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Les clés pour informatiser son entreprise

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En France, les prestations informatiques sont de plus en plus externalisées. On assiste au développement de solutions mobiles et à la progression des solutions analytiques. CRM et sécurité figurent en haut de l'agenda des DSI, chargés de rationaliser les infrastructures informatiques en tenant compte de l'émergence de l'informatique «en nuage».

Le marché informatique se découpe en trois segments majeurs: matériel, logiciel et prestations intellectuelles. Les experts se disputant une définition du périmètre fonctionnel de ce marché, on retiendra que ce marché recouvre l'ensemble des composants qui sont reliés au réseau (LAN/WAN) de l'entreprise. De fait, on s'aperçoit que le marché informatique englobe les télécoms et l'impression.

Du point de vue des achats, il s'agit toujours de produits à forte technicité, les prestations intellectuelles constituant un cas particulier.

 

Le marché de l'informatique

La dépense est en croissance en 20 10, par rapport à 2009. La réduction des budgets conduira les DSI, avec l'aide des acheteurs, à l'optimisation des coûts (mutualisation, virtualisation, SaaS, etc.). Selon les résultats de la dernière étude Gartner, le marché hexagonal du PC professionnel fait état d'une progression de 9 % au deuxième semestre 2011 en glissement annuel. En 2011, l'EITO, observatoire européen des TICs, prévoit une hausse des dépenses informatiques mondiales de l'ordre de 4,3 %, avec de forts taux de croissance dans les pays émergents. En Europe, l'Allemagne sortira en tête des investissements informatique. La France, elle, se démarquera par la plus forte croissance dans le domaine des logiciels d'infrastructure (+4,2 %). Analysant les chiffres du marché informatique, le président de l'EITO, Bruno Lamborghini, indique que l'augmentation des dépenses en 2012 est conditionnée à la sortie de crise financière des pays industrialisés (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Espagne, etc.). De son côté, Gartner remarque une situation enviable du marché des logiciels, avec près de 255 milliards d'euros sur l'année. Et note que les services informatiques devraient tirer le marché, notamment avec la mise en place du cloud computing.

La dépense informatique en France

Pour IDC, les prévisions pour 2011 sont plus pessimistes, et revues à la baisse de + 3,5 % à + 2,5 %. Didier Krainc, directeur d'IDC France, précise que l'impact négatif de la crise ne devrait pas conduire à une récession en 2012. Le secteur des logiciels tient toujours la forme (+4 %), devant les services informatiques (+2,4 %) et le matériel (+ 1,3 %). Des chiffres positifs surtout dus à un premier semestre dynamique, constate IDC. Par ailleurs, IDC estime que la baisse des dépenses ne touchera pas les grands projets mais plutôt les investissements à la marge. «Le ralentissement restera limité et il devrait davantage concerner les projets «de confort». Les grands projets de transformation restent d'actualité, car ils sont nécessaires», commente au journal Les Echos, Didier Krainc.

Le matériel informatique

Les PC portables. Remplacer les ordinateurs de bureau par des portables permet de répondre aux besoins de mobilité des salariés. Les fabricants se sont adaptés à cette nouvelle façon de travailler et proposent différents modèles, comme les ultraportables et les tablet PC.

Ultramince, ultraléger, offrant des performances dignes de celle d'un ordinateur de bureau, les ultraportables séduisent les populations nomades, pour lesquelles le poids et la taille sont des facteurs déterminants dans la décision d'achat. Poussés par les géants du processeur Intel et AMD, les constructeurs informatiques partent à l'assaut du segment de l'ultraportable, largement détenu par Apple depuis la sortie du MacBook Air (en 2008). Tous les ultraportables présentent désormais des dimensions affinées et standardisées. Un écran de 13,3 pouces, une épaisseur de moins de 2 cm, un poids inférieur à un 1,5 kg et des composants matériels de dernière génération comme les processeurs Intel i3 à i7 et des cartes SSD. « Cette nouvelle génération de portables a vu son prix divisé par trois, explique Bruno Lakehal, analyste chez Gartner, passant de 2500 euros HT à 800 euros HT pour un modèle dentrée de gamme. Mais à ce prix, il s'avère encore trop important comparé aux autres PC portables standard dont la valeur d'achat ne dépasse pas les 600 euros. »

Autre matériel répondant aux besoins de mobilité des salariés: les Tablet PC. On parle aussi «d'ardoises PC». Il s'agit d'ultraportables équipés d'un stylet pour écrire ou dessiner, comme sur un bloc-notes. Ils peuvent fonctionner en mode paysage et portrait. Passer de l'un à l'autre s'effectue facilement, sans redémarrage. Ils doivent aussi disposer de boutons pour éviter d'avoir à utiliser le clavier. Ces appareils existent sous deux formes: «convertible» (la tablette ressemble alors à un portable traditionnel, mais son écran peut tourner et se rabattre sur le clavier qui contient toute la partie électronique) ou «slate» (la partie électronique est située sous l'écran). Ces tablettes sont équipées de ports USB, PCMCIA/PC card, firewire, wi-fi, IrDA, bluetooth, etc. La différence avec les PDA réside dans leur plus grande taille mais aussi dans la possibilité d'activer n'importe quel logiciel.

- Les PC de bureau. De plus en plus puissants, dotés d'un écran toujours plus grand, évolutifs et accessibles financièrement, les PC de bureau présentent de nombreux avantages, notamment face aux portables. Au coeur de la machine et de sa puissance, le processeur est un élément-clé de l'ordinateur. Deux constructeurs se partagent le marché: Intel avec sa série des Intel Core 2 Duo, et AMD avec ses Athlon 64x2. La mémoire installée (RAM) qui permet aux applications de fonctionner plus ou moins vite est aussi un critère de choix. Il faut compter au moins 512 Mo de RAM. Une quantité de 1 Go est préférable, surtout si le PC supporte le système d'exploitation Windows Vista. Un disque dur à partir de 80 Go dont la vitesse de rotation est de 7200 tours par minute semble suffisant. En matière de connectique, six prises USB 2.0 et une prise Firewire sont un bon compromis.

- Le PDA (Personal Digital Assistant ou assistant numérique personnel), aussi appelé organiseur, est un ordinateur de poche. Il est composé d'un processeur, de mémoire vive, d'un écran tactile et de fonctionnalités réseau dans un petit boîtier. Un assistant personnel fournit en standard des applications comme un agenda, un gestionnaire de tâches, un carnet d'adresses et un logiciel de messagerie pour consulter des e-mails.

Les bonnes pratiques achats

Les achats doivent être capables d'accompagner les DSI dans leur mutation, en apportant une contribution opérationnelle à chaque projet, en proposant des alternatives innovantes, en veillant à la sécurité des process de sourcing et de choix des solutions sur le rapport coût/qualité/délais. Les acheteurs doivent respecter les exigences techniques et calendaires des DSI. Car il faut comprendre qu'un directeur informatique doit faire face à des clients internes pressés, aux exigences fortes mais souvent instables, à une direction limitant chaque année un peu plus son budget tout en réclamant de meilleures performances, et à des fournisseurs promettant souvent plus qu'ils ne peuvent tenir. Il hérite souvent de systèmes complexes, voire hétérogènes, à sa prise de fonction. Et il doit jongler avec le maintien opérationnel de ces derniers en y intégrant des composants de dernière génération. Les DSI affichent quelques réticences vis-à-vis des services achats, à quelques rares exceptions près. La raison est assez simple: lorsque les achats s'inscrivent dans les process de la DSI, c'est le plus souvent pour ajouter une couche administrative (formulaires à remplir, validation à plusieurs étages, etc.) sans autre réelle valeur perçue.

Au vu de la complexité quotidienne à gérer, ils ont vite fait de botter en touche. Et lorsqu'il faut une ressource immédiate pour pallier une absence, faute de quoi un projet prend l'eau, pas question de devoir supporter les arcanes d'une organisation achats. Mais le respect de quelques règles peut fluidifier le dialogue.

Les règles à respecter

Compétences achats et informatique. Comme tout domaine technologique, la double compétence est indispensable pour sortir les achats du rôle d'approvisionneur, et les inscrire le plus en amont possible dans les process stratégiques et les projets IT La capacité à participer à un débat technique avec les équipes projets pour discuter des alternatives possibles, en y apportant des arguments propres aux achats, est un facteur essentiel à l'intégration des achats dans les process des DSI. A chaque étape des cycles (budgétaires, projets, etc.), les achats doivent être force de proposition et démontrer que leur action viendra améliorer les résultats, sans augmenter les délais ni bloquer les processus. Les DSI ne demandent qu'à être convaincus et sont preneurs de tout ce qui leur permettra de faire avancer leurs projets tout en sécurisant les processus. Sans doute plus avec les DSI qu'avec les autres domaines fonctionnels des achats hors production, la capacité à mener les achats en mode projet est essentielle.

Les achats doivent déployer des solutions simples au travers de processus explicites qui permettent à la DSI de maintenir une relation directe et spontanée avec les fournisseurs tout en préservant la qualité achats des processus, de bout en bout. Parce que c'est la DSI qui porte les engagements de service (SLA) et de performance du SI (temps de réponse, disponibilité, «évolutivité») et qui choisit les solutions. Les achats permettront de conforter ce choix en ayant mis en exergue les éléments issus de leur participation aux projets (mise en concurrence réelle, recensement des coûts directs et indirects, comparaison détaillée des offres, contraintes légales, etc.). L'acheteur doit veiller non seulement aux coûts directs (acquisition, le plus souvent), mais aussi aux coûts indirects (déploiement, maintenance, formation, exploitation, etc.). Les directeurs informatiques sont souvent focalisés sur les coûts directs, et ont tendance à relativiser les coûts indirects. Des livrables de type TCO et de retour sur investissement sur les projets deviendront vite indispensables aux directeurs informatiques. L'acheteur veillera à ce que les contrats reflètent l'exact engagement des fournisseurs, de l'offre initiale jusqu'aux derniers échanges en négociation. Il sera attentif à la présence de toutes les clauses nécessaires à la sauvegarde de l'entreprise en cas de défaillance du fournisseur (que ce soit par rapport aux délais ou par rapport à la qualité). Les achats ont aussi la responsabilité d'intégrer les clauses légales applicables dans les projets (protection des données dans un environnement cloud, protection de la propriété intellectuelle sur de la TMA, réversibilité sur de l'infogérance, etc.).

Pierre Michaut, directeur associé de Factea IT

@ A. OLSZAK

Pierre Michaut, directeur associé de Factea IT

Avis d'expert

Le rôle d'un acheteur est aussi de challenger le niveau de sécurité demandé par le service informatique»
La sécurisation des données stratégiques concerne non seulement la direction des systèmes informatiques, mais également les achats. «Le rôle d'un acheteur est notamment de challenger le niveau de sécurité demandé par le service informatique (SLA)», explique Pierre Michaut, directeur associé de Factea IT.
Concrètement, il doit vérifier que le niveau d'exigence de la DSI est correctement exprimé, «c'est-à-dire qu'il n'y ait ni surenchère, ni sous-estimation par rapport au réel besoin des projets, ce qui dans le cas contraire génère des surcoûts ou des risques importants».
Par ailleurs, il doit s'assurer que les besoins exprimés couvrent bien tous les sujets liés à la sécurité, (accessibilité, disponibilité, intégrité des données). Il faut aussi adapter les processus de back-up en cas de sinistre (Disaster Recovery Plan). « Attention, toutes les données n'ont pas le même niveau de criticité, précise Pierre Michaut. Plus le cahier des charges est précis sur la sécurité à mettre en place selon la typologie fonctionnelle des données, plus l'entreprise paiera le juste prix et réalisera ainsi des économies sans nuire ni aux performances ni à la sécurité. »

zoom

L'informatique en nuage
Le cabinet d'études Markess International a livré les résultats de son baromètre annuel des prestataires cloud computing. Le SaaS, fer de lance du cloud computing, continue à pénétrer l'ensemble du tissu économique, tous les indicateurs étant positifs en comparaison avec 2010. Selon les prestataires interrogés, l'existence d'une réelle demande des grandes entreprises et des ETI (Entreprises de taille intermédiaire) est confirmée. Plus de 90 % des prestataires la qualifiant de moyenne à soutenue en 2011.
En 2011, 83 % des prestataires interrogés s'accordent pour avancer que le modèle traditionnel de vente de licences logicielles devrait progressivement basculer en France vers le modèle SaaS. L'autre enseignement de ce baromètre concerne les perspectives de marché pour le premier semestre 2011. La valeur du marché français des logiciels et services liés au cloud devrait atteindre 3,3 milliards d'euros en 2013 contre environ 1,9 milliard en 2010.
Par ailleurs, selon le cabinet Pierre Audoin Consultants, la part des dépenses cloud dans les dépenses informatiques globales devrait passer de 4 % en 2010 à 20 % à l'horizon 2020.