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Les achats, évolution ou révolution?

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Les compétences des acheteurs se développent au rythme des mutations que traversent les entreprises. La 11e conférence annuelle de l'Aca a fait le plein d'idées sur la formation des acheteurs et leur faculté à poursuivre leur carrière après les achats.

«Les métiers des achats et de la supply chain connaissent-ils une évolution ou une révolution?» Telle est la question à laquelle la 11e édition de l'Aca a tenté de répondre. Pour ce faire, intervenants et publics provenant d'entreprises prestigieuses (EADS, Safran, Areva, SaintGobain, etc.) se sont réunis sur le campus HEC Paris.

Des modules de formation personnalisés

C'est autour du thème «Comment développer les compétences nouvelles attendues» que la première table ronde se centrait, ce qui a permis aux intervenants d'échanger sur les raisons qui ont incité les directions d'Areva et du groupe Safran à créer leurs propres cursus de formation aux métiers des achats. «Nous avions besoin de compétences en hard et soft skills que nous n'arrivions pas à trouver à l'extérieur», souligne Dominique Tibault, chargé du référentiel emploi et compétences achats du groupe Safran. Peu ou prou le même argument avancé par Pierrette Moreau, DRH pour la population achats du groupe Areva: «L'objectif est de renforcer la professionnalisation du service achats. Nous avons un important besoin de customiser nos formations pour les adapter à nos spécificités. Les résultats sont concluants avec plus de 400 personnes formées issues de notre propre cursus. » Trois modules ont été retenus, à la fois par Areva et le groupe Safran. Le premier module, consacré à l'ensemble du processus achats, s'achève par un projet mené par le candidat. Le deuxième consiste à maîtriser la gestion des relations fournisseurs ainsi que les techniques de négociation. Enfin, la dernière étape est l'obtention d'un master achats grâce à la réalisation d'un mémoire en coopération avec une école de formation extérieure.

Quant à la seconde table ronde, la question consistait à déterminer dans quelle mesure les compétences des responsables achats peuvent être utilisées pour poursuivre une carrière, notamment en visant des postes de management général. Certains y arrivent... mais le chemin est parsemé d'embûches. Tous ont été unanimes pour dire que les responsables des services achats disposent de sérieux atouts. Pour Laurence Laroche, manufacturing VP chez Saint-Gobain: «L'ouverture vers l'extérieur, et notamment à l'international, la grande diversité des sujets abordés ou le management «par influence» sont d' indéniables qualités. » Jean-Michel Gendre, directeur de la formation de EADS Astrium, renchérit: «Les directeurs achats disposent d'une vision transversale de l'entreprise et sont en mesure de comprendre les différentes cultures internes. » De son côté, Philippe de Jongh, p-dg de Beuralia affirme: «Les nombreux métiers en contact avec le directeur achats, notamment dans la finance ou le juridique, confèrent à celui-ci un rôle d'interface et lui permettent de développer de réelles compétences qui lui seront indispensables dans l'exercice d'une fonction de management général. »

Comment gravir les derniers échelons?

Pour autant, ces qualités ne semblent pas suffisantes pour espérer une ascension vers des fonctions à plus haute responsabilité. Comparée aux métiers du marketing/vente ou de la finance, la fonction achats reste jeune et cette jeunesse est encore perçue comme un handicap aux yeux des managers. «L'accès à des postes de direction générale pour un décideur achats est facilité, s'il arrive à prendre du recul et s'il accède à des fonctions autres que son métier d'origine», constate Jean-Michel Gendre. Pour le p-dg de Beuralia, l'ascension vers les sommets passe par des concessions encore plus grandes: «Il faut être prêt, le cas échéant, à changer d'entreprise, si on souhaite sortir des m é tiers de la supply chain pour accéder à un poste de direction le», conclut Philippe de Jongh.