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L'éco-conduite, un levier d'économies de carburant

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Confrontés à la flambée du cours du pétrole, les gestionnaires de flotte automobile s'intéressent de plus en plus près aux programmes d'éco-conduite. Entre les gains potentiels de consommation de carburant et la baisse du coût d'entretien des véhicules, les avantages sont nombreux. Revue de détail.

@ (C) BEBOY/FOTLIA.COM

«Après avoir réalisé un bilan carbone, notre flotte de véhicules a été identifiée comme étant un important émetteur de CO2. Nous avons lancé un programme d'éco-conduite pour apporter une réponse efficace à ce constat», annonce Florence Riout, directrice projet et développement durable chez Toshiba. Les «vertus» d'un programme orienté éco-conduite sont nombreuses. Non seulement il permet de responsabiliser le conducteur, mais il lui fait aussi comprendre qu'un comportement mieux adapté à la conduite aura des conséquences positives sur l'usage qu'il fait de son véhicule, aussi bien dans son environnement professionnel que dans la sphère privée.

Eco-conduite rime avec souplesse comportementale

Dans le cas de Toshiba, l'éco-conduite s'est imposée lorsque l'entreprise a lancé en 2009 un plan global visant un respect plus profond de l'environnement. « Ce plan a permis d'identifier différents leviers. Par exemple, nous pouvons obtenir un gain d'efficacité en redimensionnant le parc de véhicules. Le dépannage permet de limiter les déplacements, que l'on peut aussi mieux aménager grâce à la géolocalisation et à un meilleur comportement au volant», explique Florence Riout. L'éco-conduite doit s'accompagner d'un travail de sensibilisation afin de montrer les atouts d'une conduite plus souple, basée sur l'anticipation. «A partir du moment où toute action mesurée s'améliore d'elle-même, il faut informer les collaborateurs de l'impact de leur conduite. Idem pour l'évolution du comportement des conducteurs ayant de mauvais résultats», souligne Grégory Libre, directeur commercial et marketing chez Arval.

Un long travail de diagnostic doit ensuite être effectué. Cet examen doit permettre de relever les consommations de carburant de chaque collaborateur, d'identifier les écarts de consommation, de comparer les valeurs aux chiffres théoriques donnés par le constructeur automobile, de connaître la fréquence des accidents des collaborateurs, etc. « Un programme d'éco-conduite doit d'abord viser ceux qui ont une conduite présentant de nombreux écarts, puisqu'il est plus facile et plus rapide de les faire progresser pour atteindre la moyenne», souligne Grégory Libre. Ce diagnostic peut s'opérer à travers la mise en place d'un boîtier GPS électronique dans le véhicule. Dans le cas de Toshiba, ces boîtiers (Eco-Gyzer) sont opérationnels depuis janvier 2012. Ils mesurent le comportement du conducteur et permettent de consulter les chiffres sur un site web dédié. «Nous mettons l'accent non seulement sur la consommation, mais également sur la manière de conduire en donnant les clés à nos conducteurs pour qu'ils puissent progresser», précise Florence Riout. Enfin, pour éviter que ces programmes ne soient perçus comme des «punitions», il est important qu'ils soient accompagnés par des challenges, avec récompenses à la clé (cadeaux, primes...).

Une fois la communication et le diagnostic effectués, place à l'action. Deux formules de formation sont généralement proposées par les prestataires. Tout d'abord, le simulateur permet d'aborder à la fois les aspects théorique et pratique. Le formateur insiste particulièrement sur la bonne utilisation de son véhicule, que ce soit au niveau de sa charge, de la pression des pneus, de la façon de freiner ou encore de l'utilisation de son GPS. « Une simulation est très explicite, elle permet de montrer qu'un comportement anticipatif par rapport aux autres usagers de la route peut avoir des effets bénéfiques», assure Loïc Lelièvre, directeur technique de Forget Formation. Enfin, point d'orgue d'une formation: la situation en condition réelle. Outre les rappels effectués lors des essais sur simulateur, le test sur asphalte permet d'insister sur le passage des vitesses en douceur ou sur la façon d'acquérir un freinage progressif, notamment en cas d'urgence.

Des gains de consommation substantiels et des effets positifs indirects

Une éco-conduite peut engendrer entre 8 à 15 % d'économies sur la facture de carburant annuelle. Par ailleurs, le comportement d'un conducteur peut impacter le coût d'un véhicule à hauteur de 50 %. En effet, son attitude va avoir des répercussions sur la consommation, mais également sur la fréquence d'entretien, l'usure des pneumatiques, les frais de remise en état, la sinistralité (y compris les frais induits pour les véhicules de remplacement en cas d'accident sérieux) et, «last but not least», sur les coûts de l'assurance.

Sur le plan budgétaire, un programme d'éco-conduite coûte généralement entre 150 et 180 euros par journée et par personne. Un ROI finalement rapide, «puisqu'il est possible d'économiser environ 300 euros par personne sur une année grâce à une bonne formation à l'éco-conduite», selon Grégory Libre.

Finalement avec la perspective de voir le prix du carburant dépasser la barre des 2 euros, parler d'écoconduite résonne de plus en plus favorablement aux oreilles des responsables des flottes automobiles. Nombreuses sont les entreprises qui se sentent concernées par ce type de programme depuis 2011, même si peu ont encore franchi le pas. Compte tenu des gains potentiels, ce n'est qu'une question de temps...

Philippe Catelain, directeur de la formation interne, Dekra Industrial

Philippe Catelain, directeur de la formation interne, Dekra Industrial

Témoignage

Dekra récompense ses conducteurs sensibles à l'éco-conduite


Rassemblant une flotte automobile de plus de 2000 véhicules, Dekra Industrial, le spécialiste du contrôle technique sur le marché automobile (et, depuis 2005, dans l'industrie et la construction), met en place en 2005 un vaste programme dénommé Vecco (Véhicule environnement conducteur communication organisation). le programme d'éco-conduite s'inscrit dans ce vaste projet de prévention du risque routier identifié comme le premier risque impactant les salariés. Des sessions de formation de quatre heures animées par la Prévention Routière sont réservées aux nouveaux arrivants, avec remise d'un livret d'intégration sur les risques routiers. Depuis 2010, une campagne, destinée l'ensemble des salariés, aborde le thème de l'éco-conduite. « l'ensemble des salariés est invité à suivre ce module d'e-learning, sachant qu'il est obligatoire pour ceux qui possèdent un véhicule d'entreprise», précise Philippe Catelain, directeur de la formation interne. Un quiz est proposé la fin du questionnaire, le vainqueur recevant un iPad. Cinq simulateurs de conduite sont également disponibles.
Des règles d'éco-conduite sont dispensées via les simulateurs afin de démontrer les avantages de la nouvelle attitude au volant. les formateurs insistent particulièrement sur l'entretien et les réglages des véhicules, notamment sur l'importance de la pression des pneus ou l'optimisation de charge. «Nous mettons l'accent sur la conduite anticipative afin que celle-ci soit souple dans tous les cas de figure », souligne Philippe Catelain. Enfin, pour encourager l'adoption de nouveaux comportements, Dekra met en place en 2011 une prime pour les bons conducteurs. Elle récompense les collaborateurs, qui, l'issue d'un cycle de trois ans, n'ont eu aucun accident responsable, n'ont pas perdu de points et ont remis un véhicule en bon état. Une prime de 1 000 euros est ainsi versée l'occasion d'un événement dédié. En 2011, sept personnes ont perçu cette prime, elles ont été 19 en 2012. Sur le plan de la consommation de carburant, des gains de 8 à 10 % ont été constatés.

Dekra Industrial

ACTIVITE
Organisme de prévention des risques


CA 2011
539 MEuros


RESULTAT NET 2011
NC


EFFECTIF
3 500 salariés


VOLUME DACHATS
NC


EFFECTIF ACHATS
NC