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Mesurer son niveau de maturité achats et progresser

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Une organisation achats ne parvient pas à maturité du jour au lendemain. Afin d'atteindre cet objectif, il est nécessaire de mettre en place une feuille de route, une «road map» dans le jargon des achats, qui permettra de mesurer les progrès réalisés.

- La théorie

 

Toutes les organisations achats ne se valent pas. Certaines sont plus en avance que d'autres dans la maîtrise des process, la consolidation des données, la mesure de la performance, le marketing achats, etc. Dans certaines entreprises, les acheteurs ne s'occupent que de la gestion des approvisionnements, ce qui peut être considéré comme le niveau le plus bas de la maturité achats. La recherche de nouveaux fournisseurs, la rédaction des cahiers des charges et la négociation des contrats sont le signe d'une direction qui se professionnalise. Dans d'autres sociétés, la direction achats joue un rôle stratégique, très en amont des processus de production, en collaboration, par exemple, avec la direction de la recherche et du développement de l'entreprise. Dans ce cas, le niveau de maturité achats est jugé comme très élevé.

Il y a quelques années, un groupe d'étudiants et de professeurs d'HEC a conçu une matrice qui permet de mesurer le niveau de maturité achats d'une entreprise dans six domaines: la contribution générale des achats, les leviers mis en place en interne, la politique fournisseurs, les procédures achats, les systèmes d'information achats et enfin la politique RH achats. Pour chacun de ces domaines, un certain nombre de bonnes pratiques ont été identifiées, qui correspondent à tel ou tel niveau de maturité achats. Cette matrice a servi de base de réflexion à de nombreux groupes industriels et autres entreprises du CAC 40.

E.Ri.C.S. Associes intervient comme conseil en achats Ses sept consultants réalisent des missions opérationnelles, des actions de formation ou des missions de conseil en organisation des achats et systèmes associes ERiCS Associes réalise aussi des recrutements d'acheteurs

- La pratique

 

Si la matrice évoquée précédemment fait aujourd'hui office de référence, il n'est pas nécessaire d'adopter à tout prix le même modèle. Selon les entreprises, de nouveaux domaines peuvent apparaître. D'un point de vue pratique, un simple tableur suffit. Les colonnes représentent les différents niveaux de maturité achats, de l'entreprise approvisionneuse, sans réelle structure achats, à l'entreprise acheteuse, au sens «noble» du terme. Les autres colonnes correspondent à des niveaux de maturité intermédiaires qui auront été définis préalablement. Les lignes désignent, quant à elles, les différents domaines dont on souhaite apprécier le degré de maturité. Une dizaine d'entre eux suffit en général. Le choix est assez libre et dépendra de la stratégie de l'entreprise.

Au final, l'intérêt de cet exercice n'est pas tant de déterminer le niveau de maturité achats actuel de l'entreprise mais, bien au contraire, de définir une feuille de route pour parvenir à celui souhaité. En clair, cette «road map» sert à fixer les grandes évolutions de l'organisation achats sur le long terme, c'est-à-dire dans les cinq voire les dix années à venir. L'exercice pourra se répéter à intervalles réguliers afin de vérifier que la feuille de route est respectée. Une méthode qui permettra à l'entreprise de constater par exemple que ses méthodes de sourcing ont progressé dans le sens désiré mais que, au contraire, les acheteurs sont toujours exclus de certains groupes de travail.

Les points-clés à retenir

- Réaliser un tableau avec les différents domaines où l'on souhaite mesurer la maturité de son service achats;


- Définir une feuille de route sur le long terme (cinq, dix ans) pour parvenir au niveau de maturité souhaité;


Mesurer régulièrement les progrès effectués dans chacun des domaines sélectionnés.

En collaboration avec Xavier Robaux, du cabinet E.Ri.C.S. Associés