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L'achat d'abonnements se met au vert

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Les donneurs d'ordres s'attachent davantage aux stratégies sociales et environnementales des agences d'abonnement qu'au contenu des revues dédiées au développement durable. Et se servent du format électronique comme argument écologique.

Depuis mars dernier, l'agence d'abonnements Ebsco Information Services propose une base de données baptisée «Green Fi le», accessible sur Internet (www.greeninfoonline.com) et dédiée aux thématiques environnementales. Cette plate-forme contient plus de 300 000 références très hétéroclites, des notices d'installation de panneaux photovoltaïques aux informations sur le recyclage en passant par l'agriculture biologique. Ses utilisateurs peuvent également consulter les archives de publications spécialisées sur l'environnement telles que Bioscience, Journal of Environnemental Planning & Management, Journal of Ecology ou encore Conversation Biology.

Anne Simoneau, Ebsco Information Services

«La plupart des éditeurs s'intéressent au développement durable et publient régulièrement des ouvrages sur ce sujet.»

Total est abonné à près de 6 500 publications parmi lesquelles très peu de revues dédiées au développement durable.

Total est abonné à près de 6 500 publications parmi lesquelles très peu de revues dédiées au développement durable.

Le déploiement de cette base de données n'est pas surprenant. En effet, l'environnement est aujourd'hui sous les feux de l'actualité et au coeur des préoccupations des entreprises, quel que soit leur secteur d'activité. «Le développement durable fait partie des thématiques qui intéressent notamment les grands groupes industriels», note Anne Simoneau, directeur commercial France et Benelux d'Ebsco Information Services. Au-delà de «GreenFile», l'agence propose aussi dans son catalogue d'abonnements près de 696 titres liés à l'environnement. Chaque année, plusieurs publications portant sur le développement durable sont lancées dans le monde et plus particulièrement en France. En 2008, cinq publications «environnementales» sur huit ont ainsi vu le jour dans l'Hexagone, selon Ebsco Information Services. Même constat au sein des autres agences d'abonnements: «Le nombre de revues directement consacrées au développement durable est relativement important», résume Stéphanie Martinache, directrice générale de Swets Information Services. L'environnement serait-il devenu dans les entreprises un motif d'abonnement au même titre que l'information sectorielle? Pas si sûr.

Malgré une offre substantielle, peu d'entreprises semblent s'abonner à ce type de publications. «Cette année, pas un appel d'offres n'a concerné spécifiquement cette thématique», reprend Stéphanie Martinache (Swets Information Services). Dans la pratique, ces publications se révèlent souvent trop généralistes. Dès lors, un abonnement à titre professionnel ne se justifie pas. «Le développement durable suscite tout au plus une certaine curiosité. Les entreprises sont plutôt sensibles aux thèmes qui concernent leur secteur d'activité», explique Catherine Gehin, directrice de l'agence d'abonnements Lavoisier. L'environnement est alors traité comme n'importe quel sujet.

Des agences choisies selon des critères verts

Si les entreprises ne s'abonnent guère à des publications dédiées à l'environnement, l'impact du développement durable sur les achats d'abonnements est bien réel, mais pas toujours là où on le croit. Ainsi, lors des appels d'offres, le critère environnemental prend une importance croissante dans le choix de l'agence, dont le rôle est de centraliser tous les abonnements au sein de l'entreprise. «Les donneurs d'ordres s'intéressent désormais à nos pratiques internes en matière d'éco-responsabilité», témoigne Delphine Dufour, directrice marketing Europe d'Ebsco Information Services. Une tendance confirmée par les principales agences d'abonnements du marché.

Par ailleurs, pour réaliser des économies de papier, certaines entreprises privilégient désormais les abonnements électroniques. «Le succès de ce format est notamment fondé sur un argument écologique: il permet d'imprimer moins de papier. C'est surtout vrai pour les quotidiens», confirme Catherine Gehin (Lavoisier). Un argument relativisé par Delphine Dufour (Ebsco Information Services): «Le format électronique est réputé plus écologique que le papier. Mais il ne faut pas se leurrer: l'informatique a aussi un impact sur l'environnement et les versions électroniques sont souvent imprimées par les collaborateurs.» Cependant, toutes les agences d'abonnements ne partagent pas cette analyse. Pour Stéphanie Martinache (Swets Information Services), le succès des versions électroniques n'est pas lié à des considérations environnementales. «La rapidité d'accès aux informations séduit davantage les entreprises, soutient-elle. Celles-ci ont l'impression d'être à la pointe du progrès.» Avant d'ajouter: «Même si leurs collaborateurs impriment certains articles, les entreprises réaliseront toujours des économies de papier avec cette formule. Au final, la démarche est aussi bénéfique pour l'environnement.»

Expérience
Total déçu par les revues dédiées au développement durable

Si le groupe Total est abonné à près de 6 500 publications dans le monde entier, les abonnements à des revues liées au développement durable se comptent sur les doigts d'une main. «Le sujet intéresse nos équipes mais, dans le cadre de leur activité, il n'existe pas de revues dédiées. Ou alors le sujet est abordé par les publications qu'ils reçoivent déjà», explique Elisabeth Gayon, directrice de l'information du groupe. D'une manière générale, cette dernière juge le contenu des magazines spécialisés sur le développement durable «pas très intéressants» et déplore «l'absence d'informations très techniques». Total reste néanmoins attentif à l'actualité et procède à une veille sur le Net des informations liées à l'engagement des entreprises dans ce domaine et à la réglementation. En outre, il a choisi son agence d'abonnements en tenant compte de la politique sociale et responsable de celle-ci.


Total
ACTIVITE Groupe pétrolier
CHIFFRE D'AFFAIRES 2007 158 ,7 milliards d'euros
EFFECTIF 96 442 collaborateurs