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La pratique des achats durables peine à s'imposer

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Selon une étude BearingPoint, un acheteur sur deux juge la démarche RSE ( responsabilité sociétale de l'entreprise) incompatible avec des objectifs à court terme. Toutefois, la majorité des répondants reconnaît les avantages générés par cette démarche.

@ Fotolia / Beboy

En Europe, et plus particulièrement en France, la démarche d'achats durables peine à s'installer sur le terrain. Tel est l'enseignement principal d'une étude européenne réalisée par BearingPoint en partenariat avec l'Essec, Microsoft France et Novamétrie dans le cadre de la sixième édition de l'observatoire des achats.Cette étude a été réalisée entre juillet 2010 et janvier 2011 à partir de 305 entretiens téléphoniques (dont une centaine hors France), complétés de 50 entretiens individuels

Les pays d'Europe du Nord plus avancés

Si 70 % des entreprises françaises définissent la démarche RSE comme un axe stratégique de leur communication, seules 16 % d'entre elles effectuent des achats durables sur plus des deux tiers de leur portefeuille. Et elles ne sont plus que 13 % à évaluer leurs fournisseurs selon des critères RSE.

Sur ces derniers indicateurs, nos voisins européens nous devancent nettement. En Allemagne, les directeurs achats déclarent à 23 % que les achats durables portent sur deux tiers de leur portefeuille (on monte à 43 % pour le Royaume-Uni), tandis que l'évaluation des fournisseurs selon des critères RSE est particulièrement développée ans les pays scandinaves (30 % des répondants). explication avancée tient dans les coûts des achats durables. Pour près de la moitié du panel (48 %), l'incompatibilité avec les objectifs à court terme constitue le principal frein à la mise en place des achats durables. Viennent ensuite l'insuffisance d'offres fournisseurs structurées et le manque de suivi formel des actions par des indicateurs.

La RSE source d'innovation

Si les démarches RSE peinent à se généraliser, près d'un directeur achat français sur deux (44 %) estime toutefois que la création de valeur est la première attente de leurs clients internes, constat majoré en Allemagne (71 % des répondants) et dans une moindre mesure, dans les pays scandinaves (53 % des répondants).

Fort logiquement, plus de 62 % des directeurs achats de l'Hexagone considèrent la démarche RSE comme susceptible d'accélérer l'innovation, constat partagé par la Scandinavie et l'Allemagne (respectivement 63 % et 60 %). Par ailleurs, près de 80 % des directeurs achats ont conscience que l'adoption de pratiques «sociétales» impacte directement la relation avec leurs fournisseurs par la collaboration plus étroite qu'elles induisent.