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L'achat de signalétique cherche sa voie

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Famille encore méconnue, la signalétique intérieure ne se résume pas à l'achat de plaques de porte. Les acteurs de ce marché proposent également des prestations techniques et graphiques que les acheteurs se doivent de passer au crible.

Entre 15 000 et 20 000 euros HT. Tel est le budget total à prévoir pour le jalonnement, la conception et la pose de 250 plaques de porte dans un bâtiment de deux étages, selon Christophe Trotignon, responsable de la commission signalétique du Synafel, le syndicat national de l'enseigne et de la signalétique. Preuve que si la signalétique intérieure n'est pas, en soi, un achat stratégique, les montants enjeu peuvent être importants. Et justifier l'intervention des services achats pour organiser un appel d'offres dans les règles de l'art. Or, c'est rarement le cas. «Nous ne rencontrons pratiquement jamais d'acheteurs, témoigne Christine Coric, assistante commerciale chez Boscher Signalétique & Image. Il y a très peu d'appels d'offres. Les entreprises préfèrent nous adresser directement des demandes de devis et négocier de gré à gré.» En réalité, seuls les grands comptes réalisent des appels d'offres. Par exemple, au cours de ces deux dernières années, François Lombart, directeur commercial d'Expograph, a remporté ceux de la Caisse d'Epargne et d'Axa. Toutefois, la signalétique reste une famille d'achat à conquérir. «Nos principaux interlocuteurs sont en général les directions des services généraux, un peu moins les acheteurs», confirme-t-il.

@ FOTOLIA/JACQUES PALUT

Deux métiers bien différents

Expression du besoin aléatoire, sourcing réduit à son strict minimum, négociation du prix sans décomposition des coûts de la prestation... Les pratiques en la matière ne semblent pas aussi matures que dans d'autres familles d'achats. Pour les acheteurs, la première étape est donc de connaître le secteur. Le marché de la signalétique est principalement composé de petits prestataires locaux. Il existe un seul syndicat professionnel, le Synafel, qui regroupe 270 adhérents, parmi lesquels des enseignistes et des signaléticiens. «Ces deux métiers font appel à des savoir-faire différents, explique Christophe Trotignon (Synafel). Pour schématiser, les enseignistes conçoivent des équipements lumineux, les signaléticiens des panneaux d'information extérieurs ou intérieurs.» Selon lui, il est donc déconseillé de s'adresser à des généralistes présents sur ces deux marchés.

Pour identifier les meilleurs prestataires, la certification peut être un critère d'achat judicieux. Le Synafel est notamment à l'origine de Qualif Enseigne Signalétique, une certification délivrée par Bureau Veritas qui garantit la conformité des prestations d'un fournisseur à des engagements de qualité définis par des représentants de la profession et des donneurs d'ordres. «Cette certification témoigne de la volonté de la profession de s'organiser et de s'engager à une obligation de résultat auprès des donneurs d'ordres» se félicite Sylvie Raimbault, secrétaire générale du Synafel. Toutefois, à ce jour, seulement une cinquantaine d'entreprises sont certifiées.

L'achat de signalétique, et plus particulièrement pour l'intérieur des bâtiments, ne se limite pas à la fabrication de panneaux directionnels. «Nous ne nous contentons pas de vendre des plaques de porte, rappelle Christophe Trotignon, également cogérant de la société Signetis. Notre valeur ajoutée se trouve ailleurs, à travers les préconisations que nous pouvons faire à nos clients lors des visites de site et dans la conception graphique des futurs panneaux.»

François Lombart, Expograph

«La signalétique est devenue un élément de décoration à part entière. Les entreprises y sont de plus en plus sensibles.

Difficile de connaître la structure de coûts

Ainsi, le prix d'un projet de signalétique intérieure est essentiellement déterminé par rapport à ce type de services. Difficile toutefois de connaître la structure de coûts des prestataires, encore peu habitués à donner ce genre d'informations aux acheteurs. «C'est un tout», répond Christophe Trotignon (Signetis). Lors des visites sur le terrain, les prestataires étudient les flux de circulation entre les bâtiments, entre les étages et à chaque niveau. «Ces visites de site peuvent prendre plusieurs jours», prévient Christophe Trotignon (Signetis). Il en découlera une ou plusieurs propositions de jalonnements des panneaux.

Depuis mars dernier, Le Terminal 2 E de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle bénéficie d'une nouvelle signalétique pour faciliter l'orientation des passagers.

Depuis mars dernier, Le Terminal 2 E de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle bénéficie d'une nouvelle signalétique pour faciliter l'orientation des passagers.

Au final, la fabrication des supports ne représente qu'un faible pourcentage du coût total d'une prestation, surtout si l'acheteur s'adresse directement à un fabricant et non à un distributeur. «Le prix des supports peut alors varier du simple au triple», précise François Lombart (Expograph). En moyenne, une plaque de porte coûte 10 euros hors taxes, un panneau directionnel 20 euros hors taxes et un totem 100 euros hors taxes. Pour François Lombart, le premier critère de choix est la modularité. «L'agencement des locaux change souvent, sans parler des collaborateurs. Les entreprises recherchent donc des panneaux dont on peut modifier facilement les informations», explique-t-il. Deuxième critère de choix: le design. «La signalétique est devenue un élément de décoration à part entière. Et les entreprises y sont de plus en plus sensibles», conclut-il. Les acheteurs pourraient également s'y intéresser dans un proche avenir. Ils semblent, en tout cas, en prendre la direction.

- Reportage

Une nouvelle signalétique à Roissy-Charles de Gaulle et Orly


Pour faciliter le parcours des passagers, Aéroports de Paris est en train de changer la totalité de la signalétique intérieure des sites de Roissy-Charles de Gaulle et d'Orly. «En moins d'un an, nous aurons remplacé plus de 10 000 panneaux. Le renouvellement complet de notre signalétique représente un effort sans précédent!», estime Pierre Graff, président-directeur général d'Aéroports de Paris. Les premiers panneaux ont été installés en décembre dernier au sein du Terminal 3 de Roissy-Charles de Gaulle. Le déploiement dans les autres terminaux des aéroports parisiens sera terminé en décembre prochain. Le coût de cette opération est resté confidentiel.
Le projet a débuté en 2006. Les équipes marketing et achats, sans oublier les architectes d'Aéroports de Paris, ont réalisé un benchmark auprès des grands aéroports internationaux. Avec pour objectif d'identifier les meilleures pratiques du secteur en matière de signalétique et les adapter aux aéroports parisiens. Suite à un appel d'offres, c'est la société ENT Design qui a été retenue pour l'élaboration de la charte graphique, la programmation et l'implantation de la nouvelle signalétique dans les terminaux. Les références clients de cette agence (RATP, centre commercial de Parly 2, aéroport international de Séoul, etc.) ont notamment fait la différence.
Au rayon des nouveautés, les panneaux sont désormais déclinés en trois couleurs (bleu nuit, bleu azur et orange). «Pour être efficace, l'information délivrée par la signalétique doit être simple, visible et compréhensible par tous les passagers, quelles que soient leurs cultures et la fréquence de leurs voyages», explique Olivier Tarneaud, chef du département marketing d'Aéroports de Paris. L'utilisation d'un code couleur a donc été la solution retenue pour répondre à ce cahier des charges. Depuis le deuxième trimestre 2008, des enquêtes sont régulièrement menées auprès des passagers pour évaluer leur degré de satisfaction. Les premiers résultats seront connus en fin d'année.

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Sébastien DE BOIFLEURY