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Maîtrisez les coûts liés à la gestion de vos déchets

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Pour faire face à l'augmentation continue des déchets, du recyclage et du tri, les moyens de gestion des collectivités locales et des syndicats intercommunaux ont explosé. D'où la nécessité de connaître les coûts et d'optimiser les dépenses en la matière.

Pour 66% des communes et groupements de plus de 700 habitants, la priorité en matière d'investissements verts d'ici 2011 portera sur le traitement des déchets, devant la gestion de I'eau potable (63%), I'assainissement et I'épuration (60%), puis la collecte des déchets (57%). Telles sont les prévisions de l'enquête Ecoloc menée par la société d'études économiques BIPE, en partenariat avec la Caisse des Dépôts, l'Ademe et l'Association des maires de France. Ces investissements seraient la conséquence du retard pris dans l'application des lois sur l'eau et les déchets, datant de 1992. «Il faut s'attendre à ce que cette mise en conformité s'échelonne sur plus de cinq ans encore et, sans doute, sur une dizaine d'années dans de nombreux cas», rapporte le BIPE.

L'utilisation de camion à chargement latéral permet d'optimiser le coût de la collecte. Mais la sensibilisation des habitants au tri des déchets reste primordiale.

@ ESPAC

L'utilisation de camion à chargement latéral permet d'optimiser le coût de la collecte. Mais la sensibilisation des habitants au tri des déchets reste primordiale.

Evaluer le coût de gestion

En moyenne, le coût de collecte et de traitement d une tonne de déchets avoisine actuellement 150 euros, selon Christian Militon, chef du département des observatoires, des coûts et de la planification des déchets à l'Ademe. Et pourtant, le montant lié à la gestion des déchets qui, d'après l'Ademe, a déjà doublé au cours de la dernière décennie, devrait encore augmenter. «Cette évolution reflète l'importance des moyens financiers qui ont été consacrés à la modernisation de la gestion des déchets», estime Christian Militon Un décret du 11 mai 2000, prévoit d'ailleurs que «le maire présente au conseil municipal, ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale à son assemblée délibérante, un rapport annuel sur la qualité et le prix du service public d'élimination des déchets.«Heureusement, il existe des méthodes et des outils permettant d'évaluer les frais de gestion des déchets avec précision. ComptaCoût et e-coûts, respectivement proposés par l'Ademe et Eco-Emballages, font figure de référence. Le logiciel e-coûts permet, à partir des données techniques (nombre de bennes, de bacs, de salariés...), de calculer le coût de la collecte et du traitement. Quant à ComptaCoût, méthode codéveloppée et testée dans des collectivités locales de Poitou- Charentes, elle extrait de la comptabilité publique les informations nécessaires au renseignement d'un cadre standard d'expression des coûts de gestion des déchets. Elle analyse les flux de déchets (ordures ménagères, déchets des déchèteries...) et les étapes techniques de gestion (collecte, tri, traitement, stockage...). Pour Christian Militon, «les collectivités locales ont tout intérêt à disposer de tels référentiels, révélateurs du coût réel par tonne ou par habitant».

Une fois ces montants connus, reste à mener des actions concrètes. «La mise en place d'actions et l'optimisation des coûts reposent avant tout sur une volonté politique», souligne Patrice Rambaud, directeur de l'environnement du développement durable de la communauté d'agglomération narbonnaise. En l'occurrence, les élus de cette collectivité ont établi une charte avec les prestataires. Elle exige notamment une baisse de 5% par an des déchets traités au centre de stockage. Pour atteindre cet objectif, la communauté d'agglomération a généralisé le compostage individuel, augmenté le nombre de points d'apport volontaire et mis en place une redevance incitant au tri. La baisse du nombre de tournées est même envisagée.

EN CHIFFRES

150 euros moyenne. C'est, selon l'Ademe, le coût de collecte et de traitement d'une tonne de déchets.


66% des communes pour lesquelles la priorité en matière d'investissements verts, d'ici 2011, portera sur le traitement des déchets.


Source: enquête Ecoloc

Sensibiliser les habitants

Autre cas, le Syndicat Mixte Intercommunal de Collecte et de Valorisation (SMICVAL) du Libournais Haute-Gironde collecte et valorise les déchets de 180000 habitants dans 143 communes. Grâce à un budget de communication de l'ordre de 165 000 euros en 2007, il compte sensibiliser les habitants aux enjeux liés aux déchets via une campagne de prévention et développer le compostage individuel. Un plan d'optimisation à l'étude prévoit, entre autres, la baisse de la fréquence de collecte, la mécanisation, l'optimisation des circuits de collecte ainsi que la compaction des ordures en déchèteries.

Les exemples d'optimisation se multiplient mais d'après les spécialistes, les actions mises en place restent stériles sans une sensibilisation des habitants. D'autre part, toujours d'après eux, les collectivités devront s'intéresser à la façon dont les habitants font le tri dans leur cuisine afin de le rendre confortable.

David Nadeau, directeur général adjoint, Sivom de la vallée de l'Yerres et des Sénarts

David Nadeau, directeur général adjoint, Sivom de la vallée de l'Yerres et des Sénarts

Témoignage
«Du biocarburant pour alimenter nos véhicules de collecte»

Le Sivom (Syndicat intercommunal à vocations multiples) de la vallée de l'Yerres et des Sénarts (91) met en place des procédés innovants afin de maîtriser les coûts de collecte et de traitement des déchets de ses quinze communes membres. La moitié de la flotte, soit 19 camions, a été équipée d'un système de chargement latéral des bennes. «Ce procédé revient plus cher, environ 180000 euros, soit 40000 euros de plus qu'un camion de collecte classique. Mais le coût de fonctionnement est moins élevé puisque le service est assuré par un seul agent, au lieu de trois», explique David Nadeau, directeur général adjoint du Sivom. Le syndicat économise ainsi 800000 euros par an en frais de personnel. En contrepartie, un tel système suppose l'utilisation généralisée des bacs. Parailleurs, le Sivom s'est attaqué aux déchets des entreprises, commerces et collectivités avec la mise en place d'une redevance spéciale. Ainsi, 150000 euros supplémentaires ont pu être injectés dans le fonctionnement et l'optimisation des services proposés. En revanche, le Sivom ne facture pas les bacs dans le cadre de cette taxe et sensibilise ces entités au tri, afin que le maximum de déchets puisse être traités dans l'usine de méthanisation. «Cette usine produira, à terme, du biocarburant, utilisable par nos véhicules de collecte», assure David Nadeau. Le coût de traitement à la tonne est ici de 58 euros, hors amortissement. Ce Sivom est l'un des premiers établissements en France à opter pour ce procédé.


La fiche


Sivom de la vallée de l'Yerres et des Sénarts


ACTIVITE
Syndicat intercommunal en charge de la gestion des déchets budget«»


BUDGET
22,6 millions d'euros


COUT TOTAL D'UNE TONNE COLLECTEE ET TRAITEE
977,70 euros en 2006

Mot clés : euro |

Damien CHALON