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L'île fottante du groupe Chèque Déjeuner

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Le nouveau siège social du groupe Chèque Déjeuner a été conçu par Art & Build, associé à l'architecte Jean-Paul Rozé et au designer André Rodeghiero. Construite sur pilotis, la structure a été réalisée à base de matériaux conformes à la démarche HQE.

@ PHOTOS ©DANIEL BERES

Les 800 collaborateurs du groupe Chèque Déjeuner ont pris possession des 30 000 m2 de bureaux, entre mars et avril 2011. Les anciens locaux étaient situés non loin de là, dans le centre de Gennevilliers. « Nous n'avions pas anticipé notre croissance. La capacité d'accueil du site a été dépassée en cinq ans», résume Jacques Landriot, p-dg du groupe Chèque Déjeuner. Les salariés se sont installés par vagues dans ce bâtiment flambant neuf aux allures de vaisseau spatial. « Il a été construit sur la ZAC de Louvresses, dans une boucle de la Seine, zone potentiellement inondable. Nous avons donc choisi de ne pas voir l'eau comme une menace et de concevoir le siège sur pilotis. Avec sa façade constituée de volumes en quinconce, il donne l'impression de flotter», explique Steven Ware, architecte du cabinet belge Art & Built, sollicité par le promoteur AG Real Estate, propriétaire des lieux. Ici, les eaux de pluie sont récupérées et recyclées afin d'alimenter les pièces d'eau entourant le bâtiment. Le système favorise aussi la biodiversité.

Une fois la passerelle traversée, unique entrée pour l'ensemble des collaborateurs, le visiteur pénètre dans l'atrium. Cette nef centrale de sept étages plafonne à 28 mètres (lire l'encadré ci-contre). «Le mot d'ordre de notre nouveau siège est convivialité, commente Jacques Landriot (Chèque Déjeuner). Dans nos anciens locaux, les salariés, répartis sur trois bâtiments, ne se croisaient jamais. Nous avons donc voulu créer davantage de lien. D'où l'idée d'une entrée unique et de la conception de l'Atrium. Son nom a été choisi par les salariés. » Des matériaux bruts (béton, chêne, granit, etc.) ont été utilisés pour bâtir cette structure entièrement sécurisée car abritant l'imprimerie des chèques restaurant. Au rez-de-chaussée, se trouvent les espaces collectifs. « Notre défi: intégrer ces différents espaces et retirer les cloisons pour réunir 500 personnes », détaille le p-dg. Plus de 10 millions d'euros ont été investis dans ce bâtiment. D'autres chantiers sont annoncés parmi lesquels un restaurant interentreprises et une crèche de 60 berceaux, partagée avec les sociétés alentour. Côté accessibilité, l'arrivée du groupe Thalès sur le site, en 2012, avec ses 4 500 collaborateurs, permettra d'envisager, avec la municipalité, de nouvelles solutions d'accès, notamment la mise en place d'une navette reliant le site au métro (ligne 13) ou au RER C.

Un atrium, lieu de convivialité

L'atrium de sept étages, où le bois se mêle aux grandes surfaces vitrées et au fer des façades, est le coeur du bâtiment. Les façades, composées d'éléments pleins ou perforés, «piègent le son» pour un meilleur confort acoustique. Pour éviter tout désagrément lié au toit vitré l'été, une pergola en bois a été installée sur la partie haute du bâtiment.

Mobilier aux lignes naturelles

Vues d'en haut, les banquettes blanches ressemblent à des morceaux de corail, en référence à l'eau entourant le bâtiment. Réparties en divers endroits de l'atrium, elles contiennent des éléments de végétation. La borne d'accueil des visiteurs reprend la forme de cet élément marin.

Bureaux partagés

Entre open space et bureaux personnels, c'est le concept du bureau partagé. Répartis sur des espaces aux cloisons transparentes abritant deux à quatre bureaux, les salariés, qui sont reliés à un data center, disposent juste d'un clavier et d'un écran.

Cafétéria acidulée

Les salariés peuvent se restaurer dans une cafétéria aux couleurs acidulées (160 couverts en deux heures) située au rez-de-chaussée. Un restaurant interentreprises de 1 000 couverts ouvrira bientôt ses portes.

Des équipements spécifiques pour ceux qui ont le vertige

Les rambardes des escaliers de l'atrium, qui compte sept étages, ont été rehaussées de 20 cm à la demande des collaborateurs ayant le vertige, même si la législation n'impose qu'une barrière d'un mètre de hauteur. Une partie des 14 ascenseurs du bâtiment a aussi été équipée de cloisons opaques. Les autres sont entièrement vitrés et panoramiques.

Une signalétique littéraire et géologique

Chaque niveau fait référence à une oeuvre littéraire illustrant les strates terrestres. Vingt mille lieues sous les mers (J. Verne) pour le parking, Vol de nuit (A. de Saint-Exupéry) pour le 5e étage, Les travailleurs de la mer (V Hugo) au rez-de-chaussée), Zazie dans le métro (R. Queneau) au 1er, ou encore Les Vrilles de la vigne (Colette) au 2e étage, Paroles (J. Prévert), au 3e et L'appel de la forêt (J. London) au 4e.