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Décision Achats N°127 - 01/09/2009 - Florent Maillet
La mondialisation des échanges et de la communication décuple les dépenses en matière de traduction dans les entreprises. Une prestation complexe sur un marché fournisseurs atomisé que les acheteurs commencent à appréhender.

Les contrats- cadres de deux à trois ans comportent désormais une clause d'amélioration du coût annuel de traduction.»
Pour donner à son nouveau produit toutes les chances de cartonner en Inde, l'un des géants mondiaux de la téléphonie a choisi de cibler au plus près les consommateurs dans leur langue. Ses messages publicitaires et les notices des appareils ont ainsi été traduits dans 15 dialectes, qui figurent parmi les principaux utilisés dans les grandes régions du sous- continent, «lia quelques années encore, les entreprises lançant des produits en Inde se seraient contentées de l anglais», remarque Jeff Guillem, country manager chez Lion Bridge, l'une des leaders mondiaux dans le domaine de la traduction. Avec la mondialisation des échanges et le boom de la communication, les dépenses de traduction grimpent en flèche. Chez Total, par exemple, les grands contrats internationaux sont traduits en général dans une douzaine de langues au minimum! Face à une telle croissance, les achats investissent progressivement ces budgets, mais ils sont encore en phase de découverte. Les quelques exemples récents d'accords-cadres sont encore minoritaires alors que la multitude de services prescripteurs (finances, communication, marketing) gèrent encore leur propre budget de traduction avec leur prestataire habituel.
Pour caractériser le marché de la traduction et son développement, les acteurs identifient deux types de besoins. Le premier est interne à l'entreprise: communication aux salariés, échanges entre les différentes business units, débriefings deréunions...
«Dans ce cas, Vobjectif est souvent de réduire les barrières de la langue, la traduction consistant à dégrossir le message ou à le rendre bien compréhensible par tous», explique Pierre Bernassau, directeur marketing de Systran, un éditeur de logiciel de traduction automatique. En général, un logiciel de traduction interne, sous forme de moteur automatique en libre service, est alors implémenté dans les intranets. C'est notamment le cas chez les constructeurs automobiles. Le second besoin est la publication multilingue vers l'externe. Les exemples sont très nombreux: revues techniques de produits, catalogues, sites web ou encore publications financières.
S'ils sont sollicités, les achats doivent d'abord composer avec un marché fournisseurs complètement atomisé. «Il est difficile d'évaluer le nombre d'entreprises de traduction car notre métier est complètement désorganisé, reconnaît Patrick Bernardin, dirigeant d'Atlantique Traduction et membre du comité directeur de la Chambre nationale des entreprises de traduction (Cnet), qui tente de structurer le marché et d'offrir de la visibilité aux donneurs d'ordres. 77 existe une multitude de traducteurs indépendants et il est très difficile de les répertorier.» Néanmoins, la Cnet estime à environ 450 en France le nombre d'entreprises de traduction. Celles-ci ayant en moyenne trois salariés.


Cette atomisation a deux conséquences. Vu les difficultés à appréhender le marché fournisseurs, les entreprises restent généralement fidèles à leur prestataire. «Seuls deux événements peuvent inciter à changer de traducteur en France, constate Jeff Guillem (Lion Bridge). Un écart significatif dans les prix entre deux acteurs ou une mauvaise qualité de la traduction.» Seconde conséquence: si un donneur d'ordres lance un marché sous forme de contrat-cadre, ce dernier est très disputé. «Avec la crise, la demande se structure au niveau des groupes, les entreprises souhaitent rationaliser leur budget et le nombre d'interventions du prestataire, note Patrick Bernardin (Atlantique Traduction). Quand les achats sont dans la boucle, ils n'hésitent pas à nous mettre en concurrence.» Dernièrement, le dirigeant a vu jusqu'à 15 réponses à un appel d'offres. Les prix sont donc tirés vers le bas, au grand dam des prestataires. «la prépondérance du critère prix ne doit pas escamoter la qualité, martèle-t-il. Un document commercial mal traduit peut avoir des conséquences désastreuses pour l'entreprise.» Selon les estimations de la Cnet, la fourchette de prix pour un document de qualité se situe entre 12 et 16 centimes d'euros le mot traduit, et jusqu'à 25 centimes pour une langue rare. Cette prestation comprend la traduction elle-même, la relecture par un second traducteur, la mise en page du document ainsi que la validation par un chef de projet, qui vérifie l'adéquation du document avec la culture de l'entreprise et le public visé.
Face à la rationalisation de la demande, les prestataires s'organisent pour alléger la facture. Leur parade? Travailler sur des solutions informatiques ou des logiciels type Systran, afin d'automatiser la répétitivité des mots et optimiser le travail du traducteur «humain». «Pour un client récurrent, explique Patrick Bernardin, les phrases ou bouts de phrases identiques dans tous ses documents sont identifiés, traduits automatiquement et non facturés. Ainsi, les phrases contenant au moins 90% de la structure et des mots mémorisés dans le logiciel sont traduites sans intervention humaine.» Une solution qui va dans le sens d'une plus grande maîtrise des budgets. «De toute façon, tous les contrats-cadres de deux à trois ans comportent désormais une clause d'amélioration du coût annuel», remarque Jeff Guillem (Lion Bridge).
L'objectif d'alléger la facture en gardant une certaine qualité est donc clairement affiché. Avec quelques idées qui détonnent. Pour réduire ses coûts de traduction, Ikea, présent dans 24 pays représentant près d'une vingtaine de langues, a ainsi trouvé une méthode toute simple. Les notices accompagnant les produits du géant suédois sont composées à 80% d'instructions sous forme d'images, compréhensibles dans le monde entier. Les 20% qui restent, sous forme de texte, sont principalement composées de consignes de sécurité. Difficile de faire moins.
- Un traducteur professionnel travaille «vers» sa langue maternelle («langue cible»).
- Vérifier que le document «source» est pertinent et ne contient pas de redondances, la facturation s'effectuant au mot.
- Plus le texte est technique, plus il est important que les traducteurs maîtrisent leur sujet.
- Demander le nombre de relectures effectuées et s'assurer que le document passe, in fine, entre les mains d'un lecteur dont c'est la langue maternelle.
- Demander une assurance en responsabilité civile contre les risques de traduction.
- Présenter au traducteur la philosophie et les valeurs de votre entreprise ainsi que la finalité du document à traduire (clientèle grand public, techniciens...), afin qu'il puisse concevoir la traduction qui aura le meilleur impact.
- Eviter de diffuser en externe une traduction «brute» issue d'un logiciel.
- S'assurer contractuellement de la confidentialité des données.
- Faire figurer le nom du traducteur sur le document final peut l'encourager à fournir un travail
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ConsulterLe paradoxe de l'enchère inversée
J'adhère 100% à ce que vous dites mais cela doit être complété par un autre concept. Plus éthique. Plus honnête. Pour ma part je déconseille ...
Christian REY - 14/05/2012
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e-Motility - 08/05/2012
Pourquoi les femmes prennent le pouvoir aux achats ?
je constate qu'entre temps, les hommes sont de plus en plus captés par des postes dont la position stratégique est déterminante.
cfpfnac - 06/05/2012
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Animée par Jean-Louis HAIE,
Manager et formateur de Factea Institute
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jeudi 27 et vendredi 28 septembre 2012
19/04/2012 LANGUEDOC-ROUSSILLON
19/04/2012 LANGUEDOC-ROUSSILLON
Commentaires des lecteurs (3)
Laurent J. Krauland - 26/03/2010
Plus ça va, moins ça va...
Bonjour,
Je n'ai rien (ou peu de choses) à ajouter aux commentaires de Patricia et d'Anne-Marie, dont je sais l'implication dans la profession.
Ceci étant dit, le CNET n'est pas représentatif de l'ensemble du secteur d'activité en France. Il existe des prestataires de service indépendants, travaillant non seulement sur le volume (et les prix) mais aussi sur l'aspect global d'une prestation de service de traduction.
Cela vaut évidemment plutôt pour les PME-PMI, mais restons sérieux : quel professionnel libéral peut prétendre assurer les prestations concernant les grands groupes ? C'est comme si un avocat constituait à lui seul le département juridique d'un tel groupe !
Et ne nous y trompons pas (je parle en l'occurrence d'un cas récent, dans lequel j'ai été impliqué à titre personnel) : à prix inférieur (- 20 %), certaines agences n'assurent *pas* l'ensemble des services proposées par un indépendant, ceci sur des volumes relativement modestes.
LK
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Patricia Lane - 25/03/2010
Un article à raccourcis qui peut induire l'acheteur en erreur
L'encart sur les bonnes pratiques est à retenir et à compléter par une lecture attentive des fascicules "Traduction: Faire les bons choix" et "Traduction: Les mots au kilo" disponibles auprès de la Société française des traducteurs www.sft.fr
Bref par nécessité je suppose, cet article occulte un certain nombre de points et en raccourci d'autres qui peuvent induire l'acheteur en erreur. J'en note quelques-uns:
- Le coût d'une traduction ne se résume pas à la note d'honoraires de votre prestataire. Voir à ce titre cet article : http://bit.ly/bvoKfb
- Evoquer un prix sans préciser la nature de la traduction (rédactionnelle pour publication v. un mode d'emploi par exemple), sa visée, les enjeux de l'entreprise sur le plan de sa stratégie, sa réputation, son image est un non-sens. C'est comme s'attendre à ce qu'un généraliste soit capable au même prix d'effectuer un triple pontage. Inutile de parler de tarif sans établir d'abord un cahier des charges précis (voir la Norme EN 15038). Une traduction "pas chère" peut s'avérer in fine...très chère. Les exemples ne manquent pas.
- Lorsque la CNET cite une fourchette de prix pour un document de qualité entre 12 et 16 centimes d'euros le mot traduit, relecture et gestion de projet incluses, elle va un peu vite en besogne. De quel type de document parlons-nous? Quel est le coefficient multiplicateur de l'agence (qui varie, à mon expérience, entre 50 et 200)? Quelle est la rémunération du traducteur? Du relecteur? Clairement en dessous de 0,06€ le mot. Il va donc travailler à l'arraché pour gagner sa journée.
Vite, bien et pas cher n'existe pas : vous ne pouvez choisir que 2 sur 3 de ces critères. Sur des documents spécialisés ou ceux où la qualité du style rédactionnel prime, le résultat risque fort de ne pas être à la hauteur des attentes du client. Il faut savoir qu'un traducteur professionnel spécialisé en rédactionnel pour publication "produit" 1500 à 1800 mots/jour et ce n'est pas à ces tarifs (0,06, 0,12 ou 0,16€) qu'il fournit à ses clients (directs) le niveau de service, de qualité et de suivi que certains projets exigent.
- La méthode IKEA est certes efficace pour limiter les coûts côté client. Cela déplace juste le problème chez le client. Nous sommes nombreux à avoir passé nos week-ends à monter des meubles IKEA en maudissant cette entreprise et ses "instructions de montage". C'est d'ailleurs le grand point faible de l'image de cette marque.
- Comme l'indique l'expérience d'un de mes clients, un contrat-cadre à un coût au mot alléchant peut s'avérer coûteux -- lorsque l'entreprise doit faire appel à un autre professionnel pour remanier un texte pour publication, lorsque l'agence facture chaque riquiqui demande d'aide (comprendre un courriel, relire le texte de la carte de voeux de l'entreprise, demande de conseil, etc.) ce que ne fait pas un professionnel indépendant qui soigne sa relation avec son client, lorsque les A/R entre le client, l'agence, le traducteur, le réviseur en interne prennent un temps fou qui n'est pas comptabilisé pour obtenir le coût réel de cet alléchant tarif au mot.
Oui, les coûts de traduction peuvent être maîtrisés tout en assurant un rendu *en adéquation avec le besoin*. Mais cela passe par un dialogue entre le client et le prestataire, et non pas en proposant approche "taille unique" quelques soient les enjeux.
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www.amgtraduction.com - 25/03/2010
De la qualité à ce prix-là ?!
Bonjour,
votre article est très intéressant ; cependant, je doute fort que vous ayez des traductions de qualité, càd prêtes à être publiées, pour ce prix-là.
Pour €0,12 à €0,16, vous aurez un premier jet, un traduction de travail ; pour une traduction faite par un traducteur professionnel et de la bonne langue maternelle, et ensuite relue et révisée par un autre traducteur tout aussi qualifié, il faut compter aux alentours de €0,23 à €0,27 (suivant le sujet traité et la difficulté idiomatique). Et je ne parle pas des textes à vocation publicitaire, par exemple, qui sont souvent traduits sur la base d'un tarif horaire.
Une bonne traduction n'est pas facile à faire - J'en veux pour preuve les horreurs et les contresens que l'on voit sur des sites internet de grandes ou moins grandes entreprises. Car, une traduction mot-à-mot ne suffit pas, il s'agit de faire passer le message dans une autre langue, dans une autre culture.
Voici mon grain de sel -)
Cordialement,
Anne-Marie Gossellin
AMG Traduction
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