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La propreté se met au vert

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Le développement durable est un sujet de réflexion commune de longue date chez les donneurs d'ordres et les prestataires du secteur de la propreté. Mais comment ces derniers collaborent-ils? De même, si produits d'entretien éco-labellisés et bonnes pratiques sont devenus monnaie courante, quelles sont les avancées en la matière?

@ FEP

Le recours à des produits d'entretien verts éco-labellisés ou l'utilisation de la microfibre pour limiter l'usage de l'eau sont autant de bonnes pratiques courantes dans le marché de la propreté. De même, la majorité des appels d'offres de prestations de nettoyage des donneurs d'ordres intègrent des critères de développement durable, et mettent notamment l'accent sur les produits éco-labellisés. A un bémol près. « Ce sont des critères que nous rencontrons davantage dans les appels d'offres publics que privés», souligne Laurence Acerbo, présidente de la Commission développement durable de la Fédération des entreprises de propreté et services associés (FEP). Du côté des donneurs d'ordres, une étude de marché réalisée durant l'été 2011 par la FEP sur les critères de choix RSE des entreprises de nettoyage, auprès d'un panel de clients privés et publics, met en évidence la nécessité d'actions concrètes ayant un impact direct chez les commanditaires. «Ainsi, les donneurs d'ordres sollicitent les prestataires sur des sujets comme la gestion des déchets et des effluents, en raison des enjeux financiers ou économiques qui s'y rattachent» explique la présidente de la Commission développement durable de la FEP. Cette dernière regrette que «les entreprises ne soient pas prêtes à payer plus cher des prestations respectueuses de l'environnement».

50 % de produits éco-labellisés d'ici à 2014

Pour suivre le mouvement des donneurs d'ordres, le secteur de la propreté s'est engagé dès 2008 dans la voie du développement durable en proposant 51 actions concrètes dans les domaines social, environnemental et économique. Un plan d'action soutenu financièrement par la Commission européenne, dans le cadre de son programme «Life+». Les objectifs de ce programme sont clairs: une réduction de la consommation de carburant ainsi que l'augmentation de la part de packaging en matière recyclable ainsi que celle des produits éco-labellisés utilisés. Pour cela, des formations aux éco-gestes ou à l'éco-conduite sont proposées aux entreprises de propreté. Aujourd'hui, près de 300 sociétés, représentant 140000 salariés, se sont engagées dans ce programme de développement durable conçu par la FEP. De plus, dans le cadre du Grenelle de l'environnement, la FEP et la ministre de l'Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement de l'époque, Nathalie Kosciusko-Morizet, ont signé une convention d'engagement volontaire en octobre 2011. Parmi les objectifs fixés par ce contrat figure notamment l'obligation d'utiliser 50 % de produits éco-labellisés d'ici trois ans et d'accroître l'utilisation de sacs biodégradables. « Cependant, l'offre en produits éco-labellisés demeure limitée en ce qui concerne le nettoyage de zones spécifiques comme les hôpitaux ou les espaces de restauration, avec le dégraissage des hottes», explique Corrine Chartier, fondatrice et consultante d'InTERREface, entreprise de conseil et de formation spécialisée dans le développement durable et la responsabilité sociétale des entreprises (RSE).

Pour aider les entreprises de propreté à communiquer davantage sur leur politique développement durable, Corrine Chartier leur conseille de mettre en avant sur leur site internet leur charte ou leur rapport annuel de développement durable. «Mais également de se démarquer en apportant des idées innovantes, par exemple sur le tri des déchets». Des entreprises de nettoyage qui doivent également communiquer sur leurs prestations, «afin que les acheteurs puissent intégrer la dimension de prix plus chers quand les fournisseurs sont engagés dans une telle politique», souligne-t-elle. Mais également sur leurs pratiques. «Un exemple simple mais parlant. Certains produits éco-labellisés sont incolores et inodores. Pour éviter que les agents de nettoyage n'utilisent ces nouveaux produits en quantité excessive parce qu'ils les pensent moins

efficaces, il est nécessaire de les former. Il faut à la fois éduquer les agents de netoyage qui développent cette pratique, mais aussi communiquer auprès des clients finaux qui doutent de l'efficacité de ces produits qui ne dégagent pas cette odeur forte traditionnellement assimilée à la propreté», résume Corrine Chartier.

Le travail en journée, une valeur sociale... et verte

Un autre axe du développement durable souvent négligé est celui du travail en journée. Des entreprises comme Danone ou L'Oréal ont été exemplaires sur le sujet et se sont engagées dès 2008 dans cette voie. Outre son aspect purement social pour le bien-être des agents de nettoyage, « le travail en journée a des aspects écologiques non négligeables, précise la fondatrice et consultante d'InTERREface. Cela permet de réduire la consommation d'électricité, car il n'est pas nécessaire d'allumer les locaux, mais également de limiter son impact en termes d'empreinte carbone. Les agents de nettoyage n'ont pas besoin de prendre leur véhicule personnel et peuvent utiliser les transports en commun. Ce qui est impossible en pleine nuit. » La déclinaison dans les achats de la norme internationale ISO 26000, qui définit un référentiel en matière de responsabilités sociale et environnementale des entreprises, devrait dépoussiérer les relations acheteurs-fournisseurs.

« Les entreprises ne sont malheureusement pas prêtes à payer plus cher des prestations respectueuses de l'environnement. »
Laurence Acerbo,
commission développement durable de la Fédération des entreprises de propreté et services associés (FEP)

@ PATRICK BOULEN

« Le travail en journée permet, entre autres, de réduire la consommation d'électricité. »
Corrine Chartier, InTERREface

Manuel Martins, Danone

Manuel Martins, Danone

-Témoignage
«Nos appels d'offres propreté sont comme des boîtes à idées vertes»

«Nous demandons à nos prestataires d'avoir l'empreinte énergétique la plus faible possible et d'être force de proposition en ce qui concerne la consommation d'eau, d'électricité, la diminution des consommables et des produits d'entretien», explique Manuel Martins, directeur adjoint des moyens généraux France chez Danone. Depuis trois ans, les prestations de nettoyage sont externalisées sur l'ensemble des sites franciliens auprès de la société GSF. Un contrat renouvelé pour trois ans en 2012. «Une façon de rester dans un cercle vertueux et de pouvoir travailler sur des plans de progrès à plus long terme», selon Manuel Martins. Au total, 35 personnes de GSF travaillent sur trois sites. Ces solutions de propreté verte sont utilisées au siège mondial de Danone, boulevard Haussmann à Paris (12000 m2), sur les sites de Saint-Ouen (18000 m2) ou encore de Palaiseau (30000 m2). Danone est également très engagé sur le travail en journée, «qui a des conséquences importantes en termes d'économies d'électricité et d'émissions carbone, les salariés divisant par deux leurs déplacements».Parmi les nouveautés concernant les prestations de nettoyage, Danone a investi, il y a deux ans, dans des centrales de dilution reliées à des points d'eau. Elles mesurent le dosage nécessaire entre le niveau d'eau et de produit à utiliser. «De plus, cela permet de ne plus avoir de contenant, et donc de réduire les emballages de nos produits»,souligne le directeur adjoint des moyens généraux France. En parallèle, Danone travaille avec la société Cleanea, «qui apporte des solutions innovantes sur le nettoyage et la désinfection avec de l'eau électrolysée», détaille Manuel Martins. Cette société produit ses propres détergents grâce à l'électrolyse de l'eau. Cleanea fait notamment des essais de sa solution sur le site de Danone Research à Palaiseau.

Danone

ACTIVITE Agroalimentaire
CHIFFRE D'AFFAIRES 2011 MONDE Environ 19milliards d'euros
EFFECTIF MONDE 101 995 emplois
VOLUME D'ACHATS 2011 MONDE NC
EFFECTIF ACHATS 1000 acheteurs

Mot clés : produit

Marie-Amélie Fenoll