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L'innovation stimule l'achat de panneaux d'information

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De plus en plus de communes s'équipent en panneaux électroniques d'information. Ce marché, porté par les innovations des fabricants, permet aux acheteurs d'affiner leurs critères de choix.

@ CHARVET INDUSTRIES

La commune de Groisy, en Haute-Savoie, vient de se doter de son tout premier panneau électronique d'informations municipales. Cette petite localité de 2 605 habitants n'est pas une exception. Implantés depuis de nombreuses années dans les grandes villes, les panneaux électroniques d'information séduisent les communes de taille plus modeste. «Ce marché croît de deux manières, analyse Alban Chevalier, responsable des appels d'offres chez Charvet Industries, société qui fabrique et commercialise ce type de mobilier urbain. Les villes qui disposent déjà de panneaux électroniques renouvellent leurs équipements ou augmentent la taille de leur parc. Et les petites communes procèdent à une première acquisition.» Le développement des structures intercommunales a également joué en faveur de l'apparition de tels équipements dans les petites collectivités. «De plus en plus de marchés sont lancés par des communautés de commune, ce qui permet à leurs membres de réaliser un achat groupé», explique Fabrice Gire, cadre commercial chez Abac Systems, fabricant de panneaux d'affichage électroniques à diodes.

Des innovations technologiques

Outre la volonté politique de relayer les informations pratiques et de permettre aux associations locales ou à l'office de tourisme de diffuser leurs informations auprès des administrés, ce type d'achat est stimulé par les évolutions technologiques des fabricants. Première innovation notoire: les panneaux d'affichage à diodes. Ils concurrencent les traditionnels écrans à cristaux liquides (LCD). «Les écrans à cristaux liquides fonctionnent par ligne, avec un nombre maximum de caractères, décrypte Alban Chevalier (Charvet Industries). Par exemple, 7 lignes de 18 caractères.» En revanche, le système à diodes graphiques propose une seule surface d'affichage. «Cette technologie permet d'utiliser plusieurs polices de caractère», précise-t-il. Autre caractéristique: les informations peuvent défiler sur une ligne, en général la dernière, et être mises en valeur par de nombreux effets. L'objectif est de dynamiser les messages en multipliant les grilles de lecture. De plus, la plaque graphique permet d'introduire des visuels, fixes ou animés. «Une image est parfois plus parlante que des mots et cela plaît beaucoup aux communes, poursuit Alban Chevalier. L'écran peut afficher des panneaux de signalisation, par exemple ceux limitant la vitesse aux abords des écoles, ou bien encore des logos associatifs de la commune.» Par ailleurs, la diode consommerait en moyenne 600 kWh de moins que la configuration LCD. L'introduction de critères de développement durable dans la commande publique plaide donc en faveur du système à diodes. Autre grande évolution technologique, la possibilité de gérer l'affichage à distance via un système sans fil, par opposition aux réseaux filaires, assimilables à une ligne téléphonique. Outre la simplicité d'utilisation, le sans-fil permet de s'affranchir de certains coûts, «notamment les frais de câblage, qui peuvent être importants s'ils nécessitent de creuser des tranchées sur la voie publique», note Fabrice Gire (Abac Systems).

Quelle que soit la technologie retenue, le design reste un critère de choix important. «Le panneau doit être en harmonie avec le mobilier urbain, d'autant que ce dernier a été largement renouvelé dans de nombreuses communes», remarque Alban Chevalier (Charvet Industries). Gris anthracite pour les modèles standard, les panneaux peuvent être déclinés en différents coloris, de même que la police de caractères de l'écran: l'affichage jaune reste le plus répandu, mais plusieurs collectivités ont adopté dernièrement du rouge ou du vert.

Alban Chevalier, Charvet Industries

«Le panneau doit être en harmonie avec le mobilier urbain, d'autant que ce dernier a été largement renouvelé dans de nombreuses communes.»

10 000 euros par panneau

Tous ces éléments doivent figurer dans les cahiers des charges, rédigés par les services techniques des mairies ou le service communication. Nombre de lignes, nombre de caractères par ligne, coloris, panneau à simple ou double face, à diodes ou à cristaux liquides, etc. sont les principaux points à indiquer lors de l'appel d'offres. Une autre caractéristique technique retient particulièrement l'attention des acheteurs publics: la distance de visibilité. Il s'agit du nombre de mètres depuis lequel le message est considéré comme lisible. «En général, les distances standard demandées par les communes sont de 50 à 70 mètres, sachant que les panneaux sont situés dans les emplacements à forte visibilité: ronds-points, entrées des communes ou place centrale», indique Fabrice Gire (Abac Systems). En moyenne, il faut compter 10000 euros pour l'achat de ce type de mobilier urbain, les premiers prix se situant sous les 8000 euros. La garantie fabricant de deux ans est automatique. Le principal coût associé à prendre en compte est celui de la maintenance, englobant l'entretien, le dépannage et le nettoyage. En général, il représente annuellement 10% du coût total d'achat du panneau. Relayer des informations est à ce prix.

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lle de Paris renouvelle ses panneaux d'information

La Ville de Paris a renouvelé en totalité son parc de 175 panneaux électroniques d'information à la fin 2007. Après JCDecaux, qui gérait le mobilier précédent datant d'une dizaine d'années, c'est une PME de Loire-Atlantique, Lumiplan, qui a remporté ce marché d'un montant total de près de 12 MEuros. Avec plusieurs innovations et améliorations techniques à la clé. Au niveau du système d'information, le réseau, géré en ASP (mode hébergé chez le prestataire), permet de décentraliser la saisie des messages d'informations municipales. «Cela va nous permettre de mettre en place une information municipale différenciée en fonction des zones, explique Jean-Marie Acker, sous-directeur à la direction générale de l'information et de la communication de la mairie de Paris. Chaque mairie d'arrondissement pourra, par exemple, saisir à distance les messages intéressant ses administrés.» Le message envoyé est également plus dense: 8 lignes d'informations de 160 caractères en tout sont disponibles, contre 7 lignes et 126 caractères précédemment.
Le système retenu utilise une technologie de communication sans fil à haut débit, permettant d'afficher un message en quelques secondes dans tout Paris. Ce mode de transmission a également permis de réaliser des économies. «Auparavant, les données transitaient par le réseau téléphonique commuté. Ce nouveau système nous a permis de résilier nos 175 abonnements», indique Jean-Marie Acker. Le développement durable a également été pris en compte: la structure des panneaux est en aluminium recyclable et le système de lumière à diode réduit la consommation d'énergie. Dernier point: le design, qui faisait partie du cahier des charges. «La Ville est la première à bénéficier de ce type de panneaux ultraplats.»