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Le mérite d'exister

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La signature, le 11 février dernier, d'une charte des bonnes pratiques achats vis-à-vis des PME par une vingtaine de grands comptes ne sera sans doute pas l'événement de l'année. En revanche, le fait qu'elle ait eu lieu à Bercy, en présence de Christine Lagarde, rappelle l'importance des relations clients/fournisseurs et, par-là même, le rôle stratégique de la fonction achats. C'est aussi une belle reconnaissance pour la Cdaf, longtemps raillée pour son inactivisme, mais dont le travail avec la Médiation du Crédit a fini par porter ses fruits. Bien sûr, cette charte ne va pas régler tous les problèmes potentiels entre les grands donneurs d'ordres et les PME. Comme le disait Louis Gallois, p-dg d'EADS et lui-même présent le 11 février, il convient de ne pas verser dans «l'angélisme». Les directions achats continueront certainement à faire pression sur les coûts et à réduire leurs panels fournisseurs, conformément aux objectifs fixés par leur direction générale.

@ ARNAUD OLSZAK

Toutefois, cette charte a le mérite d'exister. Certaines dispositions ne sont qu'un rappel à la loi, comme le respect des délais de paiement. Cela dit, le document va plus loin et demande aux acheteurs de ne pas négocier de rabais supplémentaires, suite à l'application de la loi de modernisation de l'économie et à la réduction de ces mêmes délais de paiement à 60 jours. D'autres points sont plus novateurs, comme la nomination chez les signataires d'un correspondant PME chargé de prévenir les tensions, voire les conflits. Cette charte des «10 engagements pour des achats responsables» porte bien son nom.