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La longue marche des achats responsables

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Le deuxième baromètre des achats responsablesEnquête menée entre le 10 novembre et le 15 décembre 2010 auprès d'un échantillon représentatif de 200 personnes interrogées (secteur privé et public), fruit du travail d'OpinionWay pour l'Observatoire des achats responsables, mesure et révèle l'engagement lent - mais déterminé - des organismes du secteur public et des entreprises.

Premier constat, en totale contradiction avec les études récemment parues, la mise en place d'une politique d'Achats Responsables (AR) dans les entreprises est une priorité (67 %), devant la réduction des coûts (61 %) et les risques de la chaîne logistique (43 %)! Pour 80 % d'entre elles, la prise en compte d'une telle démarche daterait d'environ trois ans. Deuxième surprise, cette politique est d'abord motivée par le respect des normes et réglementations (65 %) puis par l'image de l'entreprise (60 %). La «préservation de la planète», motif a priori le plus évident, n'arrive ici qu'en cinquième position avec 34 % des opinions exprimées.

Où sont les correspondants achats responsables?

Le baromètre nous montre ensuite que la démarche AR connaît une mise en oeuvre très progressive, sinon à forte inertie. Pour preuve, la formalisation des objectifs de cette politique n'a été réalisée que dans 47 % des entreprises. Quant au développement d'outils, de référentiels spécifiques et d'indicateurs de mesure, il ne serait effectif que dans 40 % des cas. Enfin, un seul organisme/entreprise sur trois aurait nommé un correspondant dédié aux AR. Dans les faits, on apprend qu'en 2011, la part des AR n'excédera pas... 17 % des achats globaux (contre 16 % l'an passé et 13 % en 2009). Un résultat qui montre le chemin à parcourir, révélant au passage une disparité de maturité entre les entreprises privées (19 %) et les organismes publics (12 %).

Côté positif, la question de la prise en compte des fournisseurs de «petite taille» révèle que 57 % des répondants prennent en compte l'efficacité économique de l'of re plutôt que la taille du fournisseur ou que le nombre de ses références. Mieux, 33 % d'entre eux (et surtout 62 % dans le secteur public) allotissent des marchés pour en confier certaines parties aux TPE/PME.

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Demain, «payer responsable»

En dépit de la loi LME, qui borde à 45 et 60 jours les délais de règlement, les organismes interrogés ont encore du mal à se conformer au texte, sinon à l'esprit de la loi. Sur le plan contractuel, 77 % des entreprises et institutions ont inscrit le paiement de leurs fournisseurs dans le délai légal. Toutefois, dans la réalité, les choses en vont autrement: 30 % d'entre elles seraient au-delà des limites légales! Cependant, l'étude révèle que les sociétés ou organisations qui mettent en oeuvre une démarche AR ont la volonté d'améliorer la situation de leurs prestataires en pilotant la réduction des délais de paiement. Ainsi «acheter responsable» serait aussi «payer responsable», c'est-à-dire sous 45 jours (60 jours fin de mois) à l'heure actuelle. Mais il va falloir faire mieux encore puisque, dans un souci de convergence entre les pays membres, le Parlement européen a proposé, fin 2010, l'adoption d'une obligation de paiement à ... 30 jours à échéance 2013!

Les critères sociétaux dans le référencement

De manière encore «timide» (14 %), les critères sociaux/sociétaux, au sens responsabilité sociale de l'entreprise (RSE), sont désormais pris en compte dans le référencement des fournisseurs... bien après les critères économiques (41 %) et les critères environnementaux (31 %). Enfin, les entreprises et organismes interrogés favorisent l'insertion des personnes handicapées à 62 % (un score à mettre en relation avec la loi Handicap de 2005), alors que l'insertion des sans-emploi, des seniors et/ou des minorités visibles reste une préoccupation de deuxième rang (respectivement: 24 %, 23 % et 11 %). En ces domaines, faudra-t-il aussi l'intervention du législateur?