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L'Etat veut stimuler la filière des véhicules électriques

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Le ministre de l'Industrie a dévoilé, à la fin septembre, les objectifs des gigantesques marchés que l'Etat va coordonner pour acquérir 50 000 véhicules électriques.

La commande publique se met au service du développement industriel. Le ministre de l'Industrie Christian Estrosi a annoncé, à la fin septembre, le lancement par l'Etat et plusieurs de ses partenaires publics et privés d'un certain nombre d'appels d'offres pour l'achat de 50000 véhicules électriques, destinés à donner une impulsion au marché. Ces appels d'offres seront lancés par l'Etat lui-même, qui devrait acquérir pour son compte 5000 véhicules électriques. La commande portera essentiellement sur des véhicules utilitaires légers. Le cahier des charges a d'ores et déjà été arrêté. Les achats concerneront, d'abord, des utilitaires légers de deux places de type Citroën Berlingo et Renault Kangoo, capables d'atteindre au moins 110 km/h et, surtout, disposant d'une autonomie minimale de 100 km.

Quant aux 45 000 autres véhicules, ils seront achetés pour le compte des partenaires de l'Etat, parmi lesquels des entreprises publiques (La Poste, EDF, la SNCF), ainsi que de grandes sociétés privées titulaires des délégations de service public ou rodées aux contrats publics, telles que Veolia ou Vinci. Pour ces dernières, la demande portera également sur des véhicules utilitaires. A noter que les services déconcentrés de l'Etat et les collectivités territoriales vont également acquérir une partie de ces véhicules «verts».

Le ministre a, par ailleurs, indiqué que cette stratégie de commande publique s'envisageait sur le long terme. Dans les cinq ans, l'Etat cherchera à rallier de nouveaux partenaires, avec pour objectif d'acheter 50000 véhicules supplémentaires. Christian Estrosi a également annoncé que l'Etat participerait, à travers le Fonds stratégique d'investissement, au projet mené par Renault, le CEA et l'AESC (coentreprise entre Nissan et Nec). Ce dernier porte sur la construction d'une usine de fabrication de batteries à Flins (Yvelines) et d'un centre de recherche à Grenoble (Isère)pour améliorer la technologie existante.

Un investissement de 1,5 milliard d'euros

Pour l'Etat, le projet est d'envergure. Selon le ministre, il représente «un investissement total d'un milliard et demi d'euros, dont près de 700 millions pour la première phase d'ici à 2014». Cette usine, qui se trouvera à côté d'un site Renault qui fabrique des véhicules électriques, passera «d'une production de 50000 batteries par an au démarrage en 2011, à un potentiel de 250 000 batteries en 2015». Enfin, pour structurer la filière et la rendre compétitive, Christian Estrosi a indiqué qu'il lancerait, d'ici à la fin de l'année, un comité stratégique rassemblant l'ensemble des équipementiers du secteur électrique au sens large et des infrastructures (EDF, Schneider, Legrand...).

@ FOTOLIA/ ALAIN BESANCON