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L'appétit des entreprises pour les clubs de direction

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Pour organiser des déjeuners d'affaires, les entreprises sont de plus en plus séduites par la mise en place, à l'intérieur de leurs locaux, d'espaces privatifs et d'une restauration haut de gamme. Un dossier souvent pris en main par la direction générale, le service achats étant rarement invité à la table des négociations.

 

@ Sodexho

L'offre n'est pas nouvelle. «Les clubs de direction ou les salons privatifs existent depuis 20 ans, remarque Dominique Paul-Mercier, vice-président de Score Groupe, spécialiste de la restauration collective. Mais aujourd'hui, le phénomène est en plein boom. Dans chaque grand projet immobilier de bureaux, on trouve un club.» Financièrement, son installation reste coûteuse. «Pour le créer, il faut de l'espace, un budget... Cela revient souvent moins cher de laisser ses collaborateurs déjeuner à l'extérieur», concède Eric Texier, responsable du pôle Prestige chez Sodexho.

Alors pourquoi un tel engouement? Certainement parce que les entreprises externalisent la gestion de leur club pour profiter au maximum de tous les avantages que celui-ci peut offrir: service à table, menus étudiés, espace confidentiel et privé...

Cadres et dirigeants limitent ainsi leurs déplacements et bénéficient d'une prestation haut de gamme. La restauration commerciale peut difficilement proposer mieux. «D'autant que nos menus gastronomiques sont proposés entre 15 et 50 euros, des prix plutôt raisonnables», estime Dominique Paul-Mercier (Score Groupe).

Sans compter qu'un salon VIP permet aux entreprises d'asseoir leur notoriété auprès des clients. «C'est un puissant véhicule d'image, il montre le savoir-recevoir des dirigeants», souligne Eric Texier (Sodexho). C'est pourquoi les sociétés de restauration collective misent sur une extrême personnalisation des espaces et des menus. «Nous proposons du sur-mesure. Chaque desiderata est consigné dans un livret qui reste en permanence sur le site», note Eric Texier. Chaque club possède donc un maître d'hôtel qui supervise les opérations selon un fonctionnement établi au cas par cas.

C'est d'ailleurs ce qui fait la force des prestataires. L'externalisation évite, en effet, bien des déconvenues: les sociétés de restauration gèrent le personnel, veillent à la traçabilité des aliments et à l'hygiène des locaux... De plus, ce type de restaurant d'entreprise permet de mieux maîtriser les coûts, à l'inverse des notes de frais souvent disparates. Les factures sont établies en fonction des bons de réservation, ce qui simplifie la comptabilité analytique.

De plus, nombre de clients souhaitent être assistés dans la création et l'orchestration du club de direction, certains allant même jusqu'à se faire épauler par des conseillers spécialisés. Certaines enseignes disposent même de bureaux d'études intégrés pour permettre aux entreprises de visualiser les différents concepts envisageables. Le dossier est souvent pris en main par la direction générale de l'entreprise elle-même. Les achats ne sont pas toujours consultés et leur intervention limitée. Pour ce type de prestations haut de gamme, certains dirigeants préfèrent déjeuner sans compter.

Expérience

Des déjeuners d'affaires entre 25 et 45 euros par personne

Le groupe Sanofi-Aventis possède une cinquantaine de sites en France. Une partie de ses services centraux se trouve à Gentilly (Val-de-Marne). Pour leurs rendez- vous d'affaires, les collaborateurs avaient l'habitude de se rendre dans le sud de Paris tout proche où «la restauration commerciale n'offrait pas grand intérêt», selon Brigitte Gillot, assistante de direction de l'établissement Gentilly Allende du groupe. De ce fait, la direction a décidé d'installer un restaurant d'entreprise haut de gamme. L'idée était de pouvoir y organiser à la fois des réceptions et des déjeuners d'affaires, dont les prix varient de 25 à 45 Euros par personne. Le but? Permettre aux cadres et dirigeants de gagner du temps en restant sur place. «Le club dispose d'une cuisine et d'espaces différenciés en fonction du nombre de convives, précise Brigitte Gillot. Il est géré à 100% par notre prestataire, Score Groupe.» Le dossier est suivi par la direction qui dispose d'un reporting mensuel sur la fréquentation de ce restaurant pas comme les autres.