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Les organisations face à l'augmentation des risques liés aux achats

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Selon une enquête réalisée par le cabinet Oliver Wyman, en partenariat avec le magazine CPO Agenda, les entreprises ont identifié un certain nombre de risques dûs aux achats, mais continuent de naviguer à vue.

Côté bonne nouvelle, 75% des entreprises déclarent avoir entamé un processus de gestion des risques liés aux achats. Côté mauvaise nouvelle, seuls 25% d'entre elles auraient vraiment pris le problème à bras-le-corps en mettant en place des dispositions pour les maîtriser, selon une étude du cabinet de conseil Oliver Wyman Etude réalisée fin 2008/début 2009 auprès de 150 directeurs achats de grandes entreprises internationales, en partenariat avec Le magazine CPO Agenda. .

Cet état de fait est d'autant plus préoccupant que les responsables achats interrogés estiment que la plupart des risques vont s'aggraver au cours des cinq prochaines années. Ainsi, 68% des directeurs achats pensent que les risques financiers (volatilité des cours des changes ou des matières premières, notamment) sont susceptibles d'augmenter d'ici à 2014. De même, ils sont 54% à penser que les risques d'ordre stratégique (changement dans les positions concurrentielles, consolidation d'un marché fournisseurs, émergence de nouveaux acteurs, etc.) vont s'accroître. Enfin, un peu moins de la moitié (48%) redoutent une hausse des risques dits opérationnels (défaillances de fournisseurs, par exemple).

La crise considérée comme une opportunité

Pour les auteurs de l'étude, les: gains potentiels à attendre de la: réduction des risques et les nouvelles opportunités de croissance: n'ont jamais été aussi élevés. «Les directions achats devraient rapidement saisir l'opportunité créée par les turbulences économiques etfinancières. D'une part, pour lancer une prise en compte intégrée des risques liés aux achats. D'autre part, pour mettre en place une coordination des actions, afin de créer en retour des gains financiers tangibles», estime Grégory Kochersperger, partner au sein du bureau de Paris du cabinet de conseil Oliver Wyman. Et de citer deux exemples d'entreprises ayant su maîtriser leurs risques tout en améliorant leurs performances achats. Tout d'abord, Procter and Gamble, qui a noué des alliances avec des fournisseurs - clés pour développer l'innovation à moindre coût tout en partageant les risques. Ensuite, le groupe Hewlett Packard, dont le programme de gestion des risques repose également sur des partenariats forts avec ses fournisseurs.

@ AKS/FOTOLIA/LD

savoir-faire
Quatre étapes pour maîtriser les risques

Selon le cabinet de conseil Oliver Wyman, quatre actions doivent permettre aux entreprises de maîtriser les risques liés à leurs achats.
- Etablir une hiérarchie des risques. La démarche doit porter sur l'ensemble des risques achats potentiels, en cohérence avec tout dispositif de gestion des risques déjà en oeuvre. Idéalement, le repérage des risques devrait commencer dès le début du cycle du produit ou du service.
- Elaborer un répertoire de réponses. Construire des réponses stratégiques, en commençant par les risques les plus menaçants. Ce répertoire sera d'autant plus efficace que les réponses seront élaborées en collaboration avec les fournisseurs et toutes les fonctions concernées en interne.
- Mettre en place un contrôle adapté à la vitesse d'évolution des risques. Définir un ensemble d'indicateurs simples et fiables ainsi que la fréquence des mesures. Par exemple, pour les risques liés aux contrats, le contrôle peut être annuel, alors que pour des risques comme la santé financière des fournisseurs, il faut des indicateurs mensuels.
- Adapter les structures organisationnelles. Instaurer au coeur de l'organisation une culture du risque achats et l'entériner par des procédures, des organigrammes définissant les rôles et les responsabilités, des systèmes d'information, etc.