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L'Ecole à l'heure du tout numérique

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Fini le tableau noir et la craie, place au tableau numérique interactif. Les élèves apprennent aujourd'hui les langues étrangères grâce au lecteur MP3... Des nouvelles technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement (TICE) qui sont au service de l'Ecole de demain. Comment et à quel prix peuvent s'équiper les collectivités? Explications.

«L'objectif n'est pas de fournir un ordinateur à chaque élève. L'école numérique regroupe?'ensemble des nouvelles technologies - PC, tablettes, tableaux interactifs, vidéoprojecteurs, etc. - qui vont modifier les techniques d'apprentissage pour les enseignants et les élèves », explique Laurent Maudy, chef de produit multimédia et audiovisuel à la centrale d'achats publics, l'Ugap. L'école dite «numérique» comprend, en général, une classe mobile, un tableau numérique interactif, un accès internet sécurisé haut débit, ainsi qu'une mise en réseau des équipements de l'école et des ressources numériques pédagogiques.

Une des formules qui fait recette est celle des classes mobiles ou nomades, soit un équipement en PC pour des groupes d'élèves de 6 ou 12. En fonction de la configuration choisie, 16, 24 ou 32 portables sont destinés aux élèves. « L'enseignant prend la main sur l 'ordinateur des élèves et peut superviser immédiatement le travail effectué », explique Laurent Maudy. L'offre de base, pour une classe mobile, est de 7 000 euros TTC, à l'Ugap. Un autre outil axé nouvelle technologie à fin pédagogique est le fameux tableau numérique interactif (TNI) ou tableau blanc interactif (TBI). Il s'agit d'un vidéoprojecteur relié à l'ordinateur du professeur qui projette la présentation. Il est possible de la modifier, en temps réel, à l'aide d'un stylet.

Ces tableaux numériques permettent toutes sortes d'exercices comme des textes à trous ou encore la résolution de problèmes de géométrie avec des outils mathématiques virtuels (compas, rapporteurs, etc.). Il faut compter environ 700 euros TTC pour un TNI mobile et jusqu'à 2 180 euros TTC pour une solution plus complète, dans le catalogue de l'Ugap.

Pour l'apprentissage des langues, la baladodifusion avec des enregistrements audio en MP3 est de plus en plus développée. Les élèves s'exercent ainsi l'oreille en écoutant des dialogues dans la langue de Shakespeare ou dans la langue de Goethe... Enfin, la visioconférence permet d'échanger directement avec un enseignant étranger et ainsi rendre plus vivants les cours de langues. Les anciens rétroprojecteurs font place aux visualiseurs qui permettent de capturer une image ou un objet pour les reproduire sur le mur. Des tablettes numériques et des laboratoires multimédia figurent également dans la liste des équipements.

Les chiffres

90 collèges, sous contra avec l'Etat dont 72 publics

Un investissement financier certain

Tous ces équipements représentent néanmoins un budget conséquent pour les établissements d'enseignement. Ainsi, toujours en se référant aux prix de la centrale d'achat public, le prix d'un visualiseur est d'environ 350 euros TTC, celui d'un laboratoire multimédia de6 à 7 000 euros TTC, avec logiciels inclus et installés et, enfin, celui d'un outil de visioconférence peut varier de 7 à 40 000 euros TTC. De nombreux fabricants sont présents sur le marché comme HP avec son tableau numérique interactif HP Pocket Whiteboard, Optinnova avec son Optiboard ou encore Lenovo.

A titre d'exemple, la ville de Saint-Maurice, dans le Val-de-Marne, a équipé, pour 4 700 euros, quatre salles de classe d'un pack numérique interactif composé d'un TNI, de logiciels interactifs, de trois ardoises numériques (une pour l'enseignant, deux pour les élèves), de 32 télécommandes ou «boîtiers de vote» pour les interrogations écrites et d'un ordinateur. Pour faire face à de telles dépenses, des partenariats public-privé peuvent être sollicités. Au-delà de ces équipements technologiques purs, le numérique à l'école est aussi un moyen de moderniser le fonctionnement des établissements scolaires.

Ecole numérique: la France peut mieux faire

La mise en place progressive d'un espace numérique de travail (ENT) au sein des établissements scolaires est devenue un axe prioritaire du ministère de l'Education nationale. Il s'agit d'un portail internet avec un ensemble de services en ligne mis à la disposition de la communauté éducative. Les élèves peuvent y récupérer des cours déposés par les professeurs, tandis que les parents peuvent y trouver des informations sur la vie scolaire et échanger avec les responsables de l'établissement. L'utilisation dépend de la politique de l'établissement, certaines privilégiant les services scolaires, les autres des usages plus pédagogiques. A l'école numérique, la France fait encore figure de mauvais élève. Elle se place au neuvième rang européen pour l'équipement de ses lycées, au septième rang pour l'équipement de ses collèges et au huitième rang pour l'équipement de l'ensemble de ses établissements scolaires en 2009. C'est ce que le rapport de la mission parlementaire de Jean-Michel Fourgous, député des Yvelines, sur la modernisation de l'école par le numérique «Réussir l'école numérique«Réussir l'école numérique», rapport de la mission parlementaire de Jean-Michel Fourgous, député des Yvelines daté du 15 février 2010. Plus de 12 000 enseignants, élèves, personnels d'encadrement, parents, syndicats, de décideurs économiques, constructeurs et éditeurs ont témoigné. Ce rapport dresse douze priorités déclinées en 70 mesures daté du 15 février 2010 et remis au ministre de l'Education nationale, Luc Chatel. Toujours selon ce rapport, la France comptait environ 27 000 tableaux numériques, en 2009, ce qui représente 8 % des classes de collège et 3,5% des classes élémentaires équipées. A terme, l'objectif est de multiplier par sept le nombre de TNI en trois ans pour atteindre 185 000 TNI à l'horizon 2012. Des taux encore loin des 78 % des classes équipées au Royaume-Uni et 45 % au Danemark.

«L'enseignant prend la main sur l'ordinateur des élèves et peut superviser immédiatement le travail effectué. »
Laurent Maudy,
Ugap

Michel Cador Conseil général des Alpes-Maritimes

Michel Cador Conseil général des Alpes-Maritimes

Témoignage
« Chaque collège est considéré comme une petite entreprise »

« A la rentrée de septembre 2011, nous allons équiper en tablettes numériques des classes de deux collèges de la région à titre expérimental », explique Michel Cador, chargé de mission TICE au conseil général des Alpes- Maritimes.
Ainsi, durant une année, le professeur d'arts plastiques du collège Saint-Hilaire (Grasse) utilisera des tablettes numériques pour ses cours. Des classes de quatrième seront équipées du même support informatique, pour toutes les matières, au collège des Baous (Saint-Jeannet). A la fin de l'année scolaire, une évaluation sera menée sur l'académie. La région Languedoc-Roussillon fait figure de pionnière en termes de développement des nouvelles technologies. « Nous avons décidé de ne pas fournir un PC à chaque élève. Notre choix n'était pas axé sur la mobilité mais plus sur une architecture technique simple et sur les services », explique le chargé de mission. Une réflexion conjointe a alors été menée avec le rectorat et l'académie sous l'impulsion du ministère de l'Education nationale. Ainsi, aujourd'hui, les 90 collèges de la région sont équipés en espace numérique de travail (ENT) pour le partage des informations sur la vie scolaire et un usage pédagogique. De plus, chaque établissement met à disposition un PC pour cinq élèves, ce qui représente environ 120 machines reliées en réseau pour 600 élèves. De plus, quatre ou cinq tableaux interactifs sont présents dans chaque établissement. Tous les collèges ont accès à internet et toutes les salles de classes sont équipées de vidéo projecteurs. Chaque collège est considéré « comme une petite entreprise», conclut Michel Cador.

Mot clés :

Marie-Amélie Fenoll