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Les patrons de PME pas du tout «euros»

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Un indice général de l'activité qui se dégrade et un euro accusé de tous les maux, c'est le bilan de la seconde édition du baromètre Companeo TNS des achats des TPE-PME pour le second semestre 2006. Conséquence logique, les dirigeants de PME se restreignent sur tous leurs achats, ou presque. Un sou est un sou!

Les petites entreprises n'ont pas la forme. La seconde mesure du baromètre achats des TPE/PME réalisée par TNS Direct pour Companeo (une place de marché dédiée aux services et équipements des entreprises) dresse un bilan négatif de l'activité financière et commerciale des TPE/PME au cours du dernier semestre 2006. «La situation apparaît particulièrement fragile dans l'industrie et le commerce, détaille Laurent Horwitz, président-directeur général de Companeo. En revanche, le bilan est moins négatif dans le secteur des services même si leur situation s'est dégradée au cours du deuxième semestre.» Résultat: les budgets achats sont en berne.

L'achat de services généraux est la principale famille à pâtir des restrictions des TPE/PME: elles étaient 68% à avoir effectué au moins un achat au premier semestre 2006, contre seulement 55 % au deuxième semestre. Et seules 30 % comptent investir au premier semestre 2007. Les principaux budgets dans cette famille sont consacrés aux achats de voitures de société, suivis par le mobilier de bureau.

@ DR

Laurent Horwitz, Companeo.

«Il L'activité financière et commerciale des TPE/PME apparaît fragile dans l'industrie et le commerce.»

Des investissements technologiques

 

Dans le secteur de l'informatique et des télécommunications, les achats des TPE/PME sont relativement stables sur les six derniers mois à l'exception des PME de 10 salariés et plus qui présentent un solde plutôt positif (+ 13%).

Au total, 35% des TPE/PME ont effectué des investissements technologiques, principalement en matériel informatique (postes et périphériques). Dans le domaine des ressources humaines, le solde des achats sur les six derniers mois est clairement en baisse, comme en attestent 23% des entreprises interrogées. Seules 10% des TPE/PME ont effectué des dépenses en recrutement (offres d'emploi, services d'un cabinet...) lors du dernier semestre, contre 18 % au premier. «C'est un résultat surprenant, au regard des récentes baisses du chômage», commente Laurent Horwitz.

L'euro, bouc émissaire

 

Interrogés sur l'impact de l'euro pour l'ensemble des achats réalisés par leur entreprise, 77% des sondés estiment que l'introduction de la devise européenne a contribué à augmenter les prix des produits et services. Seuls 18 % pensent que l'arrivée de l'euro n'a pas eu d'impact sur les prix et 2% qu'elle a permis de les diminuer (3% sont sans opinion). Le poste le plus touché par les augmentations de prix consécutives à l'euro est celui des services généraux, cité par 59 % des patrons interrogés. Les coûts liés à l'immobilier professionnel arrivent en seconde position (38%), suivis par l'outil de production (28%) et les produits bancaires et d'assurance (24%).

Seuls les achats informatiques et ceux du secteur de marketing/communication échappent à l'euroscepticisme des dirigeants de petites entreprises (cités respectivement par 7 % et 3% des personnes interrogées). Les patrons de PME semblent ainsi partager la désaffection de l'ensemble de la population française pour la monnaie européenne. Selon un sondage TNS Sofres publié fin 2006, 94% des Français imputent à l'euro une aggravation de la hausse des prix!

Les principaux résultats

- 77% des patrons de PME et de TPE estiment que l'euro a contribué à augmenter les prix des produits et services


- Pour 59% des dirigeants interrogés, c'est dans l'univers des services généraux que les hausses de prix ont été les plus fortes


- Sur le dernier semestre 2006, 23% des entreprises ont déclaré que leur volume d'achats avait diminué