À la une
Décision Achats N°108 - 01/10/2007 - Delphine Collet
Les voyageurs d'affaires représentent un quart de la clientèle des compagnies low cost. Pour les spécialistes, leur utilisation par les entreprises répond davantage à une opportunité sur certains vols, voire à un effet de mode, qu'à un véritable choix économique.
D'autre part, les entreprises ont la possibilité, à partir d'un certain volume d'achat (de l'ordre de 60 000 euros HT chez Air France), de négocier des tarifs avec les compagnies traditionnelles sur certains vols. Mais pour bénéficier de ces tarifs négociés, l'entreprise doit s'en tenir au volume annoncé. Parfaitement conscients de leurs lacunes dans ces domaines, les observateurs pensent que les compagnies à bas coût vont vraisemblablement proposer aux entreprises des «fréquent flyer programs», ainsi que des contrats à l'année. C'est d'ailleurs déjà le cas des deux leaders du low cost en Allemagne, un marché plus mature qu'en France. Air Berlin et German Wings proposent en effet aux entreprises des contrats à l'année et des systèmes de bonus sur les miles pour les salariés. D'autres services - payants - sont régulièrement proposés par les compagnies à bas coût. Comme la possibilité, chez EasyJet, de réserver une voiture à l'arrivée de l'aéroport. La compagnie britannique offre également à ses clients la possibilité d'embarquer parmi les premiers et de choisir une place dans l'avion, un service facturé de 3,75 à 1 1,25 euros selon les routes. Pour 21 euros, les voyageurs ont même accès a des salons d'attente confortables. Au final, une analyse très poussée des avantages et des inconvénients des compagnies à bas coût s'impose: comparaison avec les tarifs négociés auprès des compagnies traditionnelles, fréquence des vols, éloignement des aéroports, qualité de service, etc. «L'achat de billets low cost doit répondre à une opportunité, conclut
Stéphane Donders, directeur général de KDS, une entreprise spécialisée dans l'optimisation des voyages d'affaires. Il ne s'agit pas de rechercher des économies à tout prix au détriment de la sérénité du voyageur par rapport à ses rendez-vous d'affaires.»
L'avenir? «Ce sont les compagnies traditionnelles qui vont de plus en plus copier les low cost que l'inverse, en témoignent les low fares (tarifs promotionnels), qui constituent la réponse de ces compagnies aux low cost, prédit un spécialiste au marcne. Les compagnies a bas coût, quant à elles, vont attaquer le marché du long courrier, à I'image de l'Avion.» Cette compagnie du groupe Elysair propose, il est vrai, des vols directs Orly/New York exclusivement en classe affaires à partir de 1 275 euros TTC. D'autres font de même depuis Londres, comme Eos Airlines, Silverjet et Maxjet. Cette réacti vée des compagnies low cost pousse les compagnies traditionnelles à plus de créativité. Le tout dernier service d'Air France permet ainsi aux voyageurs d'affaires d'effectuer leur enregistrement via l'Internet mobile de leur téléphone portable jusqu'à trente minutes avant l'heure limite d'enregistrement du vol! Une surenchère qui profite, en tout état de cause, aux voyageurs.

Stéphane Donders, KDS
«L'achat de billets low cost doit répondre à une opportunité.»
SEBASTlEN MARCHON, senior manager chez Carlson Wagonlit Travel. Un phénomène de mode pour Carlson Wagonlit Travel
Les compagnies low cost, en particulier depuis la France, n'offrent pas la même couverture que les compagnies traditionnelles. Elles ne peuvent donc pas répondre à l'ensemble des besoins des entreprises en matière de voyages d'affaires. Chez Carlson Wagonlit Travel, on reste donc sceptique quant à l'opportunité d'intégrer les compagnies low cost dans les politiques voyages des entreprises. «Lors des négociations annuelles, les compagnies traditionnelles, qui ont une meilleure desserte et des horaires adaptés, attendent des entreprises un certain volume d'achats sur les destinations où la concurrence des compagnies low cost est forte, explique Sébastien Marchon, senior manager chez Carlson Wagonlit Travel. Si elle est atteinte, la compagnie fera un geste sur les autres routes, peu ou non couvertes par les compagnies low cost. Dans le cas contraire, l'entreprise sera pénalisée sur toutes les routes.» Et de citer l'exemple d'un client qui, au final, en privilégiant systématiquement les compagnies low cost sur certaines destinations, n'avait réduit sa dépense globale que de 2,4%. «A travers différentes études, nous avons calculé que sur un programme total, la fourchette moyenne de réduction des coûts, grâce à l'utilisation de l'offre low cost, se situe entre 0,5 et 4%, reprend Sébastien Marchon.
L'achat de billets low cost est une mode plus qu'un réel levier de réduction des dépenses.» Carlson Wagonlit Travel encourage donc ses clients à réserver le plus tôt possible sur les compagnies traditionnelles où le billet reste échangeable et remboursable. Entre J-15 et J-3, les écarts de prix sont déjà de 35%.
Mots clés : Low cost | Aérien | Travel managers | Compagnies aériennes | Voyages d'affaires
Commentaires des lecteurs
Info-commerciale
Vos Kbis en un clic.
Sur Infogreffe accédez en toute simplicité à tous les Kbis. Avec le service d'envoi périodique, recevez automatiquement vos Kbis par courrier au rythme de votre choix.
› INFOGREFFE
Le site
est un site Editialis
Les sites Editialis : Tout le marketing | Le site des managers commerciaux | La relation client à distance | Tout sur le e-commerce | Chef d'Entreprise
Index thématique : A | B | C | D | E | F | G | H | I | J | K | L | M | N | O | P | Q | R | S | T | U | V | W | X | Y | Z