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Mettre en place une véritable politique d'achats durables

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La prise en compte de critères d'achats sociaux et environnementaux progresse dans les entreprises. Mais pour parler d'achats durables, le critère économique ne doit pas rester au premier plan.

Si la plupart des grands comptes ont intégré le développement durable dans leurs stratégies d'achats, de nombreuses entreprises n'ont pas encore franchi le pas. Les initiatives se concentrent le plus souvent sur quelques familles d'achats, mais s'intègrent rarement dans une politique globale. Cette situation n'est guère étonnante. En effet, pendant de nombreuses années, les achats ont été principalement abordés sous l'angle économique. L'offre la moins chère était ainsi réputée la meilleure pour l'entreprise, à condition bien sûr de raisonner en coût complet et non en coût facial. Pour le reste, les acheteurs faisaient confiance aux prestataires et, d'une certaine manière, l'offre la plus économique était censée respecter également les critères sociaux et environnementaux que l'entreprise voulait bien considérer.

Trois critères d'égale importance

Depuis quelques années, la situation a évolué. Progressivement, les acheteurs ont été obligés de prendre en compte des aspects sociaux, puis environnementaux. Désormais, l'offre économique se rapproche de plus en plus d'une offre durable. Toutefois, mener une véritable politique d'achats durables nécessite de former ses acheteurs, de créer des grilles d'analyse par produit acheté et, enfin, de mettre en place des indicateurs. Dans un premier temps, il est conseillé de former ses acheteurs. Pour un certain nombre d'entre eux, l'intégration de critères sociaux et environnementaux dans les appels d'offres n'est pas une priorité. D'autres se focalisent sur des critères économiques (qualité, coûts, délais). Il est donc nécessaire de les sensibiliser et de leur montrer notamment les risques encourus par l'entreprise quand cette dernière privilégie les achats non durables. A noter que ces formations doivent également s'adresser aux clients internes.

Dans un deuxième temps, pour chaque produit acheté, il est utile de concevoir une grille d'analyse où figure l'importance pondérée des critères économiques, environnementaux et sociaux. De cette manière, l'entreprise possède une vision relativement précise de la durabilité de chacun de ses achats. Par définition, pour qu'un achat soit durable, chacun des trois critères doit peser le même poids (33%). Autrement dit, le critère économique ne doit pas dépasser un tiers du total. Mais beaucoup d'entreprises en sont loin.

Enfin, il est essentiel de mettre en place des indicateurs pour mesurer l'évolution des critères d'achats dans l'entreprise. Pour les acheteurs et les clients internes, c'est un moyen de constater que l'axe de décision a bougé et que l'économique pur n'a plus sa place. Si ce critère reste toutefois prépondérant, l'entreprise pourra corriger le tir via une formation, des communications interne et externe ou une reformulation des cahiers des charges.

L'expert

Xavier Robaux est directeur associé du cabinet E.Ri.CS. Associés. Composé de sept consultants, ce cabinet de conseil réalise des missions opérationnelles, des actions de formation ou des missions de conseil en organisation des achats et systèmes associés. E.Ri.CS. Associés réalise aussi des recrutements d'acheteurs.

Les clés

Former et sensibiliser ses acheteurs aux achats durables - Concevoir des grilles d'analyse où les critères économiques, sociaux et environnementaux sont pondérés en fonction de leur importance dans l'entreprise - Mettre en place des indicateurs et des plans d'actions.

Par Xavier Robaux, du cabinet E.Ri.C. S. Associés