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Les collectivités territoriales valorisent les énergies renouvelables

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Biogaz, bois, énergie solaire et géothermie font partie des nombreuses énergies renouvelables utilisées par les collectivités territoriales au quotidien. Retours d'expérience sur des projets réussis ou à venir.

L'ambition est clairement affichée par l'Union européenne. Les énergies renouvelables comme le solaire, l'éolien, la géothermie ou la biomasse devront représenter au moins 20 % des énergies consommées par ses 27 pays membres en 2020. La France, selon un objectif fixé par le Grenelle de l'environnement, doit faire passer de 10,3 % à 23 % la part des énergies renouvelables dans sa consommation énergétique totale. Un enjeu économique considérable. D'après l'Ademe, les énergies vertes pourraient représenter d'ici à 2012 un marché de plus de 24 milliards d'euros et l'équivalent de 120 000 emplois.

Dans ce contexte, le rôle des collectivités territoriales est central. Elles sont nombreuses à recourir aux énergies vertes pour leurs propres besoins. Si ces énergies aident à lutter contre le réchauffement climatique, elles garantissent un approvisionnement maîtrisé sur le long terme. Cependant, toutes ne rencontrent pas le même succès. « La géothermie et les panneaux solaires sont les plus utilisés par les collectivités locales », témoigne Maud Lelièvre, déléguée générale d'Ecomaires, l'association des maires pour l'environnement et le développement durable.

Les panneaux solaires peuvent produire de l'électricité (via ses panneaux photovoltaïques) ou de la chaleur, principalement utilisée pour chauffer l'eau des sanitaires ou les piscines municipales. Seule contrainte : l'ensoleilement. Utilisée depuis plusieurs années, la géothermie est l'exploitation de l'énergie thermique (chaleur) contenue dans le sous-sol, dans lequel la température augmente avec la profondeur. Autre énergie sélectionnée par les collectivités locales : le biogaz. Le biogaz est composé de 50 % à 70 % de méthane en fonction de son origine et de la qualité des ressources et de l'installation. Enfin, le bois fait également partie des énergies renouvelables.

Henri Dupassieux (Chambéry)

Henri Dupassieux (Chambéry)

CAS PRATIQUES
Chambéry mise sur le solaire

Championne de France dans le domaine de l'énergie solaire, Chambéry a mis en place, dès 2005, un plan solaire basé sur le photovoltaïque.

En janvier dernier, la ville de Chambéry (Savoie) a été primée lors du championnat de France du solaire des collectivités - rebaptisé «Ligue énergies renouvelables France» -, organisé par le Comité de Liaison énergies renouvelables, en partenariat avec l'Ademe, le ministère de l'Écologie, l'Association des maires de France et la Fondation Nicolas Hulot. Ce prix est ainsi venu récompenser les projets photovoltaïques mis en oeuvre par la cité des Ducs. Une politique de la ville débutée en 2005. Depuis cette date, 4 500 m2 de panneaux photovol taïques ont été installés dans la ville, pour une puissance totale de 382 kilowattcrête La puissance-crête d'une installation photovoltaïque est la puissance maximale qu'elle peut produire (source : Ademe). . À eux seuls, les bâtiments publics neufs produisent une puissance de 165 kW. « Entre 120 et 700 m2 de panneaux pho tovoltaïques par installation ont été mis en place sur les toits de deux écoles, une garderie, une crèche et un gymnase pour un coût d'investissement compris entre 4,5 et 7,50 euros le kilowatt-crête », précise Henri Dupassieux, adjoint au maire de Chambéry en charge du dévelop pement durable, des bâtiments publics et du réseau d'énergie. Un prix très modéré pour une efficacité désormais recon nue au niveau national.

Chambéry

DÉPARTEMENT
Savoie
BUDGET 2009
100 millions d'euros
NOMBRE D'HABITANTS
58 000

Jonzac promeut les énergies vertes

Avec deux puits géothermiques, une maison de l'énergie et bientôt trois chaudières bois, la station thermale de Jonzac fait feu de tout bois.

Depuis plus de trente ans, la ville de Jonzac (Charente-Maritime), sous l'impulsion de son sénateur-maire Claude Belot et en partenariat étroit avec le conseil général, a développé de nombreux projets liés aux énergies renouvelables, qu'ils s'agissent de chaudières bois ou de géothermie. Dès 1979, la station thermale a mis en place un chauffage urbain via trois sources d'énergie : un premier forage géothermique, une unité d'incinération d'ordures ménagères et un four poly-combustible. Ces deux dernières solutions ont été remplacées par deux chaudières bois de 3 mégawatts. Aujourd'hui, le réseau urbain dessert presque 300 abonnés, dont une trentaine de structures publiques et d'entreprises. « La construction d'une troisième chaudière à bois de 3 mégawatts devrait débuter au printemps pour un coût de 5,5 millions d'euros », indique Christophe Dornier, directeur chargé de l'énergie au conseil général.

Deux forages géothermiques ont été construits par la ville. Le premier est réservé aux thermes. Quant au second, il permet de chauffer 90 % des 11 500 m2 du centre aqualudique «Les Antilles» de la ville (locaux et eaux des bassins). Les 10 % restants sont couverts par le chauff age urbain au bois. Cette année, une exposition sur l'isolation thermique devrait être présentée dans la Maison de l'énergie.

Jonzac

DEPARTEMENT
Charente-Maritime
BUDGET 2009
16,6 millions d'euros
NOMBRE D'HABITANTS
4 296

Henri Gadaut (Lille Métropole)

@ PASCALINE CHOMBART - LMCU

Henri Gadaut (Lille Métropole)

CAS PRATIQUES
Du biogaz pour les bus de Lille

La métropole lilloise va faire rouler ses bus avec le biogaz produit par le Centre de valorisation organique de la ville.

Aujourd'hui, trois dépôts accueillent chacun un parc de 150 bus roulant au gaz naturel pour le compte de Lille Métropole Communauté Urbaine (LMCU). Un carburant fourni par Gaz de France en attendant l'homologation, qui est en cours, des installations de transport au biogaz issu du Centre de valorisation organique (CVO) de la métropole lilloise. Le CVO de Se quedin produira en eff et 4 millions de m3 de biogaz par an, soit une économie de 4 millions de litres de gasoil. Pour ce faire, le centre transforme en compost et en biogaz-carburant 108 600 tonnes de biodéchets - issus des marchés municipaux, des centres de restauration collective, ou encore des déchets et autres encombrants municipaux - produits chaque année par l'agglomération. Le coût global du CVO s'élève à 75 millions d'euros, financé à 95 % par LMCU (par l'intermédiaire d'un prêt consenti par la Banque européenne d'investisse ment) et à 5 % par des aides de l'Ademe, de la région Nord-Pas-de-Calais, des voies navigables de France, ainsi que des fonds structurels européens. « Nous réfléchissons actuellement à la production du biogaz à partir des boues de la station d'épuration de Wattrelos », précise Henri Gadaut, viceprésident chargé des déchets ména gers à LMCU. Autre projet à l'étude au sein de la communauté urbaine : l'installation de panneaux photovoltaïques sur les toits de la future déchetterie de Seclin.

Lille Métropole Communauté Urbaine

DEPARTEMENT
Nord
BUDGET 2009
1,5 milliard d'euros
NOMBRE D'HABITANTS
1,2 million

Jacques Perreux (Val de Marne)

Jacques Perreux (Val de Marne)

Le Val-de-Marne utilise la géothermie

Depuis 28 ans, des logements et des collèges du département sont chauffés grâce à la géothermie.

Premier département français pour l'utilisation de la géothermie, le Val-de-Marne dispose sur son territoire, depuis 1982, de 16 puits pour alimenter les réseaux de chauffage urbain. En effet, l'eau chauf fée naturellement est pompée à 1 800 mètres de profondeur, à une température de 70 °C. Outre les logements, de nombreux collèges du département bénéficient de la géothermie. C'est le cas des collèges de Champigny, Maisons-Alfort, Bonneuil, Fresnes et Arcueil. Ce dernier fait l'objet d'un projet expérimental avec un système de chauffage à base d'eaux usées. Le conseil général a également pris la décision d'installer des panneaux photovoltaïques pour les établissements scolaires du second degré ne pouvant pas disposer de la géothermie. Pour le conseil général, la géothermie s'intègre avant tout dans une démarche écologique. « Ce procédé permet d'éviter le rejet, chaque année, de l'équivalent de 200 000 tonnes de gaz à effet de serre », explique Jacques Perreux, son vice- président en charge du développement durable.

Val-de-Marne

REGION
Ile-de-France
BUDGET 2009
1,77 milliard d'euros
NOMBRE D'HABITANTS
1,3 million