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Les fournitures et le mobilier de bureau se parent de vert

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Produits recyclés, recyclables ou à la solidité renforcée... le développement durable est devenu une problématique forte des fabricants de mobilier et de fournitures de bureau. D'autant que les donneurs d'ordres sont de plus en plus sensibles à ce critère.

95% du mobilier fabriqué par Kinnarps est labellisé NF Environnement. Ici, le nouveau siège 9000.

95% du mobilier fabriqué par Kinnarps est labellisé NF Environnement. Ici, le nouveau siège 9000.

Le 4 mars dernier, le fabricant de mobilier de bureau Kinnarps recevait le prix «Excellent Green Supplier of the Year» du Swedish Environmental Management Council, un titre prestigieux destiné à distinguer les entreprises les plus respectueuses de l'environnement. «Kinnarps est récompensé en raison de sa longue implication, de près ou de loin, dans le domaine du développement durable», indiquait le président du jury lors de la remise des prix. En effet, depuis 1960 et l'utilisation de couvertures plutôt que d'emballages en carton, les initiatives vertes du fabricant suédois se comptent par dizaine. «Nous avons toujours eu une approche pragmatique des questions environnementales avant même que la menace mondiale pour la Terre soit devenue une réalité», se félicite Henry Jarlsson, p-dg de Kinnarps et fils des fondateurs Jarl et Evy Andersson.

La traçabilité des produits: un critère-clé

Aujourd'hui, les trois sites de production du fabricant de mobilier de bureau sont certifiés ISO 14001 tandis que 95% de la gamme possède le label NF Environnement. Cette exigence environnementale fait partie de la stratégie commerciale de l'entreprise. Et pour cause. «Les acheteurs du privé comme ceux du public sont de plus en plus demandeurs l'aarticles écologiques» affirme François Bures, directeur marketing de Kinnarps France. La traçabilité des produits est devenue un critère de sélection déterminant, de même que la certification environnementale des usines de production.»

Bien entendu, Kinnarps n'est pas le seul fabricant de mobilier de bureau à jouer la carte du développement durable. Pour la plupart des acteurs du marché, l'environnement est même devenu un credo. Parce que le PVC contient des substances cancérigènes et suspectées d'être une cause d'infertilité, Steelcase a supprimé son utilisation et l'a remplacé par le polypropylène. De même, l'emploi du chrome, matériau polluant, est limité au maximum, le fabricant lui préférant une variété chromique moins nocive pour l'environnement, le chrome 3. Par ailleurs, les produits Steelcase sont recyclables à 99% grâce à un nombre limité de composants et à des systèmes de fixation souples favorisant leur démontage rapide. Le fabricant va même plus loin dans sa démarche. «Nous proposons à nos clients de récupérer les mobiliers enfin de vie, explique Hélène Babok, directeur des initiatives développement durable de Steelcase. Pour ce faire, nous avons conclu un partenariat avec l association de réinsertion Envie qui se charge de leur démantèlement ou leur récupération.» Les produits sont ensuite réorientés vers des filières de recyclage, remis en état le cas échéant et offerts à des associations, ou encore détruits en dernier recours. Des certificats sont remis à l'entreprise qui a ainsi une parfaite traçabilité de ses articles. De son côté, Haworth utilise des bois issus de forêts gérées de façon responsable. Les essences rares ont été abandonnées au profit de bois reconstitués à partir de matières recyclées. Les sièges Very sont ainsi conçus avec 71% de matériaux recyclés et sont valorisables à 99%. Quant à la ligne de bureau Epure, commercialisée depuis janvier 2009, elle est composée d'un empiétement en aluminium. «En développant une gamme de mobilier dédiée aux salles de visioconférence, nous promouvons des nouvelles façons de travailler et de communiquer, et donc une approche du travail plus éco-responsable», explique enfin Manuel de Sousa, responsable développement durable chez Haworth.

Des gammes de plus en plus vertes

Les fabricants de fournitures de bureau ne sont pas en reste. Selon Bruno Chaille, directeur clientèle, qualité et environnement chez le distributeur Bruneau, 20% d'entre eux sont aujourd'hui certifiés ISO 14001, contre 3% en 2001. «Il y a eu une vraie prise de conscience sur le sujet», estime-t-il. Comme pour le mobilier, certains fabricants ont fait figure de précurseurs, à l'image de Schneider dont les usines de production en Allemagne ont reçu le label Emas il y a plus de dix ans. De son côté, le Japonais Pilot a lancé, dès 2006, sa ligne Begreen, des instruments d'écriture conçus avec plus de 70% de matériaux recyclés. Un important travail de recherche a aussi été effectué sur les encres, désormais à base d'eau à 90%. «Chaque nouvel article vert est destiné à remplacer un modèle traditionnel», explique Matthias Rigeard, responsable des produits Pilot en France. Le B2P, dernier-né de la gamme en janvier dernier, est fabriqué à 89% à partir de plastique recyclé dont les deux tiers proviennent de bouteilles d'eau minérale. «Avec ce stylo, nous voulons aussi encourager les consommateurs à trier leurs déchets», reprend Matthias Rigeard. Une bouteille en plastique permet ainsi de fabriquer quatre stylos. La démarche est la même chez ses concurrents, à l'image de Bic, qui lance cette année la gamme Bic Ecolutions, conçue à base de plastique recyclé. Les articles de classement n'échappent pas non plus à la tendance du moment. Par exemple, chez Esselte et Lietz, tous les produits sont? fabriqués dans des usines certifiées Iso?/14001 utilisant des machines à faible consommation d'énergie. «Nous économisons l'équivalent de 350 millions de tonnes de C02 par an», se félicite Olivier Langlois, président d'Esselte France. Le fabricant propose aussi, à travers sa marque haut de gamme Leitz, des boîtes de classement, baptisées Snap & Stone, à base de matières végétales, ou encore des classeurs utilisant le polyfoam, un plastique recyclé à 100%.

Pour les spécialistes des fournitures et du mobilier de bureau, il convient néanmoins de rester prudent. «Uny a pas d'évolution majeure sur ce marché mais plutôt des effets d annonce», estime Pierre Ravenel, en charge du pôle développement durable au sein du cabinet de conseil Factea. Par exemple, ce dernier rappelle qu'il n'existe aucun label éco-européen ou NF Environnement pour les instruments d'écriture. «Sur ce segment du marché, le caractère responsable ou éco-citoyen des produits reste purement déclaratif», prévient-il.

Mustapha Elouajidi, adjoint au responsable des achats, Communauté urbaine de Bordeaux

Mustapha Elouajidi, adjoint au responsable des achats, Communauté urbaine de Bordeaux

Investir sur le long terme

Cependant, pour d'autres produits, tels que les papiers bureautiques, il existe une profusion de labels. « Il y en a tant qu'il est impossible de s'y retrouver le marché des fournitures de bureau manque de visibilité», ajoute-t-il. Un moyen parmi d'autres pour acheter éco-responsable selon l'expert: privilégier un mobilier robuste, dont la durée de vie permet d'espacer les approvisionnements. Dans l'univers des fournitures, cela revient par exemple à référencer des stylos dont le nombre de mètres d'écriture est le plus long! «le caractère écologique des produits s'apprécie plus par rapport à la politique de responsabilité sociale et environnementale des fabricants», nuance Jean- Paul Gasc, directeur grands comptes chez Corporate Express. A l'image de Kinnarps, les fabricants de fournitures et de mobilier de bureau l'ont bien compris.

«Nous avons nos propres critères à côté des labels officiels»

Le développement durable fait partie intégrante des critères d'achats de fournitures et de mobilier de bureau de la communauté urbaine de Bordeaux (CUB) depuis 2007. A l'époque, en effet, la région Aquitaine et l'Ademe ont lancé un appel à projets pour promouvoir les achats éco et socio-responsables au sein des collectivités locales. «Les organisations publiques doivent montrer l'exemple, explique Mustapha Elouajidi, adjoint au responsable des achats de la CUB. Nous avons donc utilisé cet appel à projets comme un tremplin pour susciter une prise de conscience chez nos agents.» Pour ces achats, la CUB s'appuie donc sur des éco-labels reconnus, tels que NF Environnement ou l'Ange Bleu, mais pas seulement. «Nous avons nos propres critères. Par exemple, le mobilier de bureau doit être facilement réparable, afin d'espacer l'approvisionnement.» Pour les fournitures de bureau, l'accent a été porté sur les usagers. «C'est bien d'acheter des matériaux recyclés ou recyclables, mais c'est encore mieux d'utiliser ces fournitures de bureau de façon responsable et d'éviter le gaspillage!» Aujourd'hui, cette démarche de développement durable est appliquée à toutes les familles d'achats.


Communauté urbaine de Bordeaux
BUDGET ANNUEL
1milliard d'euros
NOMBRE D'AGENTS
2500
VOLUME D'ACHATS ANNUEL
542 millions d'euros

Mot clés : produit

Annette DEBEDA, Véronique MEOT