opérations organisées vers l'étranger à 60 % d'opérations planifiées en France!» Cette évolution est évidemment liée au contexte économique. «Pour les entreprises, les séminaires, les congrès ou les opérations de team building ont deux coûts. Le premier est lié à l'organisation de l'événement et le second à l'immobilisation des ressources pendant qu'elles y participent», explique Marc Rousse. Les budgets ayant été revus globalement à la baisse, les entreprises préfèrent non seulement économiser sur les temps de trajet et sur les coûts inhérents au transport. Mais les raisons économiques ne sont pas les seules à entrer en ligne de compte. «Je pense qu'il y a un attachement de plus en plus fort à notre terroir, indique Nicolas Godard, commissaire général du salon Mice Place. La richesse touristique de la France est connue et les régions ont bien compris le potentiel très fort du tourisme d'affaires, qui intervient souvent hors saison. Le professionnel dépense en moyenne quatre à cinq fois plus que le touriste de loisir... L'offre s'étoffe donc rapidement!»

Enfin, le développement durable explique le recentrage du tourisme d'affaires dans l'Hexagone. «C'est une dimension à laquelle je crois vraiment, affirme Marc Rousse, car la prise de conscience en faveur du développement durable rend caduques des voyages éclairs aux Etats-Unis ou au Moyen-Orient. La volonté d'adopter une démarche responsable est de plus en plus forte au sein des entreprises qui veulent donner du sens à leurs séminaires. » Et, comme le souligne le directeur d'Azoka, «en période de crise, alors que la tension sur les salaires est réelle, il peut être indécent d'envoyer une petite équipe sur des voyages au long cours... Motiver une partie des collaborateurs en décevant les autres est rarement porteur sur la durée!»

ZOOM. Une chasse au trésor? Pourquoi pas!

Découverte des sites du monastère, de la chapelle Saint- Bru no dans la région de Chambéry, tout en participant à une chasse au trésor endiablée, telle est la promesse de Jaïpour Organisation. Jeu de piste, énigmes à résoudre, chaque équipe dispose d'une boussole, d'un GPS et d'un en-cas. Le trésor: des produits de bouche savoyards. Se déroulant sur une journée, entre le mois de mai et septembre, ce type d'événement est propice à la découverte des personnalités des uns et des autres et peut accompagner un projet team building de manière conviviale et ludique.

Avant tout, donner du sens...

Pourquoi s'engager dans des projets Mice? Les raisons sont nombreuses. Booster les équipes commerciales, tisser du lien entre le management et les collaborateurs, renforcer l'esprit de groupe, il faut déterminer en priorité les objectifs précis du séminaire. «A nos yeux, une opération réussie répond à 100 % aux objectifs tels qu'ils étaient définis dans le cahier des charges», indique Paul Massiani, directeur associé de l'agence Longitude 7, dont l'activité se concentre essentiellement en région Paca. Mais pour cet expert, c'est souvent là que le bât blesse. «Les clients arrivent parfois avec la volonté d'organiser une opération mais il ne s'agit pas de se limiter à un moment de détente entre collègues. Chaque opération doit avoir une vocation forte, soit de motivation, soit pédagogique. Il est important de coucher les objectifs sur le papier pour que les agences puissent adapter leur stratégie. »

S'éloigner, changer d'air, partager ensemble des expériences ou des activités qui vont permettre de faire avancer les collaborateurs, de les unir ou de faire ressortir les tensions en vue de les apaiser, se découvrir sous d'autres jours, c'est la vocation du Mice. «Les entreprises à succès savent miser sur l' événementiel pour redonner du sens à l'activité, précise Marc Rousse. Ces opérations sont dynamisantes pour les collaborateurs, si ces derniers en sortent enrichis. Il faut donc que les activités proposées soient formatrices et permettent d'avancer!»

Puisque la définition du cahier des charges est essentielle à la réussite du projet, il est nécessaire d'impliquer les services concernés en amont du projet. «La démarche est toujours plus ROIste pour les entreprises, constate Paul Massiani. Mais on ne peut se contenter de négocier les coûts d'hébergement, par exemple. Plus les acheteurs sont impliqués dans la préparation du projet, plus ils disposent des leviers nécessaires pour s'assurer qu'ils font le meilleur achat au meilleur prix. » Chez Azoka, même constat. «Les acheteurs savent que pour une agence, réserver des nuitées dans un Formule 1 ou dans un cinq étoiles, c'est le même travail. Notre valeur ajoutée se situe dans la conception du projet, dans le respect des objectifs de management. S'il est impliqué dès le début, le service achat fait beaucoup plus que du cost killing et c'est vraiment appréciable», confie Marc Rousse. Selon le dernier Livre Blanc de l'AFTM (Association française des travel managers), le Mice a atteint un niveau assez stratégique: en effet, dans un objectif d'économies et de contrôle, quelques entreprises ont centralisé l'intégralité des dossiers Mice au niveau du service achats. Pour 6 % des entreprises sondées, le demandeur remplit un brief interne, qu'il adresse aux acheteurs événementiels. Ces derniers réalisent alors une consultation ou adressent une demande à leurs prestataires référencés et proposent généralement plusieurs solutions au demandeur.

Une découverte des métiers du cinéma

Longitude 7 propose différents ateliers liés à la découverte des métiers du cinéma. Déclinées en différents formats, ces opérations s'étendent du doublage réinventé de scènes cultes du cinéma à la réalisation d'un clip ou d'un court-métrage, de l'écriture du scénario au montage avec une projection et une remise de prix en fin de journée. «L'avantage de nos offres, c'est qu'elles sont totalement modulaires et peuvent répondre ainsi à tout type de budget», explique Paul Massiani. Réalisateur, scénariste, acteur, cameraman, preneur de son, les participants peuvent solliciter l'aide de professionnels du cinéma. De quoi dépayser les collaborateurs tout en tissant des liens forts

Paul Massiani, Longitude 7

«Plus les acheteurs sont impliqués dans la préparation du projet, plus ils disposent des leviers nécessaires pour s'assurer qu'ils font le meilleur achat au meilleur prix.»

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José Roda