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Le bâtiment modulaire se généralise dans les écoles

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Le secteur de l'éducation est le plus gros consommateur de bâtiments modulaires dans les collectivités. Les délais de livraison rapides permettent de faire face aux aléas du nombre d'élèves ou des travaux qui s'éternisent. Quant au critère de prix, il a tendance à s'effacer devant celui du confort.

L'école de Mouilleronle-Captif, en Vendée, a fait construire 477 m2 de bâtiments modulaires.

L'école de Mouilleronle-Captif, en Vendée, a fait construire 477 m2 de bâtiments modulaires.

Le 13 janvier dernier, le collège François-Truffaut de Betton, au nord de Rennes, a été détruit par un incendie en pleine période scolaire. Le Département, responsable des collèges, s'est retrouvé dans l'obligation de mettre en place de nouvelles infrastructures dans les plus brefs délais. Le fabricant de bâtiments modulaires, Yves Cougnaud, a été sollicité pour installer 12 salles de classe en moins de 15 jours, afin de pouvoir accueillir à nouveau les élèves.

A l'instar du département d'Ille-et-Vilaine, de plus en plus de collectivités font le choix du modulaire, dans des secteurs très divers. «L'activité progresse d'année en année, au rythme moyen de 10% par an», estime Christophe Cougnaud, directeur général d'Yves Cougnaud. Le secteur scolaire représente un marché et un segment commercial à part entière chez les fabricants ou distributeurs. «L'enseignement atteint près de 20% de notre activité à la vente», ajoute Christophe Cougnaud. En France, son entreprise équipe en modulaire plus de 1500 classes. Dans le domaine scolaire, les collectivités optent le plus souvent pour la location. Réversible et plus flexible que l'achat, elle correspond mieux aux besoins. Pour le directeur général d'Yves Cougnaud, «la location est privilégiée pour les constructions temporaires, d'un ou deux ans. Au-delà, la collectivité préfère acheter».

Le délai, premier critère d'achat

Si les personnes publiques font le choix du modulaire, c'est d'abord parce que ce dernier offre des délais de fabrication et de livraison plus rapides que les constructions ordinaires. Ce critère est prioritaire dans la sphère publique, particulièrement dans les écoles, soumises à de nombreux aléas: ouvertures de classes, notamment dans les zones périurbaines où affluent les nouveaux habitants, extensions des locaux parfois anciens, travaux qui empiètent sur la période scolaire... «Le décideur est un élu qui ne dispose que d'une durée de mandat limité, complète Bertrand Quénot, directeur général France d'Algeco et président de l'Association de constructions industrialisées et modulaires (Acim). Le manque de lisibilité le pousse parfois à faire le choix du modulaire, pour lequel les durées de fabrication et de livraison sont divisées par trois.» Une réactivité également facilitée par les besoins peu importants en surface, de 300 à 400 m2 en moyenne. «Mais sur les projets plus grands, de plusieurs milliers de mètres carrés, il est tout aussi essentiel et indispensable de respecter le délai imparti», ajoute Bertrand Quénot. Dans ce dernier cas, le délai s'étire en moyenne entre 12 et 16 semaines.

Si le critère de temps s'avère primordial sur ce type de marché, la question du coût n'est pas non plus négligeable. Là encore, le modulaire présente des avantages. Un mètre carré peut coûter jusqu'à 30% moins cher que celui d'un bâtiment traditionnel. Et recourir au modulaire simplifie le marché: contrairement aux constructions en dur, il n'impose pas le recours à différents corps de métiers (architectes, artisans...).

Néanmoins, dans le secteur scolaire, le critère du prix s'efface souvent devant celui du confort des élèves et des enseignants. «Déplus en plus de collectivités font le choix de bâtiments architectures; qui représentent le haut de gamme, observe ainsi Christophe Cougnaud. Il a fallu développer notre offre pour proposer de meilleures adaptations aux sites. Mais aujourd'hui, ces solutions représentent la moitié de notre activité.» Le choix de ces structures haut de gamme s'explique aussi par une recherche maximale de sécurité, mais aussi d'esthétisme. Les constructeurs ont fait évoluer leurs gammes, dont la fabrication en standard s'effectue à partir de modules en acier. Des matériaux tels que le verre, la brique ou le bois sont également intégrés dans les bâtiments architecturés.

Christophe Cougnaud, société Yves Cougnaud

«De plus en plus de collectivités font le choix de bâtiments architecturés.»

Limiter La consommation d'énergie

Les différentes gammes de modulaires sont donc en perpétuelle évolution et s'adaptent aujourd'hui à une nouvelle exigence, celle de l'environnement, dont les contraintes apparaissent désormais dans les cahiers des charges. Le modulaire propose ainsi, à l'instar des constructions traditionnelles, des solutions visant à limiter la consommation d'énergie, dans une optique écologique et s'inscrivant plus globalement dans la démarche de haute qualité environnementale (HQE), pour laquelle les collectivités montrent un intérêt croissant. «Isolation thermique et acoustique, qualité de l'air, gestion des énergies, sont autant de caractéristiques systématiquement recherchées», confirme Bertrand Quénot. Algeco va même plus loin en proposant des toitures végétalisées ou des systèmes de récupération d'eau pluviale.

Expérience

Des bâtiments modulaires pour moderniser l'école de Malemort-sur-Corrèze


Afin de moderniser son établissement scolaire de la Grande Borie, la mairie de Malemort-sur-Corrèze (Corrèze) a fait le choix du bâtiment modulaire. En septembre 2007, près de 500 m2 dédiés à l'école primaire, ajoutés aux 1000 m2 existants et accueillant les élèves de maternelle, ont ainsi été inaugurés. Des bâtiments destinés à remplacer les préfabriqués vieillissants, datant des années soixante-dix, dont la structure et la conception ne correspondaient plus aux normes de sécurité. « Il devenait urgent de rénover les locaux», explique Martine Subil, directrice générale des services. Comprenant une salle principale d'activité, un espace de restauration modulable en trois salles séparées, ainsi qu'une pièce annexe, les bâtiments ont été conçus et installés par le constructeur OBM, lequel a aussi pris en charge les travaux de démolition des anciens bâtiments. Coût des opérations pour la mairie: 480 000 euros, inclus dans un plan d'investissement qui comprenait également 30 000 euros de travaux de voirie ainsi que 20 000 euros d'éclairage et d'aménagement des espaces verts. Outre l'aspect financier, le choix de cette commune de 7 500 habitants d'installer des structures modulaires s'explique notamment par des raisons techniques. En effet, «entre la signature du marché et l'inauguration de l'ouvrage, moins de huit mois ont été nécessaires», ajoute la directrice générale des services. Un délai qui a permis à l'école d'accueillir ses 108 élèves pour la rentrée scolaire.


Malemort-sur-Corrèze
DEPARTEMENT Corrèze
NOMBRE D'HABITANTS 7500

Mot clés : choix |

Romain Rivière